Jean-Marc Pontier « L’écriture est quelque chose d’essentiel »

5 mars 2011 0 commentaire
  • Jean-Marc Pontier, auteur du roman graphique "Nouvelles penchées", nous décrit avec passion sa façon de travailler. Un auteur complet, qui a son propre style et qui accorde beaucoup d'importance à l'écriture.

Jean-Marc Pontier « L'écriture est quelque chose d'essentiel »

Comment vous est venue l’idée de l’album « Nouvelles penchées » ?

Nouvelles penchées fait suite à un autre opus publié en 2009 et intitulée Pièces Obliques. Ce sont des nouvelles graphiques de deux à dix pages. Ce n’est pas de la bande dessinée classique dans le sens où il n’y a pas de bulles. C’est narratif.

Le récit est très important pour vous ?

Il y a une ambition assez littéraire, car je viens à la fois de la peinture et de la littérature. Je suis aussi critique. Je viens d’ailleurs de publier une critique sur David B aux éditions PLG. Pour moi, l’écriture est quelque chose d’essentiel.

Donc vous commencez d’abord par l’écriture de l’histoire pour faire ensuite les dessins ?

Oui, je pars généralement de l’écriture pour aller vers le dessin. Mais parfois ça peut partir d’un de mes crayonnés que je trouve intéressant et que je veux donc intégrer dans une de mes futures histoires. Mais globalement c’est quand même le texte que préside à la création.

Nouvelles penchées est un album tout en noir et blanc ?

En noir, en blanc et en gris. Je tiens beaucoup au gris, car il y a d’infinis nuances entre le gris clair et le gris foncé. Je joue avec les ombres aussi. C’est un dessin expressionniste à l’encre de Chine.

Pourrait-on qualifier Nouvelles Penchées de bande dessinée intimiste ?

Je n’aime pas trop ce terme. J’ai la prétention de croire que ma bande dessinée dépasse le cercle de l’intime. Ce qui me fait plaisir, c’est quand un lecteur me dit « je me suis retrouvé dans telle ou telle histoire, ou je connais quelqu’un à qui c’est arrivé ». J’essaye de dépasser l’intime.

On bascule dans le fantastique par moments.

Oui parfois, il y a une intrusion du surnaturel. Il faut dire que j’aime beaucoup la littérature sud-américaine avec des écrivains comme Garcia-Marquez par exemple, avec qui on ne sait jamais où se situe la limite exacte entre le plausible et l’impossible, entre la réel et le rêve. J’aime cette idée là.
Et puis c’est vrai que certains de mes personnages sont une sorte de résumé de ce qui a pu arriver à plusieurs personnes à la fois.

Vous vous êtes inspiré de votre vie pour raconter ces histoires ?

Oui, de ma vie, mais pas forcément de ce qu’il m’arrive à moi. J’ai une vie assez banale et ça me convient ! (rires) Mais je m’inspire de ce que les gens me racontent.

Mais quelle est votre parcours ? Quelles études avez-vous faites ?

Bac Art Plastique et Lettres. Après j’ai fait une fac d’art plastique, puis j’ai bifurqué vers les lettres modernes. Maintenant j’enseigne le français, et à côté je fais cette carrière de dessinateur. Être professeur m’a permis par exemple l’an passé de mettre une année entre parenthèse pour me consacrer à l’écriture et notamment à l’écriture de cette critique sur David B.En fait, il y a une cohérence, car la critique, c’est aussi le désir de faire partager aux autres nos passions, ce qu’on aime et finalement l’enseignement relève du même procédé.

Comment s’est faite la rencontre avec les éditions des Enfants Rouges ?

Nathalie Meulemans, l’éditrice, avait une petite revue qui s’appelait Ping Pong. Je lui ai fait passer une histoire complète de neuf pages qui s’appelait Le Couloir et qui était en couleur. Cette histoire lui a plu et elle donc été publiée dans cette revue. Et puis après, l’idée d’un recueil a germé et ça a donné le premier : Pièces Obliques.

D’autres projets ?

Avec les éditions PLG, on est en train de monter un projet pour une future critique sur Nicolas De Crecy. Chez Les Enfants Rouges, j’ai un projet également même s’il ne verra pas le jour avant 2012. Cette fois, ce sera une longue histoire, je veux me prouver que j’en suis capable. Ce sera une histoire qui se déroulera à Marseille, ville dont je suis originaire.

Propos recueillis par Morgane Aubert

(par Morgane Aubert)

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