Japan Expo 2016 : Rencontre avec Yoko Hanabusa et Harumo Sanazaki

10 juillet 2016 0 commentaire
  • Invitée à l’occasion des 30 ans de « Gwendoline », Yoko Hanabusa était en conférence en duo avec Harumo Sanazaki, professeure de manga, pour une petite leçon qui, malheureusement, n’est pas allée au fond des choses...

Publié de 1986 à 1993, Gwendoline, ou Lady Lady !! dans sa version originale, a connu au Japon un vif succès et une adaptation en animé rapidement diffusée chez nous, sur La Cinq en 1989. Bien que Yoko Hanabusa ait débuté en 1978 et ait signé des dizaines de titres, Gwendoline reste son titre-phare, au point qu’elle en a publié une suite, en 2008, en raison d’une forte demande de ses lecteurs.

Habituée des festivals en Asie et en Europe, Yoko Hanabusa en est à sa cinquième visite en France ! Sa première visite fut en 1998 lors de Cartoonist (Toulon), puis elle revint en 2007 pour Manga Expo (Paris), ensuite en 2012 lors de Japan Expo Sud (Marseille) puis quelques mois plus tard pour Paris Manga.

Japan Expo 2016 : Rencontre avec Yoko Hanabusa et Harumo Sanazaki
De droite à gauche : Harumo Sanazaki et Yoko Hanabusa
Photo : Guillaume Boutet

Yoko Hanabusa a également enseigné pendant deux ans à l’université d’art de Nagoya et, depuis 2000, elle enseigne les méthodes de réalisation du manga à l’Université de création de Toei Animation.

Sa venue cette année coïncide avec la publication depuis 2015 chez Isan Manga de Gwendoline, prévue en six tomes, dont trois sortis pour le moment.

Harumo Sanazaki a, de son côté, fait ses débuts en 1981, signé plus d’une centaine d’œuvres, parmi lesquelles Angel Wars et une adaptation du Fantôme de l’Opéra. Depuis 2011 elle travaille également à la production de films.

Harumo Sanazaki s’implique beaucoup dans les échanges internationaux depuis 1997 en proposant des masterclasses sur le manga en Chine (Pékin, Shanghai, Chengdu), à Taïwan (Taïpei), en Corée (Séoul), en France (Paris, Toulon), aux États-Unis (Los Angeles) ou encore en Belgique (Gand). Elle également membre de la Société Shakespeare.

Photo : Guillaume Boutet

Réunis pour une conférence commune, trop courte, de 30 minutes, les deux artistes sont revenues à la fois sur leur parcours et sur leur regard du marché actuel du manga au Japon.

Yoko Hanabusa a d’abord expliqué qu’elle dessinait depuis l’âge de huit ans, sans jamais s’être lassée et qu’elle restait aujourd’hui encore déconcertée de son succès en France, dont elle a pourtant connaissance depuis presque vingt ans maintenant.

Harumo Sanazaki nous a parlé de son enfance malade, puis de sa découverte tardive du monde extérieur, de sa passion pour les films et les comédies musicales, et de l’importance pour elle de la littérature qui lui a inspiré nombre de ses œuvres, comme Le Fantôme de l’Opéra ou Macbeth. Ce sont des histoires qui l’ont émue et c’est assez naturellement qu’elle a eu envie de les dessiner.

Photo : Guillaume Boutet

Yoko Hanabusa est ensuite revenue sur les façons de devenir mangaka. Jusqu’il y a vingt ans, elles étaient seulement au nombre de trois : envoyer des planches à un éditeur, les envoyer à un journal ou participer à un concours. Depuis une dizaine d’années, une quatrième voie s’est ajoutée : l’auto-publication sur Internet.

Enfin, parlant du marché actuel du manga au Japon, Harumo Sanazaki constate que, si la qualité technique des dessins s’est grandement améliorée ces dernières décennies, elle se désespère toujours de la frilosité des éditeurs qui n’osent pas suffisamment expérimenter, et préfèrent privilégier les histoires faciles et peu profondes.

Sur le numérique, les deux artistes se montrent également sévères. En effet, elles ont noté qu’avec ce procédé, il est facile de revenir en arrière sur son travail, ce qui encourage à se montrer moins attentif lorsque l’on dessine, ce qui contribue à affaiblir son attitude face à la création à leur sens.

Pour terminer, et en tant qu’ancienne professeure à l’université, Harumo Sanazaki a donné aux auditeurs ce conseil simple mais essentiel : il faut lire autre chose et beaucoup de choses quand on désire faire du manga !

C’est ainsi que s’acheva cette conférence au déroulement que vous aurez remarqué sans doute un peu déstructuré et sans fil rouge. La raison en est sans doute l’absence d’un vrai interviewer pour guider et développer la conversation. Dommage.

Photo : Guillaume Boutet
Le dessin de Harumo Sanazaki
Photo : Guillaume Boutet

(par Guillaume Boutet)

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