Joann Sfar vs SGDL : l’auteur du Chat du Rabbin n’est pas tout seul

2 juin 2020 4 commentaires
  • On connaît l'histoire désormais : le 23 mai dernier Joann Sfar taillait un costard à la Société des Gens de Lettres (SGDL) sur France Inter. Diffamation ou pas ? La justice, saisie par la SGDL tranchera. Neuf jours plus tard, les tensions sont toujours là et un certain nombre de questions se sont ajoutées à l'embardée initiale,notamment sur la gestion de l'après-confinement pour les auteurs par les institutions. Joann Sfar est la figure de proue du mouvement, mais il n'est pas tout seul : il a reçu de très nombreux soutiens depuis l'annonce des poursuites engagées à son encontre..

Dans un débat aussi clivant que celui opposant Joann Sfar à la SGDL -dont vous pouvez retrouver notre analyse ICI- on voit rapidement se former des "camps" lorsque des personnalités ou institutions décident d’apporter leur soutien à l’un ou l’autre des parties. Il n’a donc pas été surprenant de voir la déferlante de soutien dont a bénéficié Joann Sfar, devenue la figure par excellence de l’auteur en opposition face à une institution à qui l’on prête l’intention de le « faire taire. »

Parmi ces alliés naturels, il y a évidemment la Ligue des Auteurs Professionnels, dont il est le président d’honneur. Elle a sans surprise défendu son champion dès les premiers instants de la polémique. Derrière, une autre association d’auteur s’est ralliée à cette déclaration : la Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse qui est partie prenante, en tant que fondatrice ; à la Ligue des Auteurs Professionnels. Dans un communiqué sans équivoque, la Charte a annoncé son soutien à l’auteur de Sardine de l’Espace, et pointé l’hypocrisie déjà bien dénoncée de la situation.

Joann Sfar vs SGDL : l'auteur du Chat du Rabbin n'est pas tout seul

« Comment la Société des Gens de Lettres, aujourd’hui l’association la plus dotée financièrement de notre secteur, peut-elle faire le choix d’attaquer en justice un auteur, président d’honneur d’une autre organisation professionnelle, quand il y aurait tant de procès à faire pour défendre notre profession ? » (cf le communiqué). La question est de saison : quelques semaines après la fin du confinement, on commence à peine a entrapercevoir les dégâts de la tempête.

En plus de ces deux institutions, Joann Sfar peut compter sur la solidarité de ses collègues, à l’instar de l’auteur Marc Lizano qui a organisé une pétition sur Change.org réclamant le retrait des poursuites par la SGDL et la mise en place par l’État d’élections professionnelles de représentant des auteurs au sens large pour assurer une vraie représentation syndicale. Elle a obtenu en quelques heures plus de 1000 soutiens.

Et en étudiant les motivations des soutiens de Joann Sfar, on se rend bien vite compte qu’il ne s’agit pas seulement de le défendre face à la SGDL, mais de se servir de la visibilité de cette polémique comme tremplin pour porter le fer sur des revendications datant de Mathusalem qui n’ont pas été considérées jusque là. Dans une certaine mesure, le clivage Sfar / SGDL apparaît comme la conséquence logique de l’effet "pschiiit" du Rapport racine et de l’année de la BD2020.

Après avoir favorisé un dialogue qui n’a abouti à aucune conclusion satisfaisante pour répondre aux inquiétudes des auteurs, les esprits s’échauffent, les tribunaux sont saisis, et les mots durs volent. Reste à voir si cette option de dialogue plus musclé aboutira à de meilleurs résultats.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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