Joann Sfar directeur de collection pour Bréal Jeunesse

2 décembre 2003 0 commentaire
  • Editeur scolaire, Bréal avait déjà goûté le travail de Joann Sfar en lui confiant l'illustration de textes classiques, comme {Le Banquet} de Platon et le {Candide} de Voltaire. Une tâche à laquelle l'ébouriffant dessinateur s'est attaché en bousculant quelque peu les canons du genre.

Poussant son avantage, le prolifique dessinateur invita ses petits camarades à se joindre à lui pour lancer chez le même éditeur une collection pour la jeunesse qui, elle aussi, sort des sentiers battus.

Joann Sfar directeur de collection pour Bréal Jeunesse
Orang-Outang
Textes de Sandrina Jardel et illustrations de Joann Sfar.

Sur les six titres de cette nouvelle collection, maquettée par le timonier de l’Association, Jean-Christophe Menu, deux sont assurés par l’auteur du Chat du Rabbin : « Monsieur Crocodile a beaucoup faim », un volume mêlant texte typographié et petites séquences dessinées contant l’appétit insatiable d’un drôle de saurien ; « L’atroce Abécédaire »donne une méthode originale pour dessiner les lettres de l’alphabet, avec des exemples puisés une panoplie insolite de mots, petits et gros. Un titre est illustré par lui : Celui de Sandrina Jardel qui, dans « Orang-Outan », prête ses mots à un petit garçon qui observe la faune du zoo du Jardin des Plantes, sans qu’on sache qui des humains ou des primates sont les plus ridicules.

Le Manuel du Puceau
de Riad Sattouf

Les trois autres volumes sont l’œuvre de proches amis du dessinateur : Émile Bravo profite de son trait à la Yves Chaland pour entrer plus loin encore dans le monde de l’enfance, avec C’était la Guerre mondiale. Mais dans son collège de garçons, la guerre ressemble trait pour trait à la Deuxième Guerre mondiale, et ce n’est pas une Guerre des Boutons ! S’il y en a bien un qui en est couvert, lui, de boutons, c’est le puceau de Riad Sattouf. Son « Manuel du Puceau » raconte le calvaire d’un jeune garçon quittant brusquement le confort cotonneux de l’enfance pour être confronté au rite de passage à l’âge adulte. Ce « premier pas » est loin d’être une partie de plaisir.

Emmanuel Guibert, dessinateur récemment très remarqué grâce à son album Le Photographe, nominé au Prix de la Critique, et complice de Sfar dans Les Olives noires (l’un et l’autre chez Dupuis), ferme le ban avec un conte burlesque teinté de science-fiction intitulé « Les Poixons ». Du beau travail !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire un extrait de Monsieur Crocodile

Illustration en titre : "C’était la Guerre mondiale" d’Émile Bravo.

  Un commentaire ?