Newsletter ActuaBD

Joker Vs The Mask - par Collectif - Urban Comics

  • Dans l'univers des comics, peu de personnages incarnent aussi bien le chaos que le Joker. Mais un autre personnage, peut-être légèrement moins connu (encore que...), peut prétendre au titre : The Mask. Que se passe-t-il lorsque le trublion du chaos rencontre le prince-clown du crime ? Rien de bon, vous vous en doutez... Mais le pire, l'innommable, l'abominable, serait que ce même Mask tombe ensuite entre les mains du pire chasseur de prime de la galaxie car là, ce serait l'univers entier qui se retrouverait en danger !

Gotham City fait face à une menace sans précédent : au cours d’un casse, le Joker a mis la main sur le Mask, et après l’avoir enfilé le voilà virtuellement invincible, et doté d’un don d’ubiquité bien pratique pour plonger la ville dans le chaos. Avec un Batman en convalescence après la cascade de trop et des inspecteurs de police impuissants, rien ne se dresse sur la route du Joker, à part... lui-même ?

Après cette première histoire haute en couleurs et franchement réussie, on attaque cependant le vrai gros morceau de l’album, la pépite insoupçonnée qu’on espérait plus voir débarquer en français, le crossover le plus délirant qui soit. The Mask featuring le mec plus ultra, le dernier Czarnien : Lobo. Quand le chasseur de prime le plus dangereux de la galaxie se met en chasse du Mask et finit par enfiler l’artefact, c’est à une menace d’un genre nouveau que l’univers entier fait face.

Joker Vs The Mask

Joker Vs The Mask - par Collectif - Urban ComicsLa rencontre entre l’arch enemy de Batman et la géniale création de John Arcudi et Doug Mahnke est une aventure de comics très connue des fans du Mask, qu’en France on a attendu très (trop) longtemps.

Parue initialement en 2000 pour surfer sur le tsunami Jim Carrey, la mini-série signée Henry Gilroy et Ramon Bachs se veut hommage aux cartoons qui ont inspiré le Mask, tout en lissant sensiblement le personnage qui perd au passage l’ultraviolence et le cynisme caractéristiques de sa période indé’.

Le résultat n’en reste pas moins très pêchu et bien fait, et l’assainissement en vue d’une diffusion tout public n’enlève rien à l’énergie du Mask qui, fusionné avec le Joker, s’élève à de nouveaux sommets de folie voire de débilité (dans le bon sens du terme).

Les dessins, hommages à la série animée de Bruce Timm entre autre, épousent le genre cartoonesque qui fonctionne si bien avec le Mask, mais restent un peu ancrés dans leur temps (en 2000, la façon dont sont dessinées Ivy, Harley et les Jokettes allait sans doute de soi mais aujourd’hui le gag paraît un peu lourdingue). Les auteurs profitent néanmoins pleinement des libertés permises par un personnage capable de briser le quatrième mur, et l’ensemble se déguste comme une bonne friandise un peu trop sucrée.

Lobo Vs The Mask

Avec ce crossover sorti en 1997 qui ressemble à un projet de fanboys sous amphet’, le Mask renoue avec le style ultra gore et détaillé de ses premières heures, et Lobo, bien qu’il ait subi une relative épuration de son vocabulaire, reste Lobo (les fans du personnage comprendront, aux autres nous ne saurions que trop vous recommander les intégrales consacrées au personnage par Urban Comics).

Et si on achète l’album pour le crossover Joker Vs The Mask, c’est vraiment avec ce Lobo Vs The Mask qu’on en a pour notre argent : la mini-série est aussi géniale que les fans pouvaient l’espérer, et les auteurs font preuve d’une audace et d’un talent rare de tous les instants. Le premier combat entre l’Homme et le Mask est tout simplement anthologique, tordant, captivant.

Au niveau de l’intrigue, les personnages se contentent de se balader de baston en baston (mais on en demandait pas forcément plus), motivé pour Lobo par l’argent et son addiction à la violence, pour le Mask par sa recherche perpétuelle du chaos absolu. Le cocktail des deux est détonnant, riche en cartouches et en effusions de sang.

Pour la partie graphique on en prend plein la tronche (comme les victimes collatérales des deux bonshommes d’ailleurs), le trait beaucoup plus mature que dans Joker vs The Mask colle parfaitement à l’ambiance du titre et aux personnages, et quelques moment de bravoure marquent durablement la rétine.

Ce Joker Vs The Mask est un album qu’on attendait pas forcément mais qui nous met une vraie claque. Les fans authentiques de Lobo (dont votre humble serviteur fait bien évidemment partie) ne peuvent que sauter au plafond en découvrant une nouvelle histoire du mec plus ultra en français, et l’ensemble est au final l’occasion pour les jeunes fans du batverse de découvrir aussi bien les racines comics du Mask que ce personnage singulier qu’est Lobo. À la fin de l’album, on est d’ailleurs invités à découvrir les autres publications du Mask chez Delirium, c’est sport de la part d’Urban.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

"Joker Vs The Mask" - par Collectif - 01/10/2021 - 208 pages - 20€.

 
Newsletter ActuaBD