Jeremiah T. 30 : Fifty-fifty - Par Hermann - Dupuis

28 mars 2011 2
  • Un scénario assez poussif, des personnages secondaires un poil caricaturaux : cru très moyen pour ce 30e épisode des pérégrinations post-apocalyptiques de Jeremiah et Kurdy....

On devine une gigantesque métropole, désormais largement baignée par un fleuve charriant divers déchets et crocodiles... Dans ce paysage à la fois glauque et imposant, nos deux compères aventuriers convoitent un sac de diamants. Pour y arriver, il leur faudra mener une petite enquête et se mouiller, dans tous les sens du terme. Comme on peut s’en douter, des petits malfrats locaux ont eu vent du magot, et Jeremiah voit la menace des créatures à écailles doublée d’un danger encore plus sournois.

Schéma classique : les deux amis arrivent dans une ville, et se retrouvent avec de nouveaux adversaires. Ici, le point de départ est purement intéressé, un bon paquet de diamants. Auparavant, les enjeux pouvaient être humains, voire politiques.

On peut tout de même souligner pour les observateurs les plus attentifs, le retour d’Hermann à l’encrage (de chine) traditionnel, abandonnant les couleurs directes -ici placées sur fond bleu- procédé généralisé aussi bien pour ses one-shot que pour cette série. Le site de l’auteur l’explique fort bien dans une interview qui présente également des planches au stade du noir et blanc.

Ce qui déçoit dans Fifty-fifty, c’est le manque d’imagination du récit : de longues scènes d’attaque-défense avec des gangsters de seconde zone, des dialogues convenus... En dehors de rares moments, drôles ou chaleureux, entre Jeremiah et Kurdy, l’album obéit à une mécanique prévisible.

Jeremiah T. 30 : Fifty-fifty - Par Hermann - Dupuis
Jeremiah par Hermann © Dupuis 2011

La bonne idée, ce sont ces êtres mutants, humains à la peau écaillée, au langage atrophié, qui joueront un rôle-clé dans la lutte des sous-sols. À tel point qu’on aurait pu souhaiter une toute autre voie à cette histoire...

(par David TAUGIS)

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2 Messages :
  • Tant que le scenar n ’est pas de Hermann fils (voir la cata de la reprise de Bernard PRINCE)...

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    • Répondu par Matthieu V le 30 mars 2011 à  14:39 :

      J’ai egalement observe que les scenarios des derniers Hermann etaient plus minces ou avaient plus facilement* recourt au fantastique (mutants, diable, etc..). Ceci alors qu’il etaient relativement rares jusqu’il y a dix ans. Est-ce qu’on doit y voir la patte de Yves H, responsable du "diable des sept mers" ? Pourtant, celui-ci est capable d’inventer un scenario solide (Zhong Guo par exemple).

      *je sais, on va me rappeler l’excellent "Sigur", "les yeux de fer rouge" et "les eaux de colere", mais ils semblent meilleurs, plus fouilles que la production recente.

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