Jean Barbaud ("Les dézingueurs") : "Il y a bien souvent plus de mouvement dans la BD que dans certains dessins animés !"

10 janvier 2010 0 commentaire
  • Nouvel arrivé chez Bamboo, Jean Barbaud associe ses deux passions : dessin et aviation à travers des publications iconoclastes et pleine d'humour à propos d'objets volants très bien identifiés!

Au fil des albums il propose à ses lecteurs des loopings un peu dingues, des gags supersoniques et d’amusantes caricatures d’avion. Après les aventures du Lieutenant Mac Fly, il vient d’atterrir chez Bamboo avec une nouvelle série, les Dézingueurs scénarisé par Hervé Richez.

Décollage immédiat !

D’où vous vient cette passion pour ces merveilleux objets volants ?

Jean Barbaud : Il n’y a pas de raison particulière… Hormis peut-être un oncle, Jean Barbaud ("Les dézingueurs") : "Il y a bien souvent plus de mouvement dans la BD que dans certains dessins animés !" que j’ai d’ailleurs très peu connu (il est décédé, je devais avoir 3 ou 4 ans ). Il s’était engagé dans l’armée de l’air et avait suivi une formation aux États-Unis pour être pilote de chasse ; de retour en France, il a surtout volé en hélicoptère.

Mon intérêt pour l’aviation vient plutôt de passions traditionnelles pour les ados de mon époque en tout cas : la passion du maquettisme, quelques lectures… dont les livres de Pierre Closterman, l’As le plus titré de l’armée française, une référence pour les amateurs !

Pas d’influences, côté BD ?

J.B. : Si bien sûr, les Chevaliers du Ciel ou Buck Danny, comme tout le monde je dirais ! Mais je ne crois pas que c’est ce qui fut déterminant ! Par ailleurs, mon père étant dépositaire de presse, il faut dire que j‘avais très facilement accès à tous « les illustrés » de l’époque, il est probable que tout ça a eu une certaine influence !

Les nouveaux chevaliers du ciel : Barbaud et Richez ?

Encore une nouvelle série consacrée aux aviateurs, mais éditée cette fois chez Bamboo….

J.B. : La série Lieutenant Mc Fly sur un thème voisin parue chez Delcourt commençait à s’essouffler, surtout en terme de diffusion. Fred Duval qui écrivait les scénarios m’avait proposé d’autres projets qui n’ont malheureusement pas abouti. Là dessus, Hervé Richez scénariste chez Bamboo, qui a fait son service militaire dans l’aviation ( mais oui !), et qui connaissait déjà mon travail (ne serait-ce que par les recueils de dessins ) m’a contacté : il souhaitait intégrer cet univers à la collection humour, c’est comme ça que sont nés les Dézingueurs.

Faire du gag sur la Guerre du Pacifique, est-ce encore d’actualité ? Comment cette série a-t-elle été accueillie ?

J.B. :Tout le monde a plus ou moins entendu parler de la Guerre du Pacifique, c’est pourquoi le choix du contexte des Dézingueurs ne nous semblait pas être un obstacle au succès de la série qui, par ailleurs, a plutôt bien « décollé ». On y retrouve un peu toutes les tranches d’âges : aussi bien des nostalgiques de séries « à la Buck Danny » mais aussi des plus jeunes sans doute plus sensibles au premier degré de certains gags. Évidemment, l’esprit puise beaucoup dans des films comme 1941 de Spielberg ou la fameuse série télé les Têtes brûlées, que j’ai revue en DVD.

Certains personnages sont directement inspirés du cinéma comme Lee Marvin pour le colonel par exemple. Enfin, situer l’action pendant la Guerre du Pacifique me posait moins de problèmes. Les mêmes gags avec des avions marqués de croix gammées m’auraient gêné.

Les dents de la Guerre, 144 pages de zincs aux grandes dents !La sortie de ce premier tome des Dézingueurs est accompagnée d’un superbe recueil de dessins Les Dents de la guerre. Pouvez-vous nous le présenter ?

J.B. :Il s’agit en effet d’un recueil de très belle qualité qui réunit les dessins que je réalise pour la revue Le fana de l’aviation. Il y a quelques inédits et des invités en fin d’ouvrage : Manchin, Vatine, Romain Hugault et quelques autres. J’avais déjà publié plusieurs dessins dans de précédents volumes, Gueules de Zinc chez Vent d’Ouest et Pompiers en zinc chez Mosquito.

Caricaturer tous ces avions m’amuse beaucoup mais demande tout de même pas mal de documentation, certains lecteurs restent vigilants. Certains vont jusqu’à comparer avec les maquettes et constatent parfois des imperfections sur… les maquettes !

Bref, c’est une façon de revisiter une partie de l’histoire de l’aéronautique dans le Lieutenant Mac Fly un gros bouquin (144 pages !) sans se prendre trop au sérieux mais en faisant les choses très sérieusement ! Le titre fait référence aux fameuses peintures qui recouvraient le fuselage. C’est ce qui a guidé mon choix pour les avions, mais il y a de tout ! En faisant mes recherches, j’ai découvert des peintures plus dépouillées, plus coquines, c’est marrant il y a toute une mythologie dans ce domaine assez extraordinaire !

Vous venez du dessin animé, vous avez notamment travaillé pour des séries à succès comme Il était une fois l’homme ou Inspecteur Gadget… avez-vous des projets dans ce domaine ?

J.B. :Après avoir pas mal travaillé dans le dessin animé, je m’en suis un peu éloigné. D’abord parce que je je prends beaucoup de plaisir (et de temps !) avec les Dézingueurs. L’accueil chez Bamboo a été vraiment sympa : il y a encore un côté artisanal et un suivi des auteurs dans cette maison que j’apprécie tout particulièrement !

Je suis sur un projet de production en 3D. Quelque chose autour du développement durable, du genre « Il était une fois la Terre » ou dans cet esprit… mais rien encore de précis pour l’instant ! Et puis, avec les Dézingueurs, je m’amuse beaucoup, vous savez ! Je m’aperçois qu’il y a bien souvent plus de mouvement dans la BD que dans certains dessins animés !

Et pour le reste ?

J.B. : Il y a pas mal de séries BD et aviation, c’est presque un genre. Il y a même un salon spécialisé, tous les ans au Bourget. La série semble bien marcher, un second tome est déjà prévu pour la fin 2010, après on verra avec Hervé ! De toute façon, rassurez-vous je n’ai pas encore épuisé le sujet.

La BD d’aviation a son salon !

Voir en ligne : Le blog de Jean Barbaud

(par Patrice Gentilhomme)

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