TRIBUNE LIBRE À Jacques Terpant : La Bande Dessinée dans l’impasse franco-belge

28 juillet 2011 49 commentaires
  • Nous reprenons dans cette tribune, avec son accord, un texte que Jacques Terpant vient de publier sur son blog. Ses opinions reflètent, il nous semble, pas mal des préoccupations du métier de la bande dessinée aujourd’hui. Nous vous invitions à en débattre à sa suite.

C’était une soirée de fin de festival, nous étions quelques-uns à table : Frank Pé, Michel Plessix, quelques autres, la conversation tournait sur les motivations qui nous avaient poussés vers la bande dessinée. Nous avions dans notre enfance, tous lu le même livre : « Comment devient-on créateur de bandes dessinées » par Franquin et Gillain, éditions Marabout.

Car pour les collégiens que nous étions, c’était un métier. La génération dont les deux monstres sacrés donnaient leur enseignement dans ce petit ouvrage, avait débroussaillé le territoire. Pour nous qui dessinions, il n’y avait pas de doute, une carrière était possible.

La bande dessinée est née dans la presse américaine, c’est dans les journaux que les jeunes gens « au guide Marabout » que nous étions la lisaient.

Bien sûr il y avait les albums, mais le journal était le premier lieu où les choses se passaient.

Spirou, Tintin, Pilote et là tout va changer. Le génial René Goscinny, va tirer ce genre vers le haut. Déjà, il imposait à certains de ses auteurs comme Tabary de signer leurs planches, de revendiquer leur travail. Avec Pilote, la bande dessinée va prendre sa dimension adulte, il va donner au dessinateur et au scénariste leur statut d’auteur. Dans le journal, on les montre, ils deviennent eux-mêmes des personnages ; le talentueux Alexis fait leur portrait, qui est présent en dessus de leurs pages, Gotlib se met en scène, ses collègues du journal traversent ses cases. La bande dessinée devient un art, le neuvième. Le fait que l’on ait donné le numéro huit à la télévision aurait dû nous alerter sur la valeur du classement, mais la période était belle et euphorique. Un art ne se développe pas dans des journaux, il lui faut le support de l’excellence, celui de la pérennité dans notre culture : le livre !

On développe les albums ; au début c’était un truc pas terrible, comme un journal amélioré, encore souple, il devient cartonné, les chiffres deviennent énormes. On fait des beaux livres, des tirages de tête ; les journaux meurent.

Aujourd’hui les formats diminuent, se rapprochent du livre, du vrai, du maître étalon, la collection blanche de Gallimard, un roman graphique au même format ; il n’est plus un truc à suite, dont on attend l’épisode suivant comme autrefois dans le journal. Ça y est l’auteur de bande dessinée est un écrivain comme un autre, un auteur, un artiste, un vrai.

TRIBUNE LIBRE À Jacques Terpant : La Bande Dessinée dans l'impasse franco-belge
Gotlib par lui-même
(C) Éditions Dargaud

Oui mais… Tout ne s’est pas passé exactement comme les choses en ont l’air. Certes le discours est là, la bande dessinée, c’est un art, c’est important aujourd’hui, de grands auteurs, des chiffres de vente qui pèsent dans l’édition.

Comme le festival d’Avignon où le théâtre est un peu loin du grand public, comme Cannes qui est le festival des frères Dardenne et deux trois autres, nos salons distribuent des prix et récompensent des albums sur les angoisses des auteurs, sur leur mère, ou des histoires de petite fille dans le tiers-monde qui travaillent à faire des briques en maudissant le FMI ; oui nous sommes un art comme les autres !

Oui mais qui en parle ? Personne. Dans les médias, un silence assourdissant, le journaliste Jérôme Bonaldi disait un jour que la BD était un des sujets tabous de la télévision. Mis à part quelques supports spécialisés, où est la bande dessinée dans la presse classique ? Peut-être encore moins présente aujourd’hui qu’il y a vingt ans.

Pire encore, dans notre monde « mondialisé » il semble que ce phénomène de valorisation ressemble à une auto-proclamation villageoise. Jamais cette perception n’a franchi les Alpes où la BD est restée une sous-culture qui s’exprime dans la presse, pareil en Espagne, en Allemagne, aux Pays–Bas où, après la percée effectuée dans les années 1980, le genre s’est effondré. Les auteurs américains, n’ont pas quitté les comic-books, les omniprésents mangas japonais sont restés bien sagement dans leur format. Il semble que seule une tribu d’irréductibles franco-belges se soit décidée un jour de devenir des écrivains et y soit arrivée.

En route, ils ont perdu un métier, car écrivain n’en a jamais été un, et à l’heure du numérique ils ont perdu toute perspective d’audience du reste du monde.

Le public continue à se précipiter vers la BD, l’autre, celle qui ressemble à celles des origines, la japonaise, et encore un peu l’américaine.

Celle où l’on raconte des histoires, dans des revues sur papier pas terrible, faites par des gens qui savent eux, qu’ils sont dans une sous-culture, mais qui sait, seront peut-être sauvés par cela.

On a voulu s’autoproclamer, se statufier nous-mêmes, Franck Biancarelli dit à juste titre : « La bande dessinée est une sous-culture faite par des gens avec un égo énorme ». Il a raison.

Cet égo nous a fait oublier une chose, mais c’est un oubli de taille. C’est le jugement de l’histoire qui fait l’art, ou ne le fait pas, c’est la pérennité dans le temps qui fait qu’un artisanat, accède au stade supérieur par le jugement des époques suivantes sur lui.

Céline appelait son bureau son « établi » ; nous avons quitté trop vite le tablier de l’artisan, pour la couronne de lauriers ; ceux qui vont les porter vont le faire désormais en rentrant du boulot, l’autre, le vrai, celui qui les fera bouffer, et pendant leurs vacances, leurs soirées, ils seront des auteurs, des vrais !

Jacques Terpant

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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LE BLOG DE JACQUES TERPANT

En médaillon. Jacques Terpant. Photo DR

 
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49 Messages :
  • Le boulot, l’autre, le vrai, celui qui les fait bouffer, et pendant vacances, leurs soirées, ou week end ils seront des auteurs.

    J’aurai pas mis celà au futur, Jacques, c’est déjà le cas pour beaucoup, que vous connaissez en plus ;)

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  • Voilà qui est gravement pessimiste, voire dépressif, mais tant que les journaux et les albums se vendent(et c’est le cas), l’argent est là, il existe et doit payer le travail de création, donc les auteurs. Il suffit de ne pas accepter des conditions qui ne permettent pas de vivre pendant le travail de création (et faire un album ça demande beaucoup de travail...).

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    • Répondu le 29 juillet 2011 à  09:43 :

      Ces conditions qui ne permettent pas de vivre pendant la création existent-elles vraiment ?

      Oui ET Non.

      Il y a encore des éditeurs passionnés, amoureux de leur métier, prêts à prendre des risques, accompagnant les auteurs, dialoguant souvent et payant décemment, des gens ayant une passion, et pas celle du bas pognon !

      A contrario, beaucoup d’auteurs ont eu affaire à de vrais parasites, souvent injoignables, avec prix plancher ou forfaits de la vraie misère, calculs et paiement douteux et aux calendes grecques, sortant tout et n’importe quoi du moment que le volume compense.

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  • Franck Biancarelli dit à juste titre : « La bande dessinée est une sous-culture faite par des gens avec un égo énorme ». Il a raison.
    Non. Encore ce sempiternel complexe judéo-chrétien de culpabilité :" j’ose créer mais pour cela je suis un sale égoiste." et allez on bat sa coulpe.Comme si le misérabilisme était l’arme absolue, alors que pour générer des choses fortes, il faut soi-même être habité. On confond orgueil mal placé et vraie fierté d’accomplir ce qu’on devrait aimer.(AIMER, ce mot tabou dans cette bonne société intelligente)
    Même un sportif qui recherche le but-égoiste- de la médaille, se doit d’être discipliné, généreux dans l’effort, et partager avec les autres le fruit de ses efforts.
    Les dessinateurs et scénaristes devraient simplement donner le meilleur d’eux-même, et le support devrait suivre.
    Or il n’y a ni l’un ni l’autre.
    On court après les contrats, on est lâche vis à vis des éditeurs qui n’en demandent pas tant, le marketing prend la place de la créativité, et au final c’est toute la chaine qui a la grosse tête effectivement, et devient autiste vis-à-vis des gens par dessus le marché.
    Pas parce que c’est inéluctable, mais parce que le bon sens s’est perdu.
    Maintenant, il faut tout reconstruire, parce qu’on ne fait pas du neuf avec de l’ancien

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    • Répondu par F. Biancarelli le 30 juillet 2011 à  13:39 :

      Houlà, faut faire atention à toutes les phrases qu’ on prononce en festival entre deux verres de rosé....
      Alors, remplacez sous culture" par "art industriel" et "ego énorme" par "besoin maladif de reconnaissance"

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      • Répondu par jacques Terpant le 1er août 2011 à  13:34 :

        Ils vont faire ta Gloire Franck...

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  • "Aujourd’hui les formats diminuent, se rapprochent du livre, du vrai, du maître étalon, la collection blanche de Gallimard, un roman graphique au même format ; il n’est plus un truc à suite, dont on attend l’épisode suivant comme autrefois dans le journal. Ça y est l’auteur de bande dessinée est un écrivain comme un autre, un auteur, un artiste, un vrai."

    Et ce changement date de quand, vient d’où ? Pas d’aujourd’hui. Cela a commencé il y a 20 ans déjà...

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  • Ou bien M. Trepant traverse une periode de lourde et longue dépression ou bien il vient de recevoir son chèque et réalise le faible nombre d’album qu’il a vendu ?

    Quoi qu’il en soit, quel regard pessimiste !!
    Comment et pourquoi continuer un metier que l’on décrie soi-même à tel point ? c’est sidérant !
    Sa précédente tribune sur les dédicaces laissait apapraitre une réaction singulière d’un auteur face à son public : "courage, fuyons !". Il réduit la BD et ses auteurs à peu de chose, un epiphénomène européen voire franco-belge, et fui le public
    Il faut changer de profession, auteur de peu de foi !

    Puisqu’il établit un parallèle avec la litterature, les premiers livres étaient des parchemins, puis on les a reliés, puis numerisés ; est-ce un échec pour autant ?

    « En route, ils ont perdu un métier, car écrivain n’en a jamais été un, et à l’heure du numérique ils ont perdu toute perspective d’audience du reste du monde. »
    Voilà qui est bien paradoxale ! D’abord ce jugement à l’emporte pièce puis ce constat à contre sens. Ecrivain reste un métier aléatoire, incertain, ingrat... mais est un métier comme la BD est un art ; c’est acquis.
    Quant au numérique c’est justement peut-être un vecteur d’expension ! Quoi de plus compliqué et de risqué que d’expédier des cartons complets d’album vers un lectorat improbable (Greg en a fait l’experience en son temps aux USA) alors que le numérique est universellement accessible.

    « Celle où l’on raconte des histoires, dans des revues sur papier pas terrible, faites par des gens qui savent eux, qu’ils sont dans une sous-culture, mais qui sait, seront peut-être sauvés par cela. »
    Quel mépris vis-à-vis de ses pairs (mais est-ce ses pairs, il en a un tel jugement ???) et des lecteurs !!! Tout art a ses maitres, ses élèves et les gouts et les couleurs ne se discutent certe pas.
    En réponse à ce type de jugement "décongelés au micro-ondes" concernant sa massive production, Jean Van-Hamme a répondu il y a longtemps en indiquant que les revenus générés par ses albums permettent aux éditeurs d’accompagner des auteurs qui n’auraient pas un tirage suffisant à eux seuls. A bon entendeur...

    « C’est le jugement de l’histoire qui fait l’art, ou ne le fait pas, c’est la pérennité dans le temps qui fait qu’un artisanat, accède au stade supérieur par le jugement des époques suivantes sur lui »
    Une chose est sûre, avec ce type de comportement, de discours et de motivation il ne risque pas de faire partie de l’histoire. Ou alors dans le camps des défaitiste ?
    Marcel Proust a eu bien des difficultés à se faire éditer et est maintenant universellement reconnu. Ponson du Terrail avec son héros Rocambole est resté célèbre plus pour l’adjectif "rocambolesque" alors qu’il était un maitre du feuilleton du XIXe siècle. Donc s’il est clair que l’histoire est un juge impitoyable elle appartient aux vainqueurs.
    Comme l’a dit Brenus (cité par Tite-Live, V, 48).
     : Vae Victis

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    • Répondu le 29 juillet 2011 à  12:34 :

      Marcus, êtes vous auteur, vous même ? Vous ramenez l’auteur de cette tribune à un dépressif chronique, et/ou vendant peu, de surcroit, criant son aigreur à la face du monde !

      Pour finir c’est carrément "malheur aux vaincus" ??

      Ce serait oublier déjà le billet de Kriss, içi même, le blog de Velhman sur les auteurs dinosaures amenés à disparaitre, les blogs nombreux ou d’autres crient leur détresse, les très long topics sur la crise de la BD sur Café-Salé ou BD-Gest ( Allez y faire un saut, c’est très instructif ) et vous verrez que terpand n’est pas le vecteur unique de la dépression que traverse ce milieu,
      mais que le mal est bien présent partout.

      Pour la tribune sur les dédicaces, le métier étant déjà difficile, il était évoqué simplement de ne plus gaspiller de temps dans les salons, car time is money,
      et les retombées trop infimes, pour justifier des heures de route et week end
      à travailler gratuitement. Y voir une incitation à fuir le public, chapeau !

      Si terpand est dépressif, vous me faites penser, pour ma part au Ravi de la crèche.

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      • Répondu par marcusbrody le 29 juillet 2011 à  15:31 :

        Non je ne suis effectivement pas auteur, mais lecteur assidu

        Quant aux discours sur la dépression des uns ou des autres, il y a des auteurs qui réussissent et même bien ! Alors manifester son malheur et faire part des inégalités et des mauvaises conditions de rémunérations pour alerter les lecteurs, c’est louable. De là à se contenter de pleurer sur la place publique ou autres blogs et topics et se lamenter sur la situation, ça n’amène rien de plus.

        Savoir qui en est responsable (et là je ne peux prendre parti ni pour les auteurs ni pour les éditeurs, je ne suis pas un professionnel) et prendre le recul est tout aussi utile pour trouver une solution.

        De GRANDS auteurs, tels que Franquin ou Goscinny, ont eu des réactions bien plus volontaristes : le premier en créant contre Dupuis, le "Trombone Illustré" puis "Modeste et Pompom", le second en créant "Pilote" et les éditions Albert-René. Des exemples de réussites qu’effectivement pouvaient se permettre ces deux auteurs.

        Les éditeurs ne vivent que par les auteurs et vice-versa donc à chacun de faire valoir son point de vue et de trouver un équilibre.

        Il y a plus de 4.000 nouveaux titres par an, il doit donc bien avoir des gens qui les font et qui en vivent. Alors où est la crise ?
        N’est-elle pas plus raisonnablement la réaction d’auteurs qui n’auraient pas eu un tirage digne de Van Hamme ou Uderzo ?

        Dans toutes le formes d’art (écriture, peinture, musique...) et de tout temps il y a des "locomotives" qui vivent généreusement et les autres qui (sur)vivent. C’est un choix à faire et à assumer.

        La question est de savoir si un auteur dont le tirage est faible (et là encore je fait une généralité) ne devrait pas se remettre en cause ?
        Faut-il s’acharner à produire parce qu’on pense que ce qu’on fait est bien et beau ? En étant si peu à le penser ? Sans se soucier du lectorat ?

        Je vous invite à mon tour à consulter -connaissant effectivement les sites que vous indiquez- la réponse qu’a fait Luc Brunschwig dans la tribune « Henri Filippini a raison ! » du 1er décembre 2009 ici même sur les politiques des éditeurs. Elles sont connues donc pourquoi s’en étonner indéfiniment ?

        Si je trouve grossier et indécent les conditions de rémunérations de M. Bosser pour son magazine, rien n’oblige un auteur à accepter l’offre d’un éditeur sauf un acharnement à produire...

        Non je ne suis effectivement pas auteur, mais lecteur assidu
        parce que je ne sais pas dessiner ni scénariser et que, moi, je le sais et j’en ai fait mon deuil

        nb : je tiens à m’excuser sur mon erreur de frappe involontaire dans mon message ci-dessus sur l’orthographe du nom de JACQUES TERPANT à qui j’adresse par ailleurs et sincèrement tous mes voeux de réussite dans son métier

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    • Répondu par Jacques Terpant le 29 juillet 2011 à  15:01 :

      C’est amusant comme le fait d’émettre un avis ,pas forcément optimiste, implique que l’on soit malade ou mal dans une profession,et que l’on reçoive en réponse une bonne dose d’agressivité.J’émets un avis sur un métier que je fais,dans lequel j’ai une position plutôt privilégiée (désolé de vous contredire sur mes ventes et mes chèques)c’est justement à cause de cette position ,et d’avoir vu évoluer le métier que je peux me permettre d’en parler,comme d’autres le font en ce moment, Didier Passamonik y fait allusion et l’avis suivant aussi.vous me rappelez la réaction des gens, il y a une bonne vingtaine d’années quand Gainsbourg avait dit ,"je fais un art mineur" : volée de bois vert ! Et bien oui (pour moi)la chanson est un art mineur,la BD aussi, cela ne veut pas dire que ce n’est pas important dans la vie des gens, cela compte une bonne chanson,cela accompagne un souvenir un moment de la vie, comme des BD ont pu le faire.
      Mais le vrai sujet de ce petit papier n’est pas celui-là il était entre autre de dire que si, comme vous le pensez et comme on le dit,la BD est un art majeur etc... ce n’est qu’un discours qui ne se traduit pas dans les faits,qu’il s’agit en partie d’une fiction partagée,mais pas appliquée,siNon nous existerions ailleurs que dans nos supports,ce n’est pas le cas.Nous sommes aujourd’hui dans l’ambiguité,d’un "entre deux",ou l’on fait souvent semblant ,chez l’éditeur comme chez l’auteur, de faire un métier,un peu comme il ya 20 ans ,alors que chez les écrivains on sait depuis longtemps, pour ne pas dire toujours que ce n’est pas le cas.Le nombre d’écrivain qui n’ont pas une deuxième casquette est infime ,contrairement à ce que vous dites (et je connais bien l’édition)
      Nous sommes dans une période charnière.on peut là-dessus émettre un avis ,sans se faire envoyer paitre et conseiller de faire autre chose ?

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      • Répondu par marcusbrody le 29 juillet 2011 à  17:28 :

        C’est amusant comme le fait d’émettre un avis ,pas forcément optimiste, implique que l’on soit malade ou mal dans une profession,et que l’on reçoive en réponse une bonne dose d’agressivité.

        je regrette que mes remarques -teintées d’un humour parfois grinçant, je l’admet- aient été prise pour de l’agressivité et je vous confirme ne pas être dans cet état d’esprit.

        (désolé de vous contredire sur mes ventes et mes chèques)

        Ne le soyez pas, je n’ai rien contre votre succès ni contre vous soyez-en convaincu !

        Et bien oui (pour moi)la chanson est un art mineur,la BD aussi

        C’est justement cet état d’esprit qui me désole. Si ceux qui sont eux-même les artistes déjugent leur travail (que j’apprécie immodérement) qui va les soutenir ?

        siNon nous existerions ailleurs que dans nos supports,ce n’est pas le cas.

        je note régulièrement des journaux (Les échos, Le Monde, Le Figaro...) qui ont des articles sur le 9e art et qui pré-publient des albums, des radios (RTL, France Inter...) et des télés qui ont des émmissions sur le 9e art

        Le nombre d’écrivain qui n’ont pas une deuxième casquette est infime ,contrairement à ce que vous dites (et je connais bien l’édition)

        C’est justement ce que je dis avec les auteurs "locomotives" et ceux qui survivent de leur talent.

        Nous sommes dans une période charnière.on peut là-dessus émettre un avis ,sans se faire envoyer paitre et conseiller de faire autre chose ?

        Ayant l’impression que mon avis entraine la même réaction, je ne peux qu’abbonder dans votre sens. ;-D

        Je respecte sincèrement votre travail tout autant que votre avis. Je déplore juste de façon général un étallage de mécontentement, peut-être parfaitement légitime, je ne saurais en douter. Cela doit ce régler avec les personnes intéressées, entre elles. Nous ne sommes pas des professionnels comme vous le soulignez, alors, hormis pour répondre à votre point de vue, je ne vois pas en quoi cela nous concerne tout simplement.

        Je vous réitère tous mes voeux de réussite à venir dans votre travail comme dans votre démarche avec les éditeurs

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        • Répondu le 29 juillet 2011 à  20:03 :

          le problème de la bd, c’est son opacité et son manque de communication (assez révélateur pour un tel milieu !). Le message de M.Terpant n’est ni révolutionnaire ni en avance, mais enfin, il y a des kilomètres de non-dits, de réflexions et de cadavres dans le placard à rattraper, et ça urge, alors on va dire que c’est un début

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          • Répondu le 29 juillet 2011 à  22:53 :

            Sortant il y a peu d’un milieu ou il fallait deviser au centime, des catalogues énormes, avec roughs préliminaires, charte, maquette de principe, prises de vue, mannequins, avec parfois voyages + hotels + repas, temps éxé mise en page, BAT, achat d’impression etc...

            J’ai vraiment eu l’impression de tomber sur la planète Mars ou d’être un sans papier bossant au noir pour le BTP, car même des pros du calcul des droits ne s’y retrouvent plus dans mes redditions de compte BD, pas de chiffres tirages, ni de retirage, ni FB, ni étranger, mélanges, oublis, erreurs mathématiques, "passe" ... Bref, rien permettant simplement de vérifier quoique ce soit.

            L’opacité de la BD, pour moi, c’est d’abord l’opacité totale des comptes. Je ne sais pas si c’était votre propos, mais déjà, mettre bon ordre dans les comptes, ça urge aussi vraiment, car un métier avec une compta ultra floue ne peut engendrer qu’une défiance très rapide, n’aidant pas vraiment la création.

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        • Répondu par Jacques Terpant le 29 juillet 2011 à  20:09 :

          Il ne s’agit pas de mécontentement ,à titre personnel,j’ai tout lieu d’être satisfait de la BD d’aujourd’hui.Mais en tant qu’acteur de ce métier , avec un parcours et aussi un certain age, on peut se permettre de réfléchir à son évolution ,à ses fragilités à son avenir.le principal,le fond de ce petit papier était de montrer que notre évolution ,surement la plus créative ,la moins formatée,par rapport au reste de la BD mondiale,était marginale, j’ai débuté dans les années 80 , cette BD influençait les autres y compris l’américaine,Métal Hurlant était édité aux USA ,en en Europe.mais la greffe n’a pas pris,et nous sommes aujourd’hui dans le repli,il est vrai que c’est loin d’être propre à la BD.

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          • Répondu par Sergio SALMA le 29 juillet 2011 à  22:25 :

            C’est Morris dans Spirou qui attribue à la bande dessinée le titre de neuvième art dans une rubrique consacrée à des auteurs .Le huitième ayant d’abord été la radio.

            René Goscinny ne va rien tirer vers le haut. Avant lui d’immenses auteurs de tous pays ont créé des merveilles . Hergé en Belgique et en France a été dès les années 30 un pur auteur.

            Jacques Terpant est un peu distrait. Spirou, Mickey, Fluide Glacial, l’écho des savanes sont bien vivants. D’autres revues sont venues s’ajouter à la presse BD, la bande dessinée est présente mais pourtant même une personne dont c’est le métier ne veut le voir. Etonnant.

            Complètement inutile de confirmer la phrase de Biancarelli. En quoi la bande dessinée plus que la musique , le cinéma , la chanson ou la sculpture peut-elle être un art moins majeur ? Je ne comprends pas. C’est l’artiste qui compte. Un artiste majeur produit un art majeur. Franquin est un artiste majeur. Sa bande dessinée est un art majeur. Et m’emmerdez pas avec l’ego énorme. Chaque individu quel que soit son métier , sa fonction ,quelles que soient ses ambitions ou ses rêves s’occupe de faire du mieux qu’il peut pour progresser. Tous les créateurs( mode, design, architecture, chanson...) , tous les chercheurs, tous les développeurs d’univers, d’idées ou de technologies doivent croire en eux. C’est pas un ego démesuré, c’est juste une volonté de feu, un désir ardent. Sans cette attitude déraisonnable , point de création.

            C’est quoi cette déférence au temps qui passe et qui trie. Il y a des milliers de merdes qui traversent le temps et des millions de chefs-d’oeuvre dont nous n’entendrons jamais parler. Une simple plongée dans une culture un peu moins médiatisée fait resurgir des merveilles enfouies. Alors pitié , arrêtez avec cette notion d’artisanat. Dans ces métiers , il n’y a que des artistes( bons ou mauvais) mais pas des artisans qui passent au statut d’artiste dès qu’ils dépassent un niveau. Complètement idiot.

            Vous prenez au pied de la lettre le mot" établi", ou même le mot "métier". Arrêtons avec cette notion du travail bien fait, de la belle ouvrage à la noix. C’est digne des vieux ringards qui ne jurent que par la belle facture, la tradition et toutes ces sortes de choses. Non, on peut voir des centaines de talents qui inventent leur règle en surgissant de nulle part. Les peintres, les musiciens, les cinéastes. On va pas nous refaire le coup du cinéma de papa, et nous servir la bédé de papa. Allons.

            Je trouve personnellement formidable ces changements perpétuels. Ces notions , ces approches qui jamais ne se figent. Les cinéastes des 50 dernières années ont dû jouer avec la présence de la télévision et des torrents d’images déversées par des millions d’écrans. idem pour les photographes, les musiciens ...Pourquoi vouloir que l’auteur soit "à l’abri" de ces évolutions technologiques qui de tous temps ont influencé l’oeil et le cerveau. L’histoire de l’art n’a pas eu de période longue et bénie pendant laquelle on a pu s’épanouir pendant des décennies sans se soucier de rien d’autre que de son quotidien. Qu’il le veuille ou non, Jacques Terpant fait dans la terrible nostalgie. C’est marrant qu’il en soit venu à ces conclusions après une discussion joviale avec Frank Pé. Car à lui seul , Frank Pé représente ( avec quelques autres bien sûr) un exemple de cette évolution, cette mutation (qui n’a en en rien occulté les autres façons de faire). Il est fils de la tradition. Il est né dans la presse. Il a mûri dans la presse. Son métier de conteur l’a amené vers un univers, cet univers l’a embarqué dans des possibilités, des espaces nouveaux. Il a créé des livres, des fresques, des objets en partant de son art initial. Il a développé , élargi son univers tout en restant un auteur majeur. Il a publié de beaux livres . Il est devenu un auteur majuscule à son tour. Il a une cote , il est demandé dans d’autres domaines que la bande dessinée mais il y revient par vols concentriques. ça l’a enrichi humainement, artistiquement. Pourtant il a lui aussi quitté le créneau soit-disant originel, il est devenu un graphiste, un écrivain, un illustrateur. je vois ce parcours comme une reconnaissance au contraire. La bande dessinée peut donc être ça aussi.

            Ce qui me choque le plus dans ce désabusement passager c’est le regret . La bande dessinée francobelge aurait manqué d’ambition. Parce que la réussite mondiale est évidemment la seule mesure. N’est -ce pas là réagir comme un patron de grande surface ou un producteur caricatural ?

            J’aime beaucoup la notion d’impasse. C’est en effet comme ça que les gens dépassés conçoivent l’évolution. On ne peut décemment aller plus loin. Des personnes un brin débordées par ce qui se fait autour d’eux préfèrent considérer "qu’on a été trop loin" comme on parlerait d’un parcours physique, une virée. Impasse ?! Si on mélange le traumatisme économique avec les considérations artistiques pures, on a effectivement du mouron à se faire. Perso, en tant que lecteur, ces dernières années ont été les plus riches que j’ai connues.

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            • Répondu par Rosse le 1er août 2011 à  22:18 :

              L’intervention de Mr Salma me fait penser à cette anecdote vécue il y a qq jours -riche de sagesse Zen : mon voisin vient me visiter et inspecte ma maison haut-perchée :
              - Tu devrais repeindre ton toit
              - Oui mais c’est haut, on peut tomber...
              - On tombe pas !

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          • Répondu par Rosse le 29 juillet 2011 à  22:44 :

            Je ne connais pas de visu Mr Terpant, bien que nous ayons commencé à Métal Hurlant vers la même époque. Je me souviens que J.P Dionnet se désolait de la disparition de Métal car des talents comme Terpant- et je le cite- n’ont jamais eu la chance de s’y dévelloper. Mr Terpant a néanmoins poursuivi son parcours - moi le mien. Probablement très semblable au lire de ses billets.

            Je ne lui reprocherai qu’une chose- comme l’indique un anonyme- c’est de décrire un futur qui est le présent. Combien de fois il m’a fallu "maigrir" mon CV pour ne pas ennuyer l’éventuel employeur.

            Et pourtant c’est la bd notre passion. Que nous nourrissons par tant d’à côtés. Entendons-nous bien, ces "à côtés" sont tout aussi intéressants pour quelqu’un qui aime le dessin- et sont, sans exceptions mieux rémunérés (et on parle du double au triple de la bd). J’ai pas mal de collègues dans le milieu -non pas des best-sellers- mais des gens qui en tirent un revenu qui disent "c’est ce que je voudrais faire- mais c’est du suicide économique".

            Alors on passe -dans cette économie de marché- à côté de pleins de chefs d’oeuvres avortés.

            Honte à ceux qui clâment : "Changez de métier" Honte à vous qui n’avez pû déceler la passion, le talent, le travail et la vie de sacrifice qu’implique une pratique artistique. Vous n’avez pas besoin d’être un consommateur- réalisez-le. Soyez aussi passionnés que nous le sommes.

            Mais un autre point que touche aussi Mr Terpant est la particularité de la bd franco-belge (l’album). Well, il n’y a pas vraiment d’amélioration à attendre sur d’autres terrains. Là où je réside j’ai pu mener un strip pendant 13 ans-qui continue à m’amener des revenus internationaux- toujours diminuant. La crise de la presse quotidienne est effective !

            Mr Terpant est certainement un peu dépressif- mais seul un idiot sous extasy ne le serait pas dans ce métier. Et même, même ! Si la bd est morte demain, on trouvera toujours des moyens de raconter des histoires en images. Et c’est -pour moi- seulement ce que je sais faire. Pour moi, pour 20 copains ou 30.000 lecteurs- et non, pas plus.

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            • Répondu par Ken le 30 juillet 2011 à  11:26 :

              J’adore le point de vue de Brosse dans ses 3 dernières lignes, le vrai plaisir, énorme, de publier 1 ou 2 planches chaque mois, même mal payées, dans les magazines, juste pour amuser une vingtaine de copains, sans contraintes, la création pour le plaisir, mon plaisir ou celui du simple lecteur qui se fendait d’un mail de remerciement.
              Mon passage ultra bref dans l’édition a été "Bienvenu dans mon cauchemard",
              oh, non pas que la vente ne suivait pas,loin de là, mais pour les délais ahurissant de rendu du travail, de 6 mois d’abord, tout à coup on ne me laissait plus que 4 mois pour un album complet (scénario, dessin, couleur), celà uniquement pour pallier aux gros ratés de la maison d’édition sur une éphémère star de la TV réalité. J’ai senti le plaisir devenir corvée, la création devenir production à la chaine, sans âme, la menace de la dead-line.
              Basta ! Là ou il y a la chaine, il n’y a pas de plaisir !

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              • Répondu le 30 juillet 2011 à  14:34 :

                Je mets les choses au point car depuis ce petit papier ,dont le ton est volontairement caricatural et le propos ,juste de mettre le doigt sur une évolution propre à notre monde,je reçois des mails d’encouragement ,on me dis dépressif etc...
                je vais très bien,professionnellement tout est parfait (je refuse un projet par mois ) j’ai autant de plaisir à me mettre à ma planche chaque matin.,c’était un essai de vision à distance de l’évolution d’une profession,que je pratique.Je vous remercie pour vos ordonnances,mais ce n’est pas necessaire.

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                • Répondu par Rosse le 31 juillet 2011 à  23:47 :

                  Je vous remercie pour vos ordonnances

                  Docteur Rosse vous prescrit une bière dans son cabinet, lointain et isolé : afin que vous puissiez exposer à votre aise vos angoisses. Docteur Rosse vous accompagnera dans ce processus, il paiera la première tournée mais la suite de l’analyse sera à vos frais.

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                  • Répondu le 1er août 2011 à  12:23 :

                    mais seul un idiot sous extasy ne le serait pas dans ce métier.

                    Hergé, Fanquin et Greg l’ont été. Mais il s’agissait de Maîtres de la BD, de fondateurs, d"artistes au talent reconnu.

                    Honte à ceux qui clâment : "Changez de métier" Honte à vous qui n’avez pû déceler la passion, le talent, le travail et la vie de sacrifice qu’implique une pratique artistique. Vous n’avez pas besoin d’être un consommateur- réalisez-le. Soyez aussi passionnés que nous le sommes.

                    Qu’avez-vous fait Monsieur Rosse pour emmettre de tels jugements ? Quelle est votre oeuvre ? La passion n’implique pas l’aveuglement qui semble être bien trop répendu. Il ne suffit pas de s’auto-proclamer auteur de BD pour en être et pour fustiger ceux qui ne reconnaissent pas dans votre travail l’émanation d’un génie artistique. L’égo ne fait pas tout. Et cela vaut pour tant d’autres, rassurez-vous.

                    Tout comme Sergio SALMA, j’ose espèrer que tout cela n’est que distraction ? En tout cas, tout comme lui je considère les dernières années comme riches et celles à venir comme prometteuses. Et tant pis aux "tristes sires" désabusés. Comme l’indiquait un intervenant à ce débat, je me range dans la catégorie des "ravis de la crèche" ne lui en déplaise. Pessimistes, restez chez vous !

                    mais que le mal est bien présent partout.

                    le mal c’est les aveugles qui buttent sur un mur et refuse de l’admettre. C’est de croire que l’injustice vient de "méchant éditeurs justes avides de productivité". Déjà c’est bien heureux qu’ils accèptent d’éditer des tirages qui ne seraient jamais publiés sans cette mutualisation des oeuvres (les plus "gros" financent les plus "petits" ). Lavez votre linge sale en famille. Le mal c’est que certains de ces petits vivent leur situation comme un injustice et un manque de reconnaissance !!!

                    La BD européenne n’est pas dans une impasse. Largo Winch, Les Schtroumpfs bientot Tintin et tant d’autres le prouvent au cinéma. Tout le monde n’est pas Van Hamme, Peyo ou Hergé. Arrêtez l’égocentrisme.

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                    • Répondu par Rosse le 1er août 2011 à  21:39 :

                      Hergé, Fanquin et Greg l’ont été. Mais il s’agissait de Maîtres de la BD, de fondateurs, d"artistes au talent reconnu.

                      Dépressif, vous vouliez dire ? Oui, c’est vrai. Votre « Mais » est...intéressant

                      Qu’avez-vous fait Monsieur Rosse pour emmettre de tels jugements ? Quelle est votre oeuvre ?

                      Aïe, Ouille ! Il m’attaque le sacripant ! Beuh, j’ai pas fait grand chose...snif... du coup je déprime. En plus j’ai même pas le droit : vu que je suis pas un vrai génie (mais au moins je fais pas autant de fautes d’aurtografe que vous, ah !)

                      ceux qui ne reconnaissent pas dans votre travail l’émanation d’un génie artistique.

                      Je sais, pfff ce que cela peut m’énerver. Enfin vous, vous m’avez compris.

                      L’égo ne fait pas tout. Et cela vaut pour tant d’autres, rassurez-vous.

                      Complètement rassuré du coup !

                      mais que le mal est bien présent partout.

                      C’est pas moi qui ai écrit cette phrase, faites un peu attention -par honnêteté- quand vous rédigez vos messages anonymes de citer au moins vos sources. Svp ?...

                      La BD européenne n’est pas dans une impasse. Largo Winch, Les Schtroumpfs bientot Tintin et tant d’autres le prouvent au cinéma.

                      Hourraaa ! (Et Adieu)

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                  • Répondu par jacques Terpant le 1er août 2011 à  13:31 :

                    ce genre consultation est dans mes cordes, merci pour l’anecdote Dionnet ,je ne la connaissais pas,même si il a beaucoup soutenu sur son blog ,mes récents albums.

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      • Répondu par Guerlain le 1er août 2011 à  15:13 :

        il y a une bonne vingtaine d’années quand Gainsbourg avait dit ,"je fais un art mineur" : volée de bois vert ! Et bien oui (pour moi)la chanson est un art mineur,la BD aussi

        L’art peut-être mineur, mais l’artiste peut-être majeur (et par opposition l’art peut être majeur, mais l’artiste mineur).
        Et Gainsbourg se justifiait en expliquant que la chanson ne requerrait pas d’apprentissage, au contraire que la sculpture ou la peinture.
        Si j’étais taquin, je dirais que la littérature devient donc un art mineur et la bande dessinée un art majeur, puisqu’il existe des sections "bande dessinée" dans les académie

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  • Le texte mélancolique et emprunt d’une colère sourde de Jacques Terpant pose une question en creux : Où en est la bande dessinée aujourd’hui dans sa créativité réelle ? Mais le problème se pose aussi pour pas mal d’autres expressions artistiques (blues, jazz, rock, cinéma, peinture, littérature…), et c’est difficile de répondre quand on cherche à être le plus lucide possible, sans être ni dans la nostalgie réactionnaire ni le consumérisme béat. La BD est confrontée à un problème historique de durée et c’est ce que révèle, à mes yeux, l’interpellation de Jaques Terpant.

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    • Répondu le 1er août 2011 à  09:34 :

      Où en est la bande dessinée aujourd’hui dans sa créativité réelle ?

      Une piste de reflexion sur ce sujet par Peyo (dont on ne peut qu’admirer les chefs-d’oeuvre et la maitrise de l’Art) : « Pour faire une bonne bande-dessinée, il y a un principe essentiel : il faut croire en ce que l’on fait, ne pas dessiner pour soi-même, ne pas s’adonner à du graphisme gratuit, mais penser que l’on exerce un métier de conteur »
      D’aucuns devraient en prendre de la graine

      Il faut croire que la BD fonctionne maintenant comme ces emmissions de TV où on vous sort d’un chapeau un groupe de jeunes supposément plein de talent, on les mets en concurrence, l’un d’entre eux sort du lot, fait un album et... disparait ! On ne devient pas Franquin ou Jijé (pour reprendre les auteurs cité par M. Jacques TERPANT) en un jour. Ni en un an. Il faut arrêter de se bercer d’illusions.

      Concernant la place et l’influence de la BD européenne je signale que Juanjo Guarnido, le dessinateur de Blacksad, a reçu le prix du "Meilleur auteur de couleur directe / Artiste multimédia / Décoriste" aux Eisner Awards le vendredi 22 juillet au Comic Con’ de San Diego
      et que le Schtroumpfs ont -de nouveau- un film fait par des studio US

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      • Répondu le 1er août 2011 à  11:03 :

        Beaucoup de vocations ont été générés par ce fameux petit livre jaune évoquant le travail de Jigé et Franquin. Encrage d’une case par Franquin, une heure et 4 cigarettes :)

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        • Répondu par GPoussin le 1er août 2011 à  12:46 :

          Mouais… Je voulais juste poser la question d’un art qui commence à avoir plus de passé que de présent (en créativité pure, je parle… par exemple, voir le jazz, après Miles Davis, John Coltrane, Albert Ayler et Ornette Coleman ou le rock après Elvis, Beatles, Clash et Nirvana), qui passe souvent de la création à la citation (au pire) ou à la relecture et au mixage (au mieux), dans un contexte industriel généralisé de l’art. Ce qui n’empêche pas le plaisir de la lecture d’auteurs contemporains et l’apparition de vrais talents. Je citerai Brüno, Stéphane Oiry, Hervé Tanquerelle, Li-An pour les dessinateurs, Hervé Bourhis, Appollo et Gwen de Bonneval pour les scénaristes… Et Jijé et Peyo ont dessiné aussi des sacrés conneries moralistes et cathos totalement illisibles aujourd’hui.

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          • Répondu le 1er août 2011 à  16:48 :

            je ne sais quelle vision vous avez de la BD actuelle ou à venir
            mais le jour où vous arriverez au millieme de la hauteur de la cheville de ces deux auteurs vous vous permetterez d’emmettre un tel avis

            Et Jijé et Peyo ont dessiné aussi des sacrés conneries moralistes et cathos totalement illisibles aujourd’hui

            car quand bien même ces documents ne vous plaisent ils relèvent certainement plus de l’art que beaucoup d’album actuels et sont les bases de ce qui permet aux supposés révélations de la BD que vous citez d’exister aujourd’hui

            je suis ne suis pas surpris du constat qui est fait : avec un tel regard sur l’avenir vous ne pouvez aboutir qu’à cela et c’est bien dommage

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            • Répondu par GPoussin le 1er août 2011 à  20:26 :

              Ah ! c’est vrai, faut pas toucher aux totems, j’avais oublié… Et je dis ce que je veux (et moi, je mets mon nom aux post). Je trouve cette façon de révérer le passé (enfin « un certain passé », car il y a aussi en BD un « avant » franco-belge) assez triste mais bien révélateur d’un aspect du fandom BD. Une crispation déjà vue dans les années 1960 (« après les Américains de l’âge d’or, y a plus rien ! »), on peut admirer une œuvre en restant critique et je trouve détestable de se servir du passé pour taper sur le présent. De la nuance, please !
              PS : Un de mes albums préférés est un Jerry Spring, "Mon ami Red".

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              • Répondu le 4 août 2011 à  10:49 :

                Ah ! c’est vrai, faut pas toucher aux totems, j’avais oublié…

                c’est là où à mon sens votre vision du débat est faussée Non pas qu’il ne faille pas critiquer les "totems" (et là je parle de ’critique constructive’), mais le fait est qu’ils ne sont pas remplacés. "Emmanuel" de Jijé est peut-être illisible du fait des textes, mais le dessin au lavis reste d’une qualité inégalée et Jijé a pris le risque d’essayer ! De là à qualifier ça de "sacrés conneries moralistes et cathos totalement illisibles" c’est d’abord injurieux ensuite particulièrement excessif, un poil définitif et péremptoire

                En terme graphique, il y a eu Hergé, Jacobs, Cuvelier, Jacques Martin... pour l’essentiel de la "ligne claire" Jijé, Franquin, Morris, Peyo, Roba, Uderzo, Tilleux... pour "Marcinelle". Pour les scénarii Charlier, Goscinny, Greg, Delporte... et puis ??? et puis plus de grande révolution.

                Les révélations depuis :
                > Gir/Moebius (qui a su transcender Jijé),
                > Bilal et Rosinski qui ont amené de l’Est leur vision et leur talent,
                > Van Hamme au scénario
                > peut-être deux ou trois que j’oubli (qu’ils veuillent bien m’en excuser) et que je vous laisse le soin de citer

                pour le reste, il y a de très nombreux "suiveurs", parfois tout aussi talentueux que leurs prédécesseurs, mais trop souvent sans réussir à innover, à (se) dépasser... d’où la vision d’un supposée impasse.

                c’est cette absence qui fait que la BD franco-belge n’est plus la locomotive internationale qu’elle a su être

                comme tout art, c’est l’innovation, le renouveau, le culot qui paye et qui attire les regards pas le train-train. Refaire ce qui est déjà, jouer sur la partition avec un style ’variation sur un même thème avec l’idée de faire un poil mieux... ça n’est pas avec ça que l’on va sortir de l’ornière

                nb : je ne reviens pas sur l’aspect commercial assez clairement cerné dans le post du 02 août que je vous invite à consulter si ce n’est déjà fait

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                • Répondu par GPoussin le 11 août 2011 à  11:28 :

                  « C’est cette absence qui fait que la BD franco-belge n’est plus la locomotive internationale qu’elle a su être »

                  Ethnocentrisme. Je ne pense pas que la BD franco-belge, en dehors des pays francophones, ait eu tant de retentissement que ça (à part Tintin et Astérix). Sans parler de la BD italienne qui mériterait une discussion à elle toute seule…Daniel Clowes et Charles Burns ont été tout autant influencés par les travaux d’Hergé que par ceux de Serge Clerc et Yves Chaland (cette génération de franco-belges du début des années 1980 qui s’est fait connaître aux États-Unis grâce à la diffusion de "Métal Hurlant" via sa version américaine "Heavy Metal"… "Le Journal de Spirou", "Le Journal de Tintin" et "Pilote" n’ont pas eu cette chance). "Raw", le magazine new-yorkais de Art Spiegelman, aura servi aussi à la reconnaissance de certains européens (voir cette année les prix pour Jacques Tardi aux Eisner Awards).

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                  • Répondu par Alban Day-Scinnais le 12 août 2011 à  12:26 :

                    Greg et Goscinny (entre autre) se sont régulièrement rendu aux Etats-Unis (avec effectivement plus ou moins de succès), des auteurs européens prestigieux se sont rendus à New-York pour les salons international de la BD (jetez un coup d’œil sur la ré-édition de Ange Signe par Tilleux aux éditions de l’élan) et étaient en contact avec les auteurs du magazine Mad. Art Spiegelman est venu à Angoulême ce qui doit donc représenter suffisamment à ses yeux pour qu’il se déplace. Vous indiquez vous-même que Tardi à été distingué aux Eisner Awards tout comme l’a été Juanjo Guarnido récemment. XIII et Blueberry parmi d’autres sont aussi édités outre-atlantique (aussi bien au nord qu’au sud du contient)

                    Le retentissement se fait autant par la diffusion des ouvrages que par les échanges qui se produisent et les influences respectives.

                    Cela se rajoute au problème de la sur-production soulevé le 02 Août par "marcusbrody" : trop d’albums sortis par des éditeurs qui se consacrent déjà à la diffusion dans les pays francophones ne permet pas une offensive de diffusion ailleurs.

                    Il faut aussi considérer les écarts de culture : aux USA ou au Japon, les BD sont souvent sous forme de magazine à sorties très rapprochées, achetés, lus puis jetés contrairement aux albums cartonnés. Pour diffuser notre production peut-être faudrait-il revoir le support ? Quand on voit la quantité de Mangas diffusé en 20 ans (issus d’un production largement antérieure) on peut légitimement se demander pourquoi les éditeurs européens n’ont pas reproduis cela sur place ?

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                • Répondu par GPoussin le 11 août 2011 à  18:35 :

                  PS : Personnellement, je préfère Emmanuelle de Crepax :-).

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    • Répondu par jacques Terpant le 1er août 2011 à  13:28 :

      tout à fait cela ...

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  • Les auteurs américains, n’ont pas quitté les comic-books, les omniprésents mangas japonais sont restés bien sagement dans leur format. Il semble que seule une tribu d’irréductibles franco-belges se soit décidée un jour de devenir des écrivains et y soit arrivée.

    c’est un peu facile, c’est oublier les gekigo qui on voulu toruner le dos aux mangas, ou à toute l’industrie des graphic novels, parmi lesquels on retrouve des talents qussi divers que Will Eisner, Daniel Clowes ou Chris Ware.
    Il est toujours difficile de tracer une ligne franche entre manga et gekigo ou "comics mainstream" et "graphic novel" tant cesmondes ont des frontières poreuses et que, par osmose, ils s’influencent l’un, l’autre. Il en va de même pour la bande dessinée franco-belge.
    Les formats diminuent ? le format n’est qu’une coquille vide. Le format des pockets est physiquement plus proche du "vrai livre étalon" sans que la confusion ne soit possible. Surtout, la bande dessinée FB a été incapable de se positionner clairement. Elle aimerait être reconnue comme forme artistique tout en maintenant un complexe qui se personnifie mieux que tout dans les rivalités entre "commercial" et "BD auteur"... on reproche aux seconds de péter plus haut que leur cul tout en espérant secrètement une reconnaissance qu’on leur prête un peu trop vite. Parce qu’il faut rester réaliste. la bvande dessinée reste un média peu couvert par la presse généraliste. Cette dernière a sans doute du mal à s’y retrouve rentre ceux qui veulent se positionner en média pour adulte, et ceux qui gardent une approche tout public, qui les condamne à rester englué dans l’amalgame de lecture pour adolescent et adulescents. Alors, la presse généraliste ne sait pas trop où la caser. Et elle se contente du minimum syndical : quelques auteurs phares comme Sfar, Satrapi (quand elle faisait de la BD), Zep, Bilal, Tardi ou van Hamme ont les honneurs d’une couverture médiatique digne de ce nom. Mais on est loin de cette image d’épinal qui veut que la presse snobe la bande dessinée populaire. Elle snobe la bande dessinée et se rabat sur quelques auteurs emblématiques qui ont souvent la particularité d’être pluridisciplinaire (dans la cas de Tardi, il touche à lalittérature en adaptant des romans, cela aide à contextualiser)
    Les formats relève de cette même schizophrénie. Des maquettes qui se rapprochent du "vrai livre" (peut-être aussi un impératif économique), mais aussi on singe les maquettes de "vrai livre" (Ecritures de Casterman, qui ressemble à un acte manqué à tout point de vue), mais aussi une fidélité sans limite au sacro-saint format du grand format cartonné, qui reste le standard, quoiqu’on en dise. Un format de plus en plus cher et donc de plus en plus rébarbatif pour le lecteur, surtout pour le jeune lecteur sans trop de moyen. Déjà que les temps de parution sont long, en plus le prix est beaucoup plus élebé. Comment concurrencer les mangas ou les comics, au rythme de parution netteent plus soutenu et au prix autrement plus compétitif ? Est-ce que la mort progressive des périodiques de prépublication est une cause ou une conséquence de cet état de fait ?
    La bande dessinée FB se cherche, tente de se positionner mais tatonne, refuse de tenter le grand saut dans l’âge adulte, n’assume pas sa vocation populaire et surtout renie sa diversité. La bande dessinée, ce sont des livres populaires, des séries, des trucs pour gosses, pour les ados, du plaisir... mais aussi des livres "d’auteurs", plus introspectif, qui se dégagent des standard... la bande dessinée, c’est une galaxie née d’un big bang. Il est illusoire de vouloir la confiner dans ce qu’elle était quand on était môme et qu’elle nous a séduit. Nous avons grandi, et elle aussi. Franquin et Goscinny appartiennent à une autre époque. Ce qui ne veut pas dire que leur oeuvre doit être oubliée ou snobée. Il faut juste se dire qu’il ne sert à rien d’en faire nos maîtres-étalons, mais une source d’inspiration... ils ont réalisés des choses incroyable à leur époque, et il aurait fait autre chose à notre époque. Franquin n’a-t-il pas tâté de la bande dessinée introspective avec les idées noires ?

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    • Répondu le 1er août 2011 à  17:34 :

      Franquin et Goscinny appartiennent à une autre époque.Il faut juste se dire qu’il ne sert à rien d’en faire nos maîtres-étalons, mais une source d’inspiration.

      Pour la BD des 20 (30 ?) dernières années il faut plus chercher les "maîtres-étalons" chez Comès avec Silence, chez Pratt ou Frank Pé.

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    • Répondu le 1er août 2011 à  20:42 :

      quelques auteurs emblématiques qui ont souvent la particularité d’être pluridisciplinaire (dans la cas de Tardi, il touche à la littérature en adaptant des romans, cela aide à contextualiser)

      Alors là n’importe quoi. Tardi est invité pour la qualité de son oeuvre, sa facilité à s’exprimer dans les médias et pour le sérieux de son sujet de prédilection : la guerre de 14.

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      • Répondu le 2 août 2011 à  09:47 :

        au début parce qu’il touche à la guerre de 14-18, ensuite parce qu’il s’est fait une spécialité des adaptations de romans, ce aui parle autrement plus aux journalistes qui sont rarement grands amateurs de bande dessinée.
        Et malheureusement, peut-être boientôt comme le papa d’Adèle Blanc-Sec, popularisée par Luc Besson au cinéma.
        Il ne faut jamais sous-estimé la paresse des journalistes. Je me rappelle d’une émission de PPD sur la bande dessinée où il n’avait clairement rien glandé, se reposant sur ses chroniqueurs. Il avait pourtant un joli plateau avec van Hamme, Moebius et Yslaire, dans mon souvenir

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  • Pour revenir au débat initial (qui me semble-t-il a enflammé les passions et de ce fait dévié sur le "avant/après les uns ou les autres", le talent reconnu ou pas, l’Art ou pas, l’égo et le deuil étincelant de la gloire et autre coups bas de toutes de part) de Jacques TREPANT à savoir :

    l’impasse dans laquelle se trouverait (ou pas) la BD Franco-Belge actuelle (laissons donc le passé, les "dits" maîtres et autre totems au passé et à leur gloire)

    Ne pensez-vous pas que le sur-développement et le foisonnement permanent des nouveautés (des centaines par mois) est la source de cette impression et de cet enlisement supposé ?

    Comment un talent édité par une maison plus ou moins confidentielle (faute de moyen pour se développer ; le serpent se mord la queue) peut avoir des chances d’émerger, de se faire connaître parmi la masse plus ou moins qualitative de titres ?

    Les libraires avouent ne plus s’y retrouver parmi les nouveautés et avoir renoncé depuis longtemps à prendre connaissance de chacune.

    Et de ce fait il me semble clair que seul les plus gros vendeurs édités chez les éditeurs "historiques" peuvent espérer un rayonnement hors des frontières (là je reprend les exemples de Blueberry, Blacksad, Largo Winch, XIII qui soient par les distinctions obtenues soit par le cinéma rayonnent à l’étranger)

    Tout simplement parce qu’il est plus difficile de se faire entendre parmi 4.000 que parmi 200 (tout comme il est plus facile de tromper 1 fois 1.000 personnes etc... :-D).

    La conséquence est qu’un auteur doit faire plus d’effort pour se faire remarquer d’abord dans "l’espace franco-belge" et donc encore plus pour espérer un rayonnement international. Giraud/Moebius a réussi par son talent et la maîtrise de son Art, mais cela a pris du temps et de l’énergie : c’est rare mais ça existe donc. L’espoir demeure.

    J’ai lu dans le magazine ZOO une interview de Mourad Boudjellal au sujet de la création de Soleil Prod. Il indique avoir fait de la "quantité" en ré-éditant des BD américaines et européennes libres de droit pour faire de la trésorerie et ensuite éditer ses nouveautés. Dans ce même article il indiquait regretter de s’être éloigné de la BD pour le rugby et revenir vers la BD. Quelques jours après est parue l’annonce du rachat de parts majoritaire de Soleil par Delcourt !...

    A vouloir faire de l’argent et de la quantité, le comportement de certains éditeurs -et j’imagine qu’il n’est pas le seul ?... - a-t-il conduit à ce résultat ?

    En tout cas cela est symptomatique d’une démarche purement capitalistique loin du mécénat artistique et d’une volonté de propagation de l’art.

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    • Répondu le 2 août 2011 à  16:57 :

      C’est un bien triste constat, mais je le pense aussi. Une vraie perle passera par le biais d’un 1er album et souvent, anonymement, noyé parmi le flux des sorties aura déjà une mise en place très faible, et des ventes aussi très faibles.

      Ventes faibles = Au revoir, votre album, messieurs n’a pas atteint sa cible !!

      Celà déjà ne donnera pas possibilités d’une suite, pour un tome 2, car vous connaissez tous la moyenne des ventes d’un tome 1 des nouveaux !
      ( les sites bd parlent très bien des éditions, spécialistes du tome1 unique )

      Mais là, ou on voit que les éditeurs sont devenus des boutiquiers en gros, saturés eux même, avec leur calculette toujours branchée, et leur surporduction, et bien, eux aussi la rateront la perle qu’ils avaient à un moment dans leur giron.

      Pour moi, on trouve là, le syndrome de l’imbécilité la plus absolue !

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    • Répondu le 3 août 2011 à  10:34 :

      A vouloir faire de l’argent et de la quantité, le comportement de certains éditeurs - a-t-il conduit à ce résultat ?

      Un auteur dont j’adorais et suivais le travail, Georges Ramaïoli, retraité depuis peu je crois, qui est passé par à peu près toutes les maisons d’éditions, a fait de nombreuses interviews, qu’on trouve aisément de çi de là, cette lecture, émaillées par son très long passé, ses multiples éditeurs, anecdotes, procès voire, sont très claires à lire, et très dures pour le milieu de l’édition.
      C’est clairement un milieu ou le droit, et le simple respect de l’humain n’existe pas. Personnellement pour reprendre une expression de feu mon père, les auteurs semblent être des Untermenschen !

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      • Répondu le 9 août 2011 à  11:45 :

        C’est clairement un milieu ou le droit, et le simple respect de l’humain n’existe pas. Personnellement pour reprendre une expression de feu mon père, les auteurs semblent être des Untermenschen !

        Quel sens de la mesure. Affligeant. Si cela était vrai, les auteurs qui accepteraient ces conditions (nous ne sommes pas dans des pays totalitaires, dans des camps de travail ou ce genre de choses tout de même) auraient vraiment peu de dignité...

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        • Répondu le 10 août 2011 à  08:56 :

          les auteurs qui accepteraient ces conditions auraient vraiment peu de dignité

          Pourquoi "auraient " c’est déjà là !!!!!
          Nous avions refusé une offre pour une série thématique 48cc à trois mille euros, tout compris, ( scénario, dessin, couleur, avant charges bien sur ) tant celà nous semblait ridicule. Moins d’une semaine après l’éditeur avait déniché les auteurs qui allaient la faire ! ( pas de problèmes, il y en a cent qui attendent à la porte )

          Alors ou est la honte et l’indignité, de quel coté ? Chez ceux qui vivent - en parasites - sur le dos des auteurs, les payant à très vil prix, ou chez ces auteurs moutons, acceptant bassement l’inacceptable ?

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          • Répondu par Alban Day-Scinnais le 12 août 2011 à  14:01 :

            La question a se poser n’est-elle pas alors : doit-on travailler dans sa passion et son art par pure conviction, quitte à se sacrifier envers et contre tout et à en assumer les risques (tant en échec qu’en réussite) ? ou se contenter d’en faire un hobby sachant qu’on ne pourra pas en vivre ?
            N’étant pas auteur ni éditeur je ne saurais répondre.

            Les cartes sont distribuées : chacun connaît les tenants et les aboutissants du commerce. Etre édité est une gageure, l’être à bon prix certainement plus.

            Pour ce qui est de "la honte et de l’indignité", le fait de proposer de telles conditions est au-delà du stupéfiant (il me semble avoir lu un article ici même à ce sujet pour un magazine proposant 30 € la page ?!!!), les accepter reste un choix, même s’il est forcé par des circonstances je doute que les éditeurs usent de la violence !? Ils le font pour des raisons pécuniaires tout comme ceux qui les acceptent ; ne doutant pas que les premiers raisonnent comptablement les seconds "alimentairement".

            Je ne pense pas qu’il y ait pas d’indignité à proposer ni de honte à accepter.

            Didier Pasamonik avec ses diiférents postes de Directeur de collection, Directeur éditorial et co-fondateur de maisons d’éditions doit certainement connaître les contraintes qu’a une maison d’édition et les risques que représente le fait d’accepter de sortir un album.

            Accessoirement, pourriez-vous donner des précisions sur ce projet ? Cela permettra, s’il aboutit jamais, d’en juger de la qualité.

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            • Répondu par marcusbrody le 25 août 2011 à  12:15 :

              Didier Pasamonik avec ses différents postes de Directeur de collection, Directeur éditorial et co-fondateur de maisons d’éditions doit certainement connaître les contraintes qu’a une maison d’édition et les risques que représente le fait d’accepter de sortir un album.

              je serai effectivement intéressé par son point du vue sur ce point précis au regard de son parcours professionnel de responsable de l’édition

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 août 2011 à  14:23 :

                Je crois que les différents articles que j’ai écrits sur le sujet y réponde quelque peu.

                Il y a certainement parmi nos lecteurs des éditeurs qui brûlent de répondre. Notre tribune leur est offerte. Il faut que le dialogue s’installe entre auteurs et éditeurs, sereinement.

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