Jean-François Hautot et David Prudhomme ("Port Nawak") : "On s’est tournés vers une comédie absurde qui interroge les règles de notre société." :

29 novembre 2012 0 commentaire
  • Paru en 1999 aux Éditions Vents d'Ouest, {Port Nawak} est aujourd'hui réédité chez Les Rêveurs, dans un nouveau format et des couleurs aux plus proches des dessins originaux.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ? D’où vient cette idée de collaboration sur Port Nawak ?

David Prudhomme : On est arrivés la même année à l’école des Beaux-Arts d’Angoulême, section bande dessinée, en 1990.

Jean-François Hautot : Camarades de classe à l’école de BD. On faisait beaucoup la fête, de la musique, et un peu de BD aussi. Enfin, David dessinait déjà tous azimuts, de l’historique aux dessins d’humour fanzinesque !

DP : Découvrir les planches de Jean-François a été un choc. C’était explosif, habité par une pensée du monde à l’humour absurde mais bien noir, un travail qui ne se laissait pas découvrir aisément, pas dans la séduction mais fulgurant et excentrique ! Tout de suite eu très envie qu’on bosse ensemble. On a plutôt commencé par chanter et festoyer. On était des « potes boloniaises » avant tout !

(Les Potes Boloniaises était un groupe formé à l’école des Beaux-Arts d’Angoulême. Troubs, Kamel Tazit, Tanitoc, Jean-Jacques Rouger, Philippe Riche, David Prudhomme, Jean-François Hautot, Pierre Lapinou Bouvier, François Ayroles, et d’autres, se produisaient toutes les nuits en appartement.)

Jean-François Hautot et David Prudhomme ("Port Nawak") : "On s'est tournés vers une comédie absurde qui interroge les règles de notre société." :
Subliminable, page 2
(C) Jean-François Hautot

JFH : Pour le diplôme, on a tenté, entre autre, de bosser sur une obscure histoire d’extra-terrestres clandestins accros à la saucisse sèche d’Ardèche… ça n’a jamais abouti. Peut-être trop ambitieux !! Mais naturellement, on n’a pas voulu rester sur cet échec !

DP : 4 ou 5 ans plus tard, Jean-François en visite à Pau où j’habitais alors, m’a montré une courte séquence graphique, celle du personnage central, Issicol, dont la mallette s’ouvre et dont toutes les feuilles du dossier top secret contenues à l’intérieur s’envolent vers le village de Port Nawak...

Aussitôt, on s’est mis à improviser une suite, ensemble, crayons en main et puis ça s’est développé. Jean-François, rentré chez lui, a écrit le scénario complet.

JF : J’avais besoin de faire un rough de l’histoire pour choper le bon rythme, assez vague graphiquement pour pas polluer l’imagination du dessinateur.

DP : Même succinctes, les expressions des visages, les attitudes que Jef a croquées m’ont aidé à saisir ce désabusement amusant qui règne dans l’histoire. Ce degré d’humour noir que j’aime dans son boulot. Moi, je n’étais pas sûr de viser juste.

Une page de Port Nawak
(C) Hautot, Prudhomme & Les Rêveurs

JFH : Alors par la suite, quand David me dévoile la terrible tronche du héros, c’est un plaisir commun d’ajuster les dialogues à la personnalité. Il y a beaucoup de personnages, donc beaucoup de plaisir ! Et David en a rajouté une bonne couche !

DP : Les personnages ont un petit côté cartoon noir et blanc habillés de vieille comédie italienne. On peut penser à Betty Boop parfois, Don Camillo, une once de L’Etoile mystérieuse aussi...

On ajoute, on ajoute... Une couche après l’autre. Collage. Décollage. Détournement. Port Nawak emprunte aux landes, à la côte belge, autant qu’à un petit village de la côte sud de la Crète, Lendas...

JFH : Ah, Lendas… mais aussi Lourdes hors-saison pour le gros hôtel vide et la cour des miracles. J’avais visité avec David mais je ne sais plus si c’était avant ou pendant Port Nawak…

DP : Avant, j’espère...

Y a-t-il des références explicites dans Port Nawak, des auteurs et écrivains qui vous ont inspirés ?

JFH : Rien d’explicite… je cherche ! Ça tient plutôt de la ratatouille de références, donc c’est quand même cuisiné…

DP : Tout ça est mijoté, puis la sauce est réduite... et ça fait le plat. Tu as même inventé un plat typique de Port Nawak : à base d’araignées.

Une page de Port Nawak
(C) Hautot, Prudhomme & Les Rêveurs

Le personnage principal est un fonctionnaire rêveur qui écrit un roman de science-fiction et son chef s’appelle Maeker. Il y a peut-être du Gaston Lagaffe là-dedans ?

JFH : En effet, et peut-être même des Idées Noires à bien y réfléchir. Je pense que Franquin a beaucoup travaillé sur la notion du "n’importe quoi" ! Avec un regard tendre et cruel sur l’individu. Je me souviens de cette planche où un gars seul se réjouit d’avoir la compagnie d’un rapace, « Qui m’aime me suive... ».

L’oiseau qui chie sur Issicol, au début de l’histoire, tient sans doute de cette désespérance ! Et la lecture des Gaston, toute ma jeunesse, ne m’a pas aidé à bosser dans un bureau…

Dans Port Nawak, il y a le maire, le curé, l’idiot du village... On est dans une comédie de terroir, mais dans une station balnéaire improbable.

JFH : J’aime beaucoup les efforts de communications que déploient des collectivités désœuvrées pour attirer le touriste, ça donne justement souvent du grand n’importe quoi. Des ronds-points monumentaux, des musées du tire-bouchon, des concours de boules carrées, etc. C’est pathétique avec tendresse… ou on assume le non-sens, comme dans ce port !

Les personnages sont désoœuvrés, perdus dans la vie, complètement en marge...

JFH : Oui, mais ils survivent. C’est même leur activité principale. La fin du monde pourrait signifier des vacances pour eux, mais globalement, la peur est instinctivement plus forte. C’est une concentration d’individus qui seraient habituellement noyés dans la société, ils ne peuvent rien construire sans ambition commune, n’en voient même pas l’intérêt tant ils sont déconnectés. Mais l’instinct de survie, là encore, leur fait tenter quelques vaines initiatives.

Une page de Machin Truc Bidule Chouette
(C) Jean-François Hautot

Port Nawak... Le titre est du verlan, la langue où on prend les choses à l’envers...

JFH : La volonté de travailler sur la notion du "n’importe quoi". D’où les sujets abordés, la soumission, la croyance, la discipline, le paraître, le commerce… et l’amour, un peu. Il n’y a pas de provocations, juste l’envie de prendre du recul sur les règles bien-pensantes qui régissent nos sociétés, et s’interroger sur le libre-arbitre de l’individu à qui on impose tout ça, sa quête de sens. Et comme la BD se prête bien à l’auto-dérision… Mais l’iconoclasme peut évoluer... à remettre dans son contexte historique.

DP : L’épée de Damoclès de l’histoire c’est la fin du monde supposée imminente. Or c’est vrai, souvent, ce genre de sujet dans les fictions, semble légitimer des torrents de développements paranoïaques. Un peu de tenue !...

Face à cet impensable : la fin du monde, il semble plus juste d’imaginer l’incrédulité, et l’absurdité des solutions envisagées.

Dans la percussion entre cet ultimatum, la personnalité d’Issicol, et les habitudes de vie des habitants de Port Nawak, il y a un ressort comique puissant... On entre dans un anti-film catastrophe. En résumé, nous "désarmageddons".

Une page de Ninon Secrète
(C) Cothias, Prudhomme & Éditions Glénat

On sent la volonté d’être iconoclaste autant dans l’histoire que dans le dessin, dans ce que les lecteurs de l’époque pouvait connaître de Prudhomme (Vous dessiniez Ninon Secrète, une série historique chez Glénat, scénarisée par Patrick Cothias).

DP : Depuis toujours j’essaye d’ajuster le dessin au ton que j’imagine être celui de l’histoire. C’est ça mon fil à plomb pour le dessin. Là, c’est un autre ton que Ninon Secrète, donc un autre dessin. Mais dans Ninon déjà, le dessin bougeait d’un album à l’autre.

Mais lorsqu’on est lecteur, je le suis aussi je comprends ça, on aime bien suivre une patte qu’on apprécie... une musique qu’on rattache à un auteur... on scrute les petits pics et les petits creux d’un style... Mon dessin c’est les montagnes russes, ou de la voltige, c’est vrai que pour les lecteurs, c’est déstabilisant... pas un bon plan marketing... On peut apprécier une voix et ne pas supporter l’autre... Mais je ne sais pas parler de la même manière au lit ou dans une boîte de nuit, ça m’est impossible.

On sent une grande joie de dessiner dans cet album.

DP : Peut-être parce que les personnages sont bondissants, caoutchouteux, comme des jouets. Issicol, c’est un petit bouchon dans un port. Et la joie, elle vient de là, de la vis comica de l’écriture qui électrise les situations, dégonfle les baudruches...

Dans cette nouvelle édition, y a-t-il des changements par rapport à l’édition de 1999 chez Vents d’Ouest ?

DP : Relooking complet. Nouvel éclairage. Nouvelle couverture : une seule image qui court sur la quatrième et les rabats. Quelques planches redécoupées, une fin légèrement étendue et puis surtout une quadrichromie qui permet de faire ressortir les différents gris, chauds ou froids, utilisés. ce qui affine le ton final de la lecture. Le livre y gagne en souplesse. Le format aussi sera plus petit.

C’est drôle de voir l’album ressortir en 2012, une année où la fin du monde a été évoquée de nouveau, comme l’année de sa première parution, en 1999, avec le passage de la comète de l’époque et les peurs millénaristes qui s’y accrochaient.

Un panoramique : couverture et dos de Port Nawak
(C) Hautot, Prudhomme & Les Rêveurs

A la même époque que Port Nawak, vous avez réalisé plusieurs petits albums aux Éditions Charrette, Jacques a dit, Le Jeu du foulard, L’Oisiveraie. Quelle importance ont ces albums pour vous ?

DP : Toute cette phase correspond à une expérience de laboratoire. De la recherche, pas forcément appliquée, mais fondamentale. Un plaisir quasi fanzinesque. Ce qui est un luxe. Un plaisir de groupe aussi. Jean-François a d’ailleurs fait paraître un livre chez Charrette, un livre dont la couverture est en bois, sertie par des boulons. Loïc Dauvillier, éditeur de Charrette, a initié et permis ce délire et la rencontre avec Pascal Rabaté. Travailler avec Pascal sur Jacques a dit et Le Jeu du Foulard, c’était enthousiasmant. Pascal est quelqu’un d’enthousiasmant. On avait un terreau commun, l’amitié a fait le reste. C’était aussi la possibilité de voir comment mon dessin répondait encore à d’autres tons d’histoires, à un autre univers. Ça s’est poursuivi avec La Marie en plastique quelques années après...

Quant à L’Oisiveraie, c’était la première fois que j’écrivais seul une histoire un peu longue et ça me rendait presque honteux. Impossible pour moi de la livrer comme un album classique. Ça parlait d’un univers très clos, discret. Il me semblait qu’il fallait créer un dispositif qui ne délivre pas simplement une histoire... Loïc a imaginé un livre-objet. Il a même créé une maison d’édition qui se nommait "Le Rideau d’Arbres" uniquement pour ces deux albums de L’Oisiveraie. Comme un paravent supplémentaire.

Loïc a façonné des boîtiers en carton, glissé des images dans des pochettes cristal, collé d’autres images, puis glissé dedans le livret à lire, le tout fermé par un gros élastique, enfin, un gros boulot... Bref, un dispositif rigolo par lui-même qui contiendrait un univers minuscule, qui ne se livre qu’en prenant le temps de le décortiquer. C’était utopique, je crois qu’on y est pratiquement parvenu. Comme toute utopie, Le Rideau d’Arbres s’est évaporé.

Les jeux de découpage dans l’Oisiveraie
(C) Prudhomme & Le Rideau d’Arbres

Vous avez réalisé des albums seul ou avec des scénaristes. Qu’est-ce qui vous motive dans une collaboration ? Qu’est-ce qui vous en éloigne ?

DP : Si on compte bien, j’ai surtout travaillé avec d’autres. Je crois bien qu’ils m’intéressent plus que moi-même. Ça permet de rester lucide et éveillé. Parfois, j’embarque des amis dans mes obsessions. Mais parfois il y a, au fond de moi, des sujets ou des idées que personne d’autre n’a envie de porter. Je m’en soulage alors en les dessinant.

JFH : Je me souviens que David nous avait proposé, à moi et autres acolytes des Potes Boloniaises, Rébétiko, pour une expérience graphique collective. On l’a senti tellement habité par son projet qu’on a décliné l’invitation. Vu le résultat, on avait bien fait !

DP : Non.

Jeux de contrastes dans La Traversée du Louvre
(C) Prudhomme & Éditions Futuropolis

Vous semblez affectionner de poser un regard décalé sur les choses, de chercher des correspondances inédites. Votre album sur le Louvre recèle de ces détails cocasses.

DP : Le hors champ m’intéresse. En dessinant une image, je pense toujours aux à côtés de ce qui est cadré pour les besoins d’une histoire. Ils donnent à la trame principale, en la relativisant, du goût. J’aime les ponts, les résonances. La bande dessinée est propice, par sa construction même, à mettre ces résonances en relief. Sa nature c’est de jeter des ponts entre les images.

Dans cet album, je me suis donc concentré sur la plus petite unité spécifique d’une bande dessinée, le lien de deux images entre elles. Je voulais qu’on scrute la nature de ce lien. Et, d’une image à l’autre, on en suit l’évolution lente. J’ai tendu une sorte de structure minimale entre les cases. J’ai pas mal été marqué par le travail de l’architecte Frei Otto qui travaillait sur ces structures minimales, justement.

Ainsi, dans La traversée du Louvre, le suspens se résume à la question de savoir quel lien lie une image à la précédente et alors, quelle va être l’image suivante ? Et dans chaque image, quel est la nature du lien qui relie œuvres, architecture, et visiteurs... On est plongé dans cette mécanique là... ça forme une toile d’araignée. Il ne faut pas aller trop vite pour réussir à ce que ce fil ne casse pas et il y a une tension à ne pas dépasser...

Ce qui m’a fasciné dans le musée, c’est de supposer les fils que les gens tissent involontairement entre les œuvres qui se succèdent. Le cerveau marche comme ça, il crée du sens entre les éléments, même inconsciemment, il crée des correspondances, des corrélations, entre les éléments qui se succèdent. Et donc je me suis mis en scène traversant les correspondances que j’ai tissées.

Un regard sur les visiteurs, dans La Traversée du Louvre
(C) Prudhomme & Éditions Futuropolis

Daumier, Dubout, ces artistes adoraient travailler sur les tronches. C’est quelque chose qui vous parle ?

DP : Sûr, la tronche, la trogne, c’est ma fascination première. Quand j’étais gamin, j’en remplissais des feuilles entières. Mais il me semble que Daumier façonne, malaxe, caractérise ses trognes. Dubout stylise, systématise, répète des schémas et cela provoque en grande partie le phénomène jubilatoire de ses dessins. Les deux atteignent alors des sommets par des voies différentes. Je les adore mais voilà, c’est le cas typique : j’adore les deux mais les chemins qu’ils tracent sont si différents. Du coup que faire...
Le dessin c’est un chemin, il n’y a qu’à suivre une ligne avec les yeux pour s’en convaincre... Il faut tenter de suivre le sien propre...

Le grotesque et l’humour ?

JFH : Comme un bon "saucisses lentilles". Bien préparé, avec des agréments, mijoté, il exhalera de doux parfums appétissants mais on ne perdra pas de vue que ce sont surtout des saucisses et des lentilles. Du rustique. Le trait est assez gros dans la vie quotidienne. On est souvent surpris par le peu de subtilité de certains événements et réactions. La brutalité. Là encore, la BD s’y prête bien. Le dessin est un amplificateur formidable et il exhale les parfums les plus subtils !

Ne pas oublier le digestif pour éviter de se prendre au sérieux. Ça me fait aussi penser aux repas de famille qui tournent mal, grotesque mais révélateur, parfois pour des choses bénignes, parfois pas, et d’une grande richesse dramatique.

DP : Rabelais m’a marqué au fer rouge. Ce goût de l’énorme je l’ai encore. Mais il est difficile à faire passer. On a une vieille tradition de la farce grotesque en France mais on l’a un peu enterrée, dépréciée, le miroir grossissant est souvent peu flatteur. On lui préfère le non sens des anglo-saxons, mais eux ont gardé un grand sens de l’auto-dérision...

La Farce de Maître Pathelin
(C) Prudhomme & Les Éditions de l’An 2

Le dessin d’humour ?

DP : Ça c’est un rêve pour moi, enfin le dessin d’humour, l’humour du dessin plutôt. Je vois ça comme une ligne de crête entre rigueur, idée, surprise, précision, détente décalage... La piste est étroite... difficile... la chute mortelle.

Le quotidien ?

DP : C’est pas une fin en soi. On peut décrire le quotidien et le romancer de mille façons, présenter ses mille facettes. Si on s’offre le temps de le regarder, le quotidien est pétillant, c’est la variété de la vie, après tout. Une rue, prenez une simple rue, même si vous y passez pour aller chercher votre pain, et bien cette rue dans laquelle vous marchez fourmille d’histoires qui s’entrecroisent et tissent une trame qui peut être passionnante. Voyez Gaston Lagaffe, il a une vie quotidienne très agitée.

Une citation de l’Art Poétique, de Boileau (1674) :
« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

DP : Globalement je m’y retrouve. Le plus difficile à traduire dans cette citation de Boileau, c’est le "Hâtez-vous lentement". Mais "vingt fois sur le métier...", sûr, c’est comme ça que j’avance, sans perdre trop souvent courage.

Quand il parle de polir, je pense à un caillou... J’ai grandi avec l’idée qu’un livre, ça reste. Un peu comme un caillou qu’on pose. Ce n’est plus tellement vrai dans l’économie actuelle du livre où les cailloux sont de plus en plus vite emportés dans un flot sans cesse renouvelé de nouveautés. Mais comme j’ai grandi avec cette idée, je peaufine mon travail pour laisser des cailloux polis du mieux que je peux, au fond de la rivière...

Un jour, chez Charrette, j’ai fait un marque-page représentant une trogne justement, dont le nez proche d’une chope de bière était, en son bout, recouvert de mousse. Et la légende disait "Même happé par l’ouvrage, de temps en temps, lève ton nez."

Au bistrot, dans l’Oisiveraie
(C) Prudhomme & Le Rideau d’Arbres
Jean-François Hautot, modèle de Villon, dans J’entroubliay
(C) Prudhomme & Alain Beaulet Éditeur

Ninon de Lenclos, La Farce de Maître Pathelin, des dessins autour de chansons de Piaf, Brel, l’adaptation d’un roman de Brassens, un livre sur Villon, le terroir tourangeau avec La Marie en Plastique, un album sur le Louvre, des dessins sur Jacques Tati... Vous êtes un dessinateur très « français » ?

DP : Non et oui. Il y a aussi Voyages aux Pays des Serbes, Japon, Rébétiko, Rupestres !. L’art paléolithique dépasse de loin le cadre français. Le Musée du Louvre est en France, mais j’y dessine les gens qui viennent du monde entier. Et Port Nawak peut se passer n’importe où. Alors je dirais que c’est du 60/40.

JFH : Je profite de l’occasion pour remercier encore David de m’avoir offert le rôle (physique) de François Villon dans J’entr’oubliay !

DP : Je profite de l’occasion pour dire que c’est bien normal. Villon et toi êtes indissociables puisque c’est toi qui nous l’a fait découvrir à Angoulême. Grâce à toi, on a mis en musique Le Lais.

Jean-François, à ma connaissance, vous n’avez réalisé qu’un album en tant que scénariste. Est-ce vous travaillez sur d’autres projets ? Est-ce que vous êtes dessinateur ?

JFH : J’ai écrit plusieurs scénarios mais suite à Port Nawak, il m’était difficile d’attendre un an une réponse sur un projet, et j’ai dû faire autre chose pour bouffer.

Mon dessin se prête plus volontiers à de courtes histoires plus introspectives, comme avec Machin Truc Bidule Chouette, un personnage que je suis aléatoirement depuis 20 ans.

Pour des histoires graphiquement plus complexes, ça m’amuse de solliciter les amis dessinateurs plus doués. Ils sont souvent aussi de bons scénaristes, alors faut être patient ! Mais toujours des projets pour s’amuser, notamment avec l’ami David.

DP : Une histoire qui s’intitule Mort & Vif.

Jean-François Hautot et David Prudhomme en Rabelaisie
(C) François Villon

(par Yohan Radomski)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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A propos de David Prudhomme, sur ActuaBD :

> « Le Rébétiko est une musique de parias » (Entretien en janvier 2010).

> "J’aime transcrire les petits rites de la vie" (Entretien en février 2008)

> La Marie en plastique T2

> Rébétiko (la mauvaise herbe)

> Rupestres !

> La Tour des miracles

> La Traversée du Louvre

> Quai des bulles 2009, une édition complète et agréable

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