Japan Expo 2019 : la rencontre avec Leiji Matsumoto

9 juillet 2019 0 commentaire
  • Leiji Matsumoto était l’un des trois invités d’honneur du 20e impact de la Japan Expo. À cette occasion, le célèbre mangaka s’est confié sur son parcours, ses influences et a déclaré sa flamme à la France. Ce fut également l’occasion pour le père d’Albator et d’Émeraldas, de s’adonner à l’exercice du live-drawing, qu’il passe avec succès !

Né à Kurume, sur l’île de Kyushu, fils d’un père pilote de l’armée impériale japonaise, Leiji Matsumoto se destinait à une carrière militaire. Une myopie juvénile viendra contraroer ses rêves, tant mieux pour nous !

Au cours de la conférence, Matsumoto expliqua que son goût pour l’exotisme et sa tendance à puiser ses idées en dehors du Japon et de sa culture s’expliquaient par ses origines familiales. Descendant d’ambassadeurs ayant fait le tour de l’Europe durant la transition entre l’époque d’Edo et l’ère Meiji, le clan d’Akira Matsumoto. De fait, sa création s’inscrit dans la lignée de ces globe-trotters : du western américain dans Gun Frontier, à ses personnages blonds et occidentalisés, en passant par sa collaboration avec les Daft Punk, Matsumoto est aujourd’hui considéré comme l’un des chantres de l’interculturalité.

Japan Expo 2019 : la rencontre avec Leiji Matsumoto
© Manon Dias Santos

Matsumoto pense que les expériences passées des membres de sa famille sont inscrites dans ses gênes, expliquant ainsi son goût pour les cultures européennes et notamment française, qu’il n’a cessé de célébrer tout au long de cette conférence.

Du cinéma français avec le film de Julien Duvivier, Marianne de ma jeunesse, sorti en 1955, à la Joconde venue jusqu’à Tôkyô, en passant par Notre-Dame de Paris, l’octogénaire y va à chaque fois de sa petite anecdote, à la fois drôle et touchante, exprimant son amour pour la France.

Cette affection dépasse le simple stade de l’intérêt puisque l’artiste collectionne de nombreuses pièces militaires françaises. Une pièce de son logis est dédiée à cette passion : on y retrouve des uniformes, des armes et accessoires militaires d’origine française.

© Manon Dias Santos

Et cette passion influence son œuvre : le mangaka nous apprend ainsi que le célèbre Cosmo Dragoon, aussi appelé Cosmo Gun, arme de poing surpuissante présente dans de nombreuses séries de l’univers de Matsumoto, de Queen Emeraldas, à Galaxy Express 999 en passant par Albator ou Cosmowarrior Zero, est en réalité inspiré du Colt 1848 Dragoon Pistol que portaient les membres des unités de dragons français.

Tout au long de ces explications, Matsumoto s’applique, au cours d’un live-drawing, à représenter les deux personnages-phares de son univers : Albator et Emeraldas. Il dessine d’ailleurs cette dernière de profil, chose assez rare pour être remarquée !

© Editions Kana

Leiji Matsumoto n’est plus uniquement influencé par les cultures occidentales, il les influence lui aussi. Peu de temps avant le lancement de cette édition 2019 de la Japan Expo, paraissait aux éditions Kana une adaptation au format franco-belge des aventures du célèbre corsaire de l’espace, Albator : Mémoires de l’Arcadia, par Jérome Alquié, inaugurant la collection Kana Classics. Élaborée en étroite collaboration avec Leiji himself, ce dernier s’est montré plutôt enthousiaste quant au rendu final.

Concernant les futurs projets entourant son univers, une trilogie de films est annoncée depuis maintenant deux ans. Le premier volet, intitulé The Zero Century, devrait sortir sur kles écrans l’année prochaine, mais la communication à ce sujet se faisant de plus en plus rare, certains fans ont préféré s’adresser directement à l’auteur pour plus de précision : il s’est alors fait évasif, expliquant qu’il avait préféré déléguer ce projet, mais que les responsables qui s’en occupaient avaient toute sa confiance !

(par Thomas FIGUERES)

(par Manon DIAS SANTOS)

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