JEAN-YVES DELITTE : Le Joli Conte du Redressement Judiciaire

28 août 2013 45 commentaires
  • L'Auteur du {Belem, de Black Crow, de Tanatôs} ou encore d’{U-Boot} réagit sur la position précaire des auteurs en cas de Redressement Judiciaire d’un éditeur, situation vécue par Emmanuel Proust éditions ou les éditions 12 bis ces temps-ci. Par le biais de cette fable, il désire nous rappeler une triste réalité affecte la relation de confiance entre un auteur et son éditeur.

Il était une fois un joli monde dans lequel de gentils auteurs vivaient en harmonie avec d’aimables éditeurs.

Ils avaient même formé ensemble des tribus, certes parfois un peu patriarcales, mais de jolies tribus créant de jolies choses. Il y avait la tribu des « Spirou », celle des « Tintin », celle des « Pilote », celle des « À Suivre », celle des « Circus », celle des « Vécu » et d’autres encore.

Puis le temps passant, le nom des tribus ancestrales s’est estompé et d’autres ont été créées. Les auteurs ont voyagé au gré des envies, des humeurs, des amitiés, des modes. Les éditeurs eux aussi ont changé, et ils ont parfois invité les auteurs à rejoindre leur tribu le temps d’un livre, d’une aventure.

JEAN-YVES DELITTE : Le Joli Conte du Redressement JudiciaireCes collaborations étaient empreintes de respect car, mêmes éphémères ou peut-être imparfaites, elles étaient à tout le moins mutuellement et librement consenties.

Et puis une étrange et insidieuse maladie est apparue. Certaines tribus mal gérées (ou possiblement malhonnêtes) ont connu les affres des problèmes de trésorerie et ont fait le choix de taire leurs difficultés avant de trouver sournoisement refuge dans le Redressement Judiciaire tout en invoquant la « crise » !

L’auteur, qui croyait naïvement vivre « au pays où tout le monde y est gentil », a découvert alors que, pour certains éditeurs, il n’était pas un créateur, que son travail n’était pas une œuvre, que l’appellation 9e Art, c’est seulement pour épater la galerie ! L’auteur, ses contrats, ses albums, tout ce qu’il est, tout ce qui fait sa raison d’être, c’est seulement de l’Actif, une vulgaire marchandise entreposée dans des étagères pour donner de la consistance à une société anonyme ! Une denrée que dans un Redressement Judiciaire, d’aucuns peuvent échanger, revendre, ou donner à d’autres. Une méprisante procédure pour laquelle l’auteur n’a pas son mot à dire !

Une maison d’édition sans auteur n’est qu’une enveloppe vide, une boite de chaussure de laquelle on aurait retiré la belle paire de mocassins faite du meilleur cuir ou les élégants escarpins. Sa valeur sera celle du carton qui fait la boite, rien de plus !

Mais de cela les arrogants administrateurs judiciaires et autres mandataires n’en ont que faire. Ils s’en moquent ouvertement. Et la main sur le cœur jurant qu’ils agissent pour l’intérêt de tous, ils n’oublient pas au passage de prendre leurs pourcentages ! Car eux, ils vont pouvoir se nourrir sur la bête une fois le menu dressé et la table mise. Ils vont pouvoir se goinfrer !

« - Une série complète de Machin à vendre, qui dit mieux ? Un contrat de Trucmuch pour 5 albums, j’entends 10 à gauche, 15, 20 à droite !

- Mais, monsieur, je suis l’Auteur, il me plairait d’être concerté, d’être informé ! - Toi, l’Actif, ta gueule, retourne dans ton étagère et attend que l’on ait décidé pour toi ! D’ailleurs tout cela est confidentiel et tu n’as à être informé !

- Mais, Monsieur, on me doit de l’argent et je veux pouvoir choisir mon éditeur !

- J’ai dit, ta gueule ! Quant à ton argent, on verra plus tard si c’est possible, même si cela sera probablement jamais !

- Mais cet argent me revient !

- Tu te trompes, l’Actif, c’est maintenant le mien ! »

Oui, ce sont de mauvais dialogues et un improbable scénario, on ne dit pas « Ta gueule » à un Actif. On ne lui parle pas, on l’ignore, c’est plus simple !

Quant à l’éditeur défaillant, qui hier tutoyait les auteurs, les présentait même comme des amis, il choisit la fuite et incombe les difficultés à d’autres. Car c’est connu, l’éditeur qui a laissé derrière lui d’imposantes ardoises n’est responsable de rien, les méchants ce sont toujours les autres !

J’entends déjà d’éventuels détracteurs, aimant la polémique. Ils vont probablement s’empresser d’affirmer qu’il ne faut pas faire d’un cas une généralité, de tirer des conclusions hâtives d’une malencontreuse expérience. Car, bien entendu, tous les éditeurs ne sont pas que des « pourris », il y a des gens honorables.

Mais la critique ne porte pas en priorité sur les éventuelles pratiques contestables du monde de l’édition. Elle accuse un système judiciaire qui ne fait pas de distinction entre un stock de boîtes de sardine et un catalogue de bande dessinée.

Quand un éditeur cède pour quelque motif à un tiers l’intégralité de son catalogue, la loi le dispense de demander l’avis et surtout l’accord des auteurs, même si l’acquéreur s’avère être la pire des crapules ou le plus grand des incompétents ! L’acquéreur se retrouve pleinement « propriétaire » de tous les contrats. Et pour peu qu’il en respecte les clauses, il pourra les exploiter librement durant toute la durée prévue contractuellement. De surcroît, comme il s’agit d’une disposition d’ordre public qui relève de la loi, toute clause contraire dans un contrat est réputée non-écrite. Alors pourquoi le cédant ou l’acquéreur se montrerait audacieux en consultant les auteurs ? Nous ne sommes pas dans le monde des « Bisounours » !

Si, demain, vous voulez repeindre votre façade en rouge et que la législation ne vous oblige pas à demander l’avis du voisinage, vous vous abstiendrez, naturellement. D’aucun ne prendra le risque d’être confronté à l’opposition d’un voisin grincheux qui ne partage pas ses goûts.

Ce qui a conduit un auteur à collaborer avec un éditeur plutôt qu’avec un autre, au-delà des conditions financières usuelles, c’est souvent le sentiment de bénéficier d’une meilleure écoute, d’avoir une empathie réciproque, d’avoir de la CONSIDÉRATION. Mais cela, les textes de loi n’en ont rien à faire !

Un catalogue qui vaut « 100 », qui dit mieux ? « 150 » à gauche, adjugé, point !

Car pour celui qui en douterait encore, la bande dessinée et les œuvres littéraires sont de plus en plus fréquemment considérées par plus d’un acteur de la justice et du monde politique comme de la marchandise, monnayables comme une vulgaire marchandise.

Pour que chacun prenne parfaitement conscience de ces dispositions légales iniques, il faut imaginer que l’auteur se retrouve dans la position d’un fidèle employé à qui, un jour, il est dit, tu prends tes affaires et tu vas travailler pour Monsieur Tartempion, de l’autre côté de la rue. Et si cela ne te plait pas, ce n’est pas grave car Monsieur Tartempion n’a pas besoin de ton accord pour continuer à éditer tes gribouillages et prendre ses pourcentages sur la vente de tes albums !

Dans bien des cas, il vaut mieux être alors une sardine qu’un auteur, car elle a une date de limite consommation. Les contrats signés dans l’édition portent généralement sur le durée de la propriété littéraire et artistique de son auteur qui s’étend jusqu’à 70 années après son décès ! Mais cela n’est peut-être aussi qu’un détail !

Quelle morale pour conclure cette fable ? Chaque auteur pourra trouver la sienne, mais il devra surtout tourner sept fois son stylo avant de signer un contrat, de peur de se retrouver quelques temps plus tard chez un éditeur avec lequel il n’a pas d’affinité !

Jean-Yves Delitte

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Jean-Yves Delitte. Photo : CL Detournay

 
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45 Messages :
  • je me demande dans quelle mesure il n’est pas possible de faire jouer le droit de regard.
    Après tout c’est dans les droits d’auteurs : une personne, mm si on lui a cédé les droits de diffusion, ne peut faire ce qu’elle veut avec notre travail sans notre accord. ( c’est par ex pour empêcher qu’une image ne puisse être cédée par un tiers afin d’être utilisée pour faire de la propagandes pour qqch qui va à l’encontre des croyances de l’auteur)
    dans l’absolu, je pense que ça peut être utilisable pour casser un contrat, le mec mm si on lui a cédé les droits de diffusion, ne peut pas en faire ce qu’il veut.
    après faut justifier le fait que tu ne veuille pas bosser avec le repreneur peut être...

    mais logiquement, c’est une œuvre, si on applique les droits d’auteurs, je pense qu’ils peuvent pas revendre l’exploitation de tes droits sans ton accord.
    le contrat est nominatif, entre deux partie précises, si c’est un autre éditeur qui rachète le contrat, il est obligée de t’en faire signer un nouveau, logiquement.
    après, le cas est différent si c’est la boite entière qui est rachetée j’imagine, le nom de l’éditeur ne changeant pas.

    y’a aussi une histoire de droit de cession, mais je crois que ça ne marche que sur les œuvres d’art, et dans tout les cas ça impliquerai que le vendeur fasse un benef’ ce qui doit pas être le cas ici.

    bref, je comprend pas comment légalement tout ça peut tenir. On ne cède, contre finance, qu’une partie de nos droits, lors d’un contrat, ceux de diffusion et d’exploitation, tout les autres nous restent. Et tout ceux qui nous restent normalement doivent pouvoir faire que cette situation n’arrive pas :)

    à vérifier auprès d’un juriste ou du SNAC ( mes cours de droits sont lointains maintenant ^^ )

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    • Répondu par Julien le 28 août 2013 à  13:53 :

      c’est vrai pour la liquidation judiciaire, ou de fait, l’auteur récupère ses droits et ne peut être "racheté" sans son accord.Mais tant que c’est l’étape du redressement, cela dépend des cas

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    • Répondu le 28 août 2013 à  14:02 :

      Vous pouvez trouvez la chose injuste, ignoble, improbable, mais les textes de lois sont ainsi établis.

      À défaut de le répéter, dans le cadre de la cession de l’intégralité de son catalogue le cédant n’est pas tenu d’informer ou de consulter les auteurs. Les auteurs, quant à eux, n’ont aucune possibilité de s’opposer à la chose.

      L’acquéreur est tenu aux engagements du cédant. Ce n’est que si l’acquéreur devient défaillant que l’auteur pourra demander la résiliation des contrats.
      Mais inversement, l’auteur est tenu aux engagements contractuels qu’il avait pris avec le cédant ! Si l’auteur s’était engagé à fournir, pour l’exemple, dix bande-dessinées, il devra le faire ! Bien entendu, personne ne peut obliger autrui à travailler et des « arrangements » sont toujours possibles. Mais si l’acquéreur est procédurier et pinailleur, l’auteur risque fort bien d’aller de désillusion en désillusion.

      Quant au fait d’avancer un éventuel « droit moral », il ne pourra se faire qu’après la cession du catalogue et auprès du nouvel acquéreur. Il appartiendra alors à l’auteur de démontrer une atteinte à ses droits moraux devant les tribunaux. Si l’acquéreur est une maison d’édition « honorable », même si l’auteur ne l’aime pas, il est peut probable qu’il ait « matière » pour faire résilier ses contrats.

      jean-Yves DELITTE

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      • Répondu par laurent SIEURAC le 28 août 2013 à  15:07 :

        A priori, dans le cas ou l’auteur aurait en effet 10 albums à faire chez cet éditeur, il doit toujours y avoir une clause de résiliation du dit contrat si l’éditeur venait à lui refuser 2 ou 3 albums d’affilés.
        Reste à mettre autant d’ardeur à produire un synopsis voire un scénario aux antipodes de ce qu’attend le nouvel éditeur, si tant es qu’il attende quoique ce soit !

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        • Répondu le 28 août 2013 à  16:50 :

          Ne prenez pas ce qui est écrit « au pied de la lettre ».
          Tout auteur doit avoir conscience qu’un contrat d’édition ne se résilie pas d’un claquement de doigt et aussi simplement que le bons sens pourrait le laisser croire.
          Il ne peut pas par caprice et sous le prétexte que la tête de son « nouvel éditeur » ne lui convient faire fi de ses engagements !
          User de certains « stratagèmes » pour obliger son « nouvel éditeur » à résilier un contrat est loin d’être une évidence. Le « nouvel éditeur » peut très bien démontrer que l’auteur fait preuve d’une mauvaise foi manifeste et, alors, lui réclamer devant les tribunaux des dommages ! Des arguments que la Justice pourrait très bien entendre !

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      • Répondu par Jacques Terpant le 28 août 2013 à  16:34 :

        Souvenons nous de la réponse d’un célèbre éditeur belge qui revendait sa maison d’édition,à ses auteurs qui s’inquiétaient : "quand un fermier vend la ferme ,il consulte pas les vaches" .

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        • Répondu le 28 août 2013 à  19:00 :

          Comme on ne demande pas l’avis aux bœufs quand on les mène à l’abattoir !
          Jean-Yves DELITTE

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          • Répondu par Realiste le 5 septembre 2013 à  16:32 :

            On dit aussi qu’il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier !

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  • Voilà pourquoi je fais figurer dans mes contrats la clause :
    "En cas de cessation de paiement, procédure de redressement judiciaire, liquidation judiciaire, faillite, rachat de l’entreprise par un tiers, départ du directeur littéraire de l’éditeur, changement du gérant ou président de la société d’édition, ainsi que toutes procédures similaires à l’encontre de l’éditeur, le présent contrat sera résilié, si bon semble à l’auteur, sans préavis, après simple dénonciation par lettre recommandée avec accusé de réception."

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    • Répondu par Maxime G le 28 août 2013 à  18:14 :

      Je serais très curieux de savoir auprès de quels éditeurs vous avez réussi à imposer cette clause, si ils existent.

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    • Répondu le 28 août 2013 à  18:54 :

      Je ne connais pas la teneur de votre contrat, mais de l’extrait que vous relevez vous pourriez avoir de mauvaises surprises !
      Comme malheureusement d’autres auteurs, vous vous fourvoyer. Votre clause peut être qualifiée de « non-écrite » car contraire à ce qui communément est dénommé « l’ordre public ». (comme sont qualifiées « non-écrite » des clauses abusives).
      Par ailleurs, pour que votre contrat puisse être reconnu comme « intuitu personæ » (vous faites références au changement de gérant, de directeur,... ) les personnes doivent être identifiées (nom+prénom). Nominer seulement une fonction n’a pas de valeur.
      je crains fort pour vous qu’en cas de litige, pour peu que votre éditeur défaillant soit de mauvaise foi, votre lettre recommandée ne soit pas suffisante et qu’il vous faudra envisager une procédure devant les tribunaux !

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    • Répondu par Eric le 28 août 2013 à  19:20 :

      c’est un excellent conseil, merci de le partager, d’ailleur en fait cela est la norme, ce sont certains éditeurs BD qui "oublient" cela, voulant garder les titres même quand la liquidation arrive, et les auteurs sont refait.Ces pratiques doivent cesser

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    • Répondu le 29 août 2013 à  10:58 :

      Vous vous trompez, hélas !
      Article L 132-15 du CPI précise clairement que la procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire de l’éditeur n’entraîne pas la résiliation des contrats. Et comme c’est une disposition qui relève d’une loi, toute clause contractuelle contraire serait réputée non-écrite.
      Vous faites préciser comme motif de résiliation dans une clause "une procédure de redressement", votre clause toute entière pourrait dès lors être éventuellement frappée de nullité !
      Il vaut mieux parfois "simplifier" des clauses qu’être trop exhaustif.

      Par ailleurs, pour qu’un contrat soir qualifié "Intuitu personæ", les personnes contractantes doivent être clairement identifiées, une fonction ou un titre ne suffit pas.

      Durant une procédure de redressement vous ne pouvez légalement demander la résiliation d’un contrat que si vous pouvez démontrer une cessation de l’activité de l’éditeur depuis plus de trois mois ! Cela dit demander ne veut pas dire que "acceptation". L’administrateur Judiciaire pouvant s’y opposer en estimant que votre contrat fait partie de l’actif de la société. Il vous faudra alors introduire une requête devant les tribunaux !

      Croyez bien qu’un contrat d’édition n’est pas un vulgaire engagement que l’on peut simplement résilier par courrier, fût-il un envoi recommandé. Car si cela était vrai, bien des procès qui ont perduré durant des années devant les tribunaux n’auraient jamais existé !

      Pour qu’un contrat soit légalement et définitivement résilié les deux parties contractantes (l’auteur et l’éditeur) doivent l’acter et l’accepter. À défaut, seule une décision de justice pourra le faire !

      Jean-Yves DELITTE

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      • Répondu le 1er septembre 2013 à  11:30 :

        J’ai du mal à comprendre... Toute l’année on a droit aux plaintes des auteurs qui ne gagnent pas assez, que la bd paie de moins en moins et ici je lis que les auteurs qui ont la chance d’avoir des contrats veulent les rompre parce qu’ils n’aiment pas la cravate du jeudi de leur nouveau directeur éditorial.
        Franchement.... Votre patron vous dit : on ferme boutique va chez le concurrent en face... Et ça vous choque ? Dans quel monde vivez-vous ? Que vous soyez un auteur reconnu vous a donné la grosse tête. Vous choississez mais on ne choisit pas pour vous... C’est cela ?
        Mais c’est oublier le cas de la majorité des auteurs qui envoie leur projet à 20 éditeurs et quand un répond oui ils signent. La fine bouche c’est un luxe et comme tout luxe il y a des situations où on ne peut le revendiquer.
        Les éditeurs sont des salauds mais les auteurs sont des divas capricieuses.

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        • Répondu par Laurent Colonnier le 1er septembre 2013 à  15:57 :

          Voilà encore un commentaire stupide d’un anonyme qui n’a rien compris, ne connait rien du milieu professionnel de la BD et parle sans savoir. Et qui, au passage, en profite pour insulter les auteurs qui défendent leurs droits. Affligeant.

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          • Répondu le 1er septembre 2013 à  22:48 :

            Je ne vois pas trop où est l’insulte. Des milliers de commerces et d’entreprises ferment. En général, le gérant est ruiné, pendant que ses salariés vont s’inscrire à Pole-Emploi. Là, il y a un catalogue existant, que je verrai bien chez un éditeur grenoblois. Ca peut quand même le faire, non ?

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            • Répondu par Keren le 2 septembre 2013 à  01:31 :

              Vous avez la grosse tête. Vous faites la fine bouche. Les auteurs sont des divas capricieuses.

              voilà où sont les insultes, surtout quand on sait que la plupart des auteurs vivent sous le seuil de pauvreté.

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            • Répondu le 3 septembre 2013 à  17:07 :

              Je ne vois pas trop où est l’insulte. Des milliers de commerces et d’entreprises ferment. En général, le gérant est ruiné, pendant que ses salariés vont s’inscrire à Pole-Emploi.

              Justement X, les auteurs ne sont pas des salariés et quand la boite ferme ils n’ont pas droit aux indemnités chomage, quand ils n’ont plus de boulot, ils n’ont plus de revenus.

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        • Répondu par Julien G le 2 septembre 2013 à  02:45 :

          voilà en effet un post bien insultant, vous vous plaignez d’entendre les auteurs décrire leurs problèmes ? on marche sur la tête.Ca irait sans doute mieux si ceux-ci baissaient la tête et acceptaient de vivre comme des domestiques ? on pourrait penser qu’un mépris face au bon sens et à la défense des droits élémentaires pourrait venir d’un éditeur anonyme...

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        • Répondu le 2 septembre 2013 à  10:18 :

          Cher Monsieur X,

          Libre à vous, caché dans l’anonymat, de critiquer courageusement les Auteurs.
          Néanmoins, ayez à tout le moins l’honnêteté intellectuelle de ne pas déformer leurs propos. Votre diatribe est pathétique.

          Signé la diva capricieuse (Jean-Yves DELITTE)

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          • Répondu par Oncle Francois le 2 septembre 2013 à  12:03 :

            L’important est me semble t’il de trouver un repreneur pour les titres sortis chez 12 bis. Il doit y avoir un gros stock d’invendus, puisque la société est en redressement judiciaire (c’est une situation plus confortable qu’un passage en maison du même type !°). Donc, soit c’est le pilon pour récupérer de la pâte à papier, soit la vente à des solderies, soit le rachat du catalogue par un autre éditeur qui en poursuivra l’exploitation. Cette troisième solution me semble la meilleure pour tout le monde, même si certains auteurs devront peut-être faire des concessions. Sans être expert en la matière, je ne pense pas que les contrats différent énormément chez les quinze plus éditeurs. Sinon, les auteurs les plus "vendeurs" seraient tous chez le même éditeur s’ils voulaient gagner plus d’argent, ce qui n’est pas le cas.

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            • Répondu le 2 septembre 2013 à  16:50 :

              Il doit y avoir un gros stock d’invendus, puisque la société est en redressement judiciaire

              Pas grand-chose à voir, le redressement judiciaire c’est quand on ne paye plus les fournisseurs. Je ne suis pas sûr qu’il y a beaucoup d’invendus de Bourgeon qui est un gros vendeur, et les éditeurs impriment en fonction de ce qu’ils vendent. Si un éditeur reprend les titres il devra réimprimer, il ne peut pas vendre des albums avec un logo autre que le sien sur la couverture.

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              • Répondu par marcel le 4 septembre 2013 à  18:15 :

                Ca s’est pourtant deja vu : au moment du rachat du catalogue adulte de Dargaud par les Humanos, ils proposaient les memes albums avec juste un autocollant Humanos sur le logo Dargaud (et toujours copyright Dargaud a l’interieur).

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            • Répondu par le grand Khan le 3 septembre 2013 à  17:02 :

              Ils vont tous se retrouver Rue de Sevres avec Louis.

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        • Répondu par Tarek le 2 septembre 2013 à  16:20 :

          Ces propos sont lamentables !
          Qui est ce "on" ?
          Et non, les auteurs ne se plaignent pas : ils défendent leurs droits et leurs œuvres.
          Dans un pays libre, ils ont également le choix de ne pas vouloir se retrouver dans une autre maison d’édition sans que l’on leur demande leur avis... Ou alors rétablissons la maison d’édition unique, l’œuvre unique, le patron unique, le gouvernement unique... Un monde qui certainement vous plaira car personne n’aura le droit de dire ce qu’il pense et surtout de se plaindre.
          Et enfin, notre collègue exprime un point de vue partagé par beaucoup d’entre nous.
          Non Jean-Yves Delitte n’a pas la grosse tête.
          Monsieur l’anonyme je ne vous salue pas.

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          • Répondu le 3 septembre 2013 à  19:10 :

            Dans un pays libre on respecte la loi. Que je sache elle n’a pas changé depuis la signature du contrat ?

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            • Répondu le 4 septembre 2013 à  00:33 :

              Dans un pays libre on respecte la loi.

              LOL ! Et quand la loi te dit "Crêve", tu t’exécutes ?

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            • Répondu par Tarek le 4 septembre 2013 à  14:13 :

              Dans un pays libre, certaines personnes ne respectent jamais la loi ou l’adaptent... D’autres ne respectent pas les contrats... A cet égard, la France est un pays assez mal placé dans le classement des pays respectueux des contrats.
              Par expérience - j’ai signé une centaine de contrats d’édition depuis 1991 -, je peux affirmer qu’ils sont rarement honorés par celui qui possède "l’argent" et le "pouvoir de décision". Enfin, dans un pays libre on discute avec sa véritable identité, monsieur l’anonyme !

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            • Répondu par Tarek le 4 septembre 2013 à  14:21 :

              A méditer !

              Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.
              N. Mandela

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            • Répondu le 4 septembre 2013 à  15:20 :

              La loi n’est pas un dogme, vous confondez avec la charia.

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              • Répondu le 5 septembre 2013 à  15:12 :

                Petit à petit on atteint le point Godwin... Continuez, encore un petit effort ! :-)

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                • Répondu par Julien G le 5 septembre 2013 à  22:53 :

                  le point godwin est un stratagème vaniteux et creux ; chercher à railler sans argument une personne en faisant appel à du chantage ; si tu parles des nazis ou "X", tu n’es pas crédible.
                  Une invention fade, tentative d’esquiver le débat,basé sur la peur du regard des autres. Or la peur du regard des autres, c’est de la vanité, et certainement pas un argument, une stratégie de manipulation héritée des années sombres 90-2000, marquée par le cynisme et la moquerie, qui comme chacune sait, sont des valeurs spirituelles très élevantes.Désolé mais ça ne prend pas.

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              • Répondu le 5 septembre 2013 à  17:41 :

                La loi on l’invoque quand elle nous arrange et on la critique quand elle nous contraint. Tout dépend de quel côté de la barrière vous vous situez.

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  • Il dessine bien les bateaux Delitte, moins les personnages, mais pour les bateaux il est imbattable.

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  • Redressement Judiciaire= collectors
    5 septembre 2013 18:21

    Certains albums n’ayant été acceptés nulle part avant que 12bis les prenne, ne risquent pas d’être republiés ailleurs, ça va donner des collectors.

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    • Répondu le 5 septembre 2013 à  23:04 :

      Tu parles des Bourgeon bien entendu ?

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    • Répondu le 5 septembre 2013 à  23:18 :

      Les Bercovicci peuvent allés chez Dupuis ou Bamboo.

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    • Répondu par Marazano le 6 septembre 2013 à  02:12 :

      Mais oui bien sûr, tous les auteurs qui ont signé chez 12 bis n’avaient pas d’autre choix ... Vous dites n’importe quoi ... il ne vous est pas venu à l’idée que de sauteurs aient pu avoir envie de faire un bout de chemin avec cet éditeur ?

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    • Répondu le 6 septembre 2013 à  08:16 :

      Pas besoin de changer d’éditeur pour ne pas voir un bouquin rééditer et tomber aux oubliettes.

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      • Répondu par Oncle Francois le 6 septembre 2013 à  12:01 :

        et voila, tout s’arrange ! Glénat va grossir son chiffre d’affaires cette année, et il sauve du chomage bien des auteurs. Seuls les soldeurs professionnels et les acheteurs radins vont pouvoir se plaindre !

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        • Répondu le 6 septembre 2013 à  18:54 :

          Le chômage n’existe pas pour les auteurs bd.

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          • Répondu par Aurélien le 7 septembre 2013 à  04:08 :

            Malheureusement le chômage existe bien pour les auteurs bd, mais il n’est jamais indemnisé, ils n’ont que les yeux pour pleurer.

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            • Répondu par Oncle Francois le 8 septembre 2013 à  16:43 :

              Oui, enfin, il ne faut pas confondre les auteurs qui publient chez les grands éditeurs (à qui l’on reproche des fois d’être commercial : comme si c’était un défaut de vouloir vendre en faisant gagner de l’argent à ses auteurs), il doit y en avoir une dizaine en France, compte tenu de tous ces regroupements), et tous les autres qui ont peu de trésorerie, peu de moyens, peu de débouchés, et pour seule visibilité, la publicité que leur offre parfois une presse bien empressée !°). Ceux-la doivent se retrouver parfois au chomage, et je ne parle même pas du sort difficile des jeunes diplômés d’arts graphiques... là, le recyclage vers la publicité ou l’animation (films ou jeux vidéos) est conseillée.

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  • JEAN-YVES DELITTE : Le Joli Conte du Redressement Judiciaire
    25 septembre 2013 21:19, par Fitzcarraldo

    Finalement vat-on retrouver UBoot et les autres albums de JY Delitte chez Glénat ou pas ?

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