Jean-Claude Denis, seigneur de Blois, le temps d’un Festival

29 octobre 2008 4 commentaires
  • C’est Jean-Claude Denis qui est l’invité du 25ème Festival de la bande dessinée BD Boum, à Blois. Une manifestation devenue incontournable, caractérisée par son engagement citoyen et son intense travail pédagogique tout au long de l’année.
Jean-Claude Denis, seigneur de Blois, le temps d'un Festival
Jean-Claude Denis, l’invité du Festival BD Boum
Photo : D. Pasamonik

Créé par la Ligue de l’Enseignement 41 à Blois il y a 25 ans, ce festival a réussi à tracer une voie singulière dans le monde de la bande dessinée, ne méprisant aucun genre, ni aucun auteur, explorant des pistes de réflexion nouvelles et travaillant en profondeur l’usage pédagogique du 9ème art, par des actions toute l’année en direction des écoles, du milieu carcéral, par des expositions BD qui se prolongent au-delà de l’événement, avec quatre objectifs : artistique, pédagogique, social et citoyen. Un exemple.

De grandes expositions

La grande expo cette année, dont le commissaire est l’encyclopédiste Patrick Gaumer, l’auteur du Larousse de la Bande dessinée, est consacrée au talentueux Jean-Claude Denis, dessinateur, illustrateur, scénariste mais aussi musicien, un auteur dont l’œuvre s’impose par son caractère intimiste et dont l’éclosion à la fin des années 1970 [Luc Leroi, récemment Quelques mois à l’Amélie, La Beauté à domicile, (Dupuis) et Le sommeil de Léo (Futuropolis) ] accompagne le grand mouvement de la bande dessinée d’auteur si marquant aujourd’hui. Déjà lauréat de nombreux prix (dont un Prix du Dialogue et de l’écriture en 2003 à Angoulême), il a reçu en novembre 2007, le Prix Grand Boum-Ville de Blois, pour l’ensemble de son œuvre, ce qui lui vaut d’être l’invité d’honneur aujourd’hui.

Hermann, honoré par une rétrospective
Jeremiah de Hermann (Ed. Dupuis)

Autres expos à signaler : Un accrochage des travaux d’Émile Bravo & Jean Régnaud autour de leur album Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Bufallo Bill (Gallimard), un bijou de bande dessinée pour la jeunesse ; une exposition autour de David B et de son album Par les chemins noirs (Futuropolis) qui met en lumière un personnage déjà croisé chez Hugo Pratt, le controversé Gabrielle d’Annunzio ; une grosse rétrospective Hermann : Trait pour traits, une exposition Luz, un des dessinateurs satiriques les plus doués de la nouvelle génération de Charlie Hebdo qui chronique la musique actuelle avec drôlerie et justesse ; une exposition monographique sur Le nouveau western mettant en parallèle les travaux de Brüno & N. Pothier, J., O. & A-C. Jouvray et N. Dumontheuil ; une exposition Hubert & Zanzim autour des Transports sentimentaux , un « nouveau talent », présentation de l’album Salt Pit (Les Enfants rouges) par Sasha & François Vataux qui ont réalisé un album unique stigmatisant les prisons secrètes de la CIA ; une exposition Futuropolis, passé et présent de la BD d’auteur qui met en avant la continuité entre le Futuropolis de 1974 et celui d’aujourd’hui ; et enfin Parole d’illettrisme qui expose les planches originales du titre éponyme à paraître en 2008, et Gueules d’humour une exposition de dessins de presse.

Une figure du nouveau western par le gang des Jouvray
Editions Paquet

Concerts, spectacles et performances

Luz, qui a emmené avec lui son pote Rubin Steiner, un musicien contemporain mêlant swing & breakbeat, ragtime & hip hop, club et fox trot, cold & jazz…, de même que les Froadz kakeur’s, animeront les soirées. Le dessin animé Peur du noir continue son parcours qui sera projeté au cours du Festival.

Luz. Le dessinateur-star de Charlie Hebdo anime le festival d’une exposition et d’un concert.
Photo : DR - BD Boum

Les dessinateurs seront mis en scène avec Serge Pelé (Orbital chez Dupuis) qui réalisera en direct l’affiche du 100ème Festival de Blois ( !), une gageure destinée aux temps futurs puisqu’il semble évident qu’aucun de nous ne sera vivant au moment où aura lieu cette centième, si elle a lieu ! Quant à Denis Bajram (UW1 chez Soleil), il a bien voulu s’extraire de Bayeux le temps d’un week-end pour tâter de la palette graphique en public.

Débats & conférences

Des pièces de théâtre : Un artiste chat par J-C. Denis, par la Compagnie Troll, ou Les contes imbéciles par Olivier Ka & Alfred, de même que des formations, des rencontres avec de nombreux auteurs, notamment à la Maison d’arrêt de Blois, des ateliers, un cyber-espace, des conférences, des débats, notamment sur Mai 68 en présence d’Arnaud Bureau, Alexandre Franc et Willem ou encore sur « La crise ou la prospérité des magazines d’info BD avec les responsables des principaux magazines papier encore existants auront lieu au cours de ce festival à la programmation très riche.

Prix

Des prix enfin seront remis, comme de juste, ce week-end là. Mais ça, on aura l’occasion de vous en reparler.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

BD Boum - Les 21,22 & 23 novembre 2008.
Lieux : Halle aux Grains, la Maison du Loir-et-Cher, les bibliothèques et dans toute la ville de Blois.

Lire aussi : L’interview de Bruno Génini, le directeur du festival

En Médaillon : J-C. Denis - Photo : BD Boum - DR

Infos : bdboum@bdboum.com
Téléphone : 02 54 42 49 22
FAX : 02 54 42 25 69
Le site du festival BD Boum

 
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4 Messages :
  • Je ne comprends toujours pas pourquoi la France parvient à monter des festivals d’envergure (Blois, St Malo, Angoulême, ...), alors qu’en Belgique on arrive péniblement à organiser un festivaleke à Bruxelles.
    Si quelqu’un a l’explication...

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    • Répondu par François Pincemi le 29 octobre 2008 à  15:39 :

      Vous avez raison, la Belgique est le siège historique des revues Tintin et Spirou. Je m’y rend parfois car ce n’est pas loin des Ardennes. je dois dire qu’à partir de 10 000 habitants, on trouve au moins une excellente librairie BD. Et les rayons BD des hyper-marchés sont presque aussi fournis que des librairies françaises spécialisées ! Les petits (mais excellents !) libraires ne sont pas protégés par la loi Lang, ils sont donc obligés de déployer moult efforts pour rivaliser avec la grande distribution. Ils proposent donc des remises ponctuelles sur le neuf (de 20 à 30 !), mais aussi de nombreuses séances de dédicaces, des expositions et de la microédition. Et l’accueil y est chaleureux.

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      • Répondu par jo le 29 octobre 2008 à  17:32 :

        quel est le rapport avec le message sur les festivals en belgique ?

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        • Répondu par François Pincemi le 29 octobre 2008 à  19:15 :

          je voulais dire : la grand nombre de librairies bien achalandées, chaleureuses et dynamiques ne rend pas nécessaire l’organisation d’un grand festival, d’autant plus que la BD jouit déjà d’une excellente réputation chez nos amis belges. Elle n’a jamais été considérée là-bas (mais c’est tout prés de chez moi, par chance !!)comme le parent pauvre de la littérature, mais comme une genre d’expression populaire et tout public, fortement ancré dans la tradition.

          De plus, il y a très souvent en Belgique de nombreux petits évènements (foires aux vieux papiers, brocantes, conventions, rendez-vous des collectionneurs) qui permettent de passer un bon moment pour pas cher, dans une ambiance bon-enfant et pour un prix très modique (entrée à 5 euros voire gratuite, dans certains cas !!).

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