Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps - Par Cestac & Teulé - Dargaud

11 février 2009 2 commentaires
  • Charlie Schlingo fut en quelque sorte un Velvet Underground de la bande dessinée : peu de gens ont acheté ses livres de son vivant, mais la plupart d’entre eux sont devenus auteurs à leur tour. Florence Cestac et Jean Teulé, qui l’ont bien connu, lui consacrent une biographie à l’épitaphe délicieuse : « {Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps} ».
Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps - Par Cestac & Teulé - Dargaud
Le carton d’invitation à une exposition hommage à Charlie Schlingo
à la librairie Goscinny en 2007

Florence Cestac, avait déjà publié un ouvrage sur l’histoire récente de la BD : La Véritable Histoire de Futuropolis, vision forcément subjective d’une maison qu’elle avait créée et animée avec Étienne Robial. Elle enfile à nouveau sa casquette d’historienne (avec licence poétique) pour rendre hommage à Charlie Schlingo, sur des textes de Jean Teulé.

Décédé en 2005, Charlie Schlingo a traversé le paysage de la bande dessinée en poète déglingué. Frappé par la polio, dont on découvrira le vaccin quelques mois après sa naissance, celui qui ne s’appelle pas encore Charlie (il est né Jean-Charles Ninduab en 1955), vit une enfance et une adolescence difficiles, qui marqueront de manière indélébile sa vie d’adulte. Pour esquiver son handicap, il marche sur les mains. Quand on l’insulte, il répond avec des néologismes sonores comme « Sonnlegroin ». Méprisé par ses parents, c’est auprès de sa Goro-Goro (sa nonna italienne qui l’abreuva de bandes dessinées) qu’il trouve refuge, pour mieux prendre son envol. Il s’appellera Charlie Schlingo, et fera de la bande dessinée !

De sa rencontre avec le Professeur Choron pour Charlie Mensuel, à son groupe de rock Les Silvers d’Argent, en passant par Futuropolis ou Métal Hurlant, Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps évoque quelques un des grands moments de la trop courte vie de Charlie Schlingo.

Vitrine de la mini-expo Schlingo à la Librairie Goscinny en 2009
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Autoproclamé « Roi de la Lose, Bonheur des Soldeurs, Roi des Retours », Charlie Schlingo était un personnage entier, bagarreur, autodestructeur, généreux. Ce touchant hommage est une belle marque d’amitié que lui montrent une dernière fois Cestac et Teulé. Une bande dessinée que l’on referme la gorge serrée, avec l’envie de s’exclamer : « Gaspature ! ».

(par Morgan Di Salvia)

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La brève que nous consacrions au décès de Charlie Schlingo en 2005

Lire notre interview de Jean Teulé et Florence Cestac sur Charlie Schlingo et cet album.

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