JC/DC - par Artus - Casterman

26 juin 2007 1
  • La vie et l'oeuvre du créateur de mode Jean-Charles de Castelbajac, par un artiste qui ne pense pas faire de la BD. Il a bien raison.

Le goût de l’audace, la couleur des indépendants (noir et blanc massif) : cet album aurait pu être un exercice de style réussi. Il évoque la riche carrière d’un couturier célèbre, en parallèle avec une rétrospective de ses créations au musée Galiéra (temple de la mode à Paris).
Au contraire, JC/DC (jeu de mots censé attirer les fans du groupe de hard rock AC/DC) tombe à plat du début à la fin.
Artus, illustrateur et auteur, a recueilli les propos de JCDC (initiales bien pratiques) pour les mettre en images. Problème : ça ne l’intéresse pas beaucoup. Alors il parle de lui, de son nouvel amour, de sa vision de la vie, avec force pensées philosophiques inspirées de la culture skate (pas tout à fait Spinoza donc). En gros "être heureux, faire l’amour, trainer au lit, vivre" (dans le texte).

Certes, le destin de JCDC n’est pas commun. Son éducation, sa fréquentation des milieux rock et punk, ses voyages... Mais les quelques passages intéressants sont sans cesse parasités par le verbiage autosatisfait d’Artus. Sa mise en page chaotique -arty, pardon- alterne gros pavés de texte (avec rayures intégrées, c’est tellement plus tendance) et dessins en pleine page. Certaines bulles, qui d’ailleurs se meuvent en tous sens, sont coincées au milieu des doubles pages, rendant la lecture quasi impossible...
Le dessin évoque parfois un croisement entre Chantal Montellier et Morvandieu, soit une inspiration contemporaine française teintée d’école minimaliste décalée.
Artus aime les aplats, il en sert même 16 pages pour évoquer le passage à vide de JCDC dans les années 90. Total concept !
JC/DC - par Artus - Casterman
Il semble que cette biographie illustrée par dessus la jambe puisse plaire au milieu de la mode, pour peu qu’il y trouve un vent de liberté artistique. La presse branchée des jeunistes laborieux s’enthousiasme (Rock & Folk, le Nouvel Obs)...
Mais on se demande comment l’éditeur a pu accepter un tel projet, qui visiblement n’a pas été relu, étant donné le nombre important de fautes d’orthographe dans le texte.

(par David TAUGIS)

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