Jeronimus T2 - Par Dabitch & Pendanx - Futuropolis

29 mai 2009 0 commentaire
  • Retour d’un duo qui nous avait conquis avec le flamboyant {Abdallahi}. Les Bordelais Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx sont à la barre d’une trilogie sur le Batavia, navire amiral de la Compagnie des Indes hollandaises : {Jeronimus}, dont la deuxième partie vient de paraître chez Futuropolis.
Jeronimus T2 - Par Dabitch & Pendanx - Futuropolis
Détail de la couverture de "Jeronimus"
© Dabitch - Pendanx - Futuropolis

En s’attaquant au tragique destin du Batavia, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx livrent un récit historique particulièrement dense.

Faisant fi des clichés et du côté bavard ou maladroit d’une grande partie de la bande dessinée historique, les deux auteurs réussissent une belle prouesse. Dans cette fresque maritime, peinte à l’huile à la manière des maîtres flamands, l’accent est mis sur le personnage de Jeronimus Cornelisz. Lâche, retord, cet homme détestable est ici dépeint avec subtilité face à la mutinerie qui gronde. Au large de l’Australie, les liens entre les membres de l’équipage se distendent au fur et à mesure que la catastrophe se profile à l’horizon. La tension se fait plus forte à chaque page, et l’on apprécie particulièrement que les auteurs se soient octroyés une large pagination (plus de 80 planches en couleurs par volume) pour développer ce récit.

Classique dans sa narration, Jeronimus renoue avec la tradition romanesque qui a fait les grandes heures des collections Aire Libre ou A Suivre. Entre grande histoire maritime et relations entre personnes, l’équilibre est atteint. Cette deuxième partie évite l’écueil du ventre mou de la trilogie, le naufrage du Batavia servant de tremplin vers un final d’ores et déjà fort attendu.

Appuyé sur une solide documentation, Christophe Dabitch écrit avec précision et fluidité. Jean Denis Pendanx maintient le cap, sûr de ses pinceaux. Ces deux-là ont, en l’espace de quelques livres, trouvé une place de choix dans la bande dessinée réaliste, la qualité de leurs albums en atteste.

Un extrait de "Jeronimus"
© Dabitch - Pendanx - Futuropolis

(par Morgan Di Salvia)

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