Japan Expo 9ème Impact : Go Nagaï et le miracle Goldorak

3 juillet 2008 2 commentaires
  • Ceux qui s’interrogent sur les raisons du succès des mangas devraient se pencher sur la carrière de Go Nagaï. De santé fragile, il est l’auteur d’une production colossale quasi inédite en France : près de 250 séries différentes de manga, une soixantaine de dessins animés ou d’anime télé tirés de son œuvre et une trentaine de films ou série télé en live ! Il est présent cette année à Japan Expo.

Les clichés ont la vie dure. Une certaine propagande anti-dessins animés japonais des années 80 avait diabolisé Goldorak en stigmatisant sa violence, son animation « minimale », et ses scénarios « simplistes ». Premier grand succès du dessin animé japonais en France, la création de Go Nagaï, une série télévisée de 74 épisodes de 26 minutes produite par Toeï animation en 1975, arrivée sur les écrans de Récré A2 (Antenne 2) le 3 juillet 1978 et souvent rediffusée depuis, est devenue un symbole au point qu’il prête ses atours aux « Nagmas » envahisseurs d’Astérix.

Japan Expo 9ème Impact : Go Nagaï et le miracle Goldorak
Goldorak est le phénomène japonais des années 80
Goldorak © Go Nagai / Shueisha – 1975

Pourtant l’apport de Go Nagaï à son époque ne se limite pas à ce super-robot devenu monstre sacré qui surfait alors sur la vague des mechas (pour mechaniks), ces grands robots articulés pilotés mentalement par des héros.

Cet ancien assistant de Shôtarô Ishinomori, l’auteur de Cyborg 009, est l’un des premiers auteurs de l’archipel à instiller dans ses récits une touche plus adulte. Au point de faire scandale en 1968 avec Harenchi Gakuen (Shueisha, 1968) pour avoir osé aborder un discret érotisme dans une aventure se passant dans un lycée.

Les ligues de vertu se déchaînèrent. Malgré lui, Go Nagaï devient la coqueluche des émissions de société à la télévision. Le magazine Shônen Jump qui vient de se lancer bondit à un million d’exemplaires par semaine. Go Nagaï devient super-bankable et il ne manquera pas de saisir cette opportunité : en 1969, il fonde sa propre société avec ses frères, Dynamic Visions.

Thomas Sirdey, vice-président de Japan Expo et Go Nagaï
Photo : Didier Pasamonik (L’Agence BD) - Reproduction interdite

Sans éditeur conservateur pour lui servir de tutelle, Go Nagaï en donne pour leur argent aux pères-la-pudeur : histoires sanguinolentes de vampires, Magical girls érotisées, thrillers haletants,… Go Nagaï en produit en coulée continue. Il a découvert la pierre philosophale du succès. La plupart de ses créations sont adaptées au cinéma ou à la télévision. À la tête d’un studio, l’enfant fragile aux nuits agitées, né en 1945 un mois après l’explosion de la Bombe, a réussi à bâtir une œuvre avec ses pires cauchemars.

Il est présent à Japan Expo cette semaine. Ne manquez pas de venir voir le phénomène.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • Japan Expo 9ème Impact : Go Nagaï et le miracle Goldorak
    24 février 2010 17:39, par KARA-MOSTEFA

    Bonjour,
    j’amerai savoir pourquoi ne pas faire une suite de Goldorak et surtout un film comme les autres BD spiderman,superman, batman avec des acteurs jeunes et connus.
    je suis sur que cela aura un impact trés grand dans les cinémas, car ça nous marqué toute notre génération des années 80 à ce jours, dans le cas je suis prêt à participer au idées proposés et plus.
    Cordialement.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 25 février 2010 à  12:17 :

      Des suites, des préquelles,des refontes de Goldorak il y en a eu des tas, Goldorak étant lui-même dérivé d’une première série nommée Mazinger. Bon c’est vrai tout n’a pas été diffusé en France (loin s’en faut)

      Répondre à ce message