Jouer en bande dessinée

2 janvier 2019 0 commentaire
  • Cette période hivernale est propice aux activités intérieures. Nous vous proposons trois sorties récentes pour égayer vos soirées au coin du feu : "Le Grand Jeu" d'Alix, "La Petite Lucie" ainsi que le cahier d'activités du "Loup en Slip" !

Jouer en bande dessinéeL’association entre jeu et bande dessinée ne date pas d’hier ! Très tôt, les périodiques historiques ont inséré différents jeux entre les pages de bande dessinée, jeux souvent animés par les héros de leur propre journal. Autre exemple emblématique : les différents jeux de plateaux et autres jeux de l’oie à l’effigie des héros d’Hergé, et que l’on gagnait en collectionnant les fameux "Points Tintin".

Cette adaptation ludique de séries BD bien connues du grand public a bien entendu perduré, car il était très facile d’utiliser les visuels des planches pour les imprimer sur des cartes à jouer, lorsque des dessins spécialement réalisés pour l’occasion n’étaient pas privilégiés. Ainsi, on ne compte plus les multiples jeux de plateau réalisés pour Astérix, Tintin, Bob et Bobette, Blake et Mortimer, etc. Une tendance qui continue avec le succès grandissant des jeux pour adultes, avec les sorties plus récentes consacrées aux univers d’Okko, Quai d’Orsay et d’autres.

"Le Grand Jeu" d’Alix

Pour célébrer le 70e anniversaire de l’apparition d’Alix dans le Journal Tintin, Casterman s’est associé avec la société de jeu PlayBac pour réaliser un jeu de "stratégie et conquête dans le monde antique, d’après l’univers créé par Jacques Martin.". Le jeu se constitue d’un grand plateau présentant la Mare Nostrum et le monde romain au temps de Jules César. Partant de villes séparées, les différents joueurs utilisent le dé et les coups du destin pour accomplir leurs missions respectives, à savoir visiter cinq villes importantes avant d’être le premier à rentrer à Rome pour faire son rapport.

Un plateau avec des villes, une course avant de rejoindre Rome ? Ce qui pouvait s’apparenter à une version un peu évoluée d’un jeu aux petits chevaux de bois, nous semblait une simple excuse pour fêter l’anniversaire d’Alix. Mais c’est en l’essayant que nous avons compris notre erreur… et que nous nous sommes réellement pris au jeu !

Certes, le concept de base reste d’une grande simplicité, mais il permet en réalité d’intégrer rapidement les règles, et surtout de jouer avec toute la famille. Nous pensons que même des enfants de six à sept ans peuvent participer avec de plus grands. Le Jeu d’Alix emprunte aussi à un autre jeu de plateau mythique, Scotland Yard : les villes à atteindre restent secrètes tant qu’elles ne sont pas dévoilées, le but de chaque participant reste mystérieux, et des stratégies se mettent alors en place.

Un jeu de déduction se rajoute lorsque les joueurs tentent de deviner les villes de leurs adversaires par élimination en fonction des villes restantes. Toutefois, quitte à modifier les règles, nous conseillons de cacher ces cartes lorsque vous ne jouez qu’à deux.

Autre avantage du jeu : la multiplicité des stratégies à mettre en place ! La diversité des cartes « Actions » (tels des coups du destin) vous permettent de faire évoluer votre quête à pas de géant ou de gêner considérablement vos adversaires. Mais comme vous devez choisir entre avancer votre pion ou prendre des cartes, différentes stratégies se présentent à vous. Cette diversité relance l’intérêt du jeu, et vous permet de jouer plusieurs parties d’affilées sans aucun effet de lassitude !

Enfin, le fait d’avoir des villes communes à divers joueurs vous force à vous combattre à coups de dés ou de cartes. Le rythme de la partie change donc, en fonction des combats et de la stratégie que vous allez mettre en place.

Déduction, multiplicité, diversité, mémorisation, stratégie : ce Jeu d’Alix nous a conquis, malgré son apparente simplicité. De plus, le soin apporté au graphisme des cartes, en particulier des villes, fait bien entendu référence aux albums de la série (ou des Voyages), et donne envie aux joueurs de (re-)découvrir les ouvrages en question. Une réussite !

Les points noirs de la Petite Lucie

Le second jeu met en scène une facétieuse petite fille que les lecteurs du Journal de Spirou connaissent bien, car La Petite Lucie y anime des jeux et autres bricolages depuis 1994. Une tête ronde, deux tresses dressées sur sa tête et un grand sourire, La Petite Lucie que son auteur Joan crée en 1987, a bénéficié de trois compilations de Jeux, gags et bricolages publiés dès 2002 chez Albin Michel…. mais rien chez Dupuis !

L’éditeur de Marcinelle se rattrape avec ce superbe ouvrage sorti il y a quelques semaines. Ce grand format (25 x 35 cm) de 90 pages présente des jeux de points à relier, et une fois la forme apparue, La Petite Lucie propose au jeune lecteur de la colorier.

Gros avantage, cet ouvrage a réellement été pensé dans un aspect aussi pratique que ludique. Le préambule en bande dessinée (dont nous conseillons la lecture aux parents) explique pédagogiquement tout ce qu’il faut savoir pour profiter au maximum de ces jeux, à commencer par le niveau de difficulté en fonction de la progression de l’enfant.

Comme chaque « dessin » n’est imprimé que sur un recto, on peut sans crainte colorier au feutre (ou peindre) les formes reliées. Ou pour plus de facilité, découper chaque page pour faciliter le travail de l’enfant.

Enfin, saluons la diversité thématique des formes à découvrir. Après dix-huit sujets amusants, une vingtaine de sujets se focalisent sur les grands peintres et leurs œuvres parmi les plus connues : La Joconde, le Cri, l’autoportrait de Van Gogh, etc. Sans oublier certaines sculptures telles que la Statue de la Liberté, le Penseur de Rodin ou le Colosse de Rhodes. Les solutions en fin d’album comportent des fiches pédagogiques qui permettent aux enfants et aux parents de comprendre les allusions placées par La Petite Lucie dans ses jeux. Une belle occasion pour jouer seul, puis se retrouver avec les aînés pour partager une page de culture… ludique bien entendu !

Jeux et activités psycho-ludo-slipo-pédagogiques !

Comme pour La Petite Lucie, le Cahier d’activités et jeux idiots du Loup en Slip permet à la fois de divertir les enfants, tout en leur proposant de revenir vers leurs parents lorsqu’ils se heurtent à quelques difficultés. L’ensemble du cahier a été imaginé et dessiné par Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz, les auteurs du Loup en Slip, la série dérivée des Vieux fourneaux et qui a pour objectif de réunir petits et grands autour de fables aussi cocasses que pédagogiques.

On retrouve donc ce même but pour ce cahier d’activités. Bien entendu, les autocollants, coloriages et autres jeux de sept différences pourront être réalisés par les enfants, mais ils viendront certainement chercher le concours de leurs parents pour comprendre le jeu des « 7 points communs » (l’inverse des sept différences) ou celui qui propose de retrouver le slip de personnages célèbres, tels que Darth Vador, Mario Bros ou Zorro. Bref, un ouvrage qui propose de rire et de s’amuser, seul et en famille, à l’image de l’appellation de « Jeux et activités psycho-ludo-slipo-pédagogiques » qui résume ce cahier d’activités aux yeux de leurs auteurs.

Wilfrid Lupano, scénariste des Vieux Fourneaux et du Loup en Slip.
Photo : Charles-Louis Detournay.

« Nous avons eu l’envie de réaliser de cahier d’activités pour faire vivre notre personnage autrement, explique Wilfrid Lupano. Puis, avec Le Loup en Slip, comme nous rions avec le principe du livre jeunesse, en tordant son cadre politiquement correct, nous avons voulu sortir un peu du cadre convenu du cahier d’activités, en rigolant avec l’outil proposé. Editorialement parlant, "Le Loup en Slip" représente d’ailleurs une série de nouvelles expériences pour Dargaud, à commencer par s’essayer au livre jeunesse avec la série en elle-même, qu’ils avaient accueilli sans a priori, mais sans espoir particulier. Et cela a tellement bien fonctionné qu’ils reviennent avec d’autres propositions, comme ce cahier d’activités. Mayana et moi nous sommes énormément amusés dans cette réalisation, car cela représente un incroyable terrain de liberté. Etant stimulé par l’éditeur, nous pouvons arriver avec des propositions alternatives, comme certains jeux qu’un enfant en bas âge ne pourra pas réaliser seul, mais grâce auquel il apprendra de nouvelles choses, apportées par ses parents ou ses grands-parents. De la même façon que le Loup en Slip a été pensé comme un moment de lecture partagée (à mi-chemin entre la BD et du livre jeunesse), nous avons prolongé cet esprit avec ce cahier… tout en restant focalisé sur des histoires de slip complètement débiles ! »

« Avec Wilfrid, nous avons réalisé des brainstormings de jeux rigolos, continue Mayana Itoïz, Ce qui était d’un côté très sympa, et aussi très différent de la série en elle-même. Ce cadre de liberté m’a permis de mélanger les saisons et les animaux, et surtout nous a donné plein d’idées pour d’autres cahiers d’activités, par exemple centré sur les expressions ou les jeux de mots. On peut ainsi imaginer des jeux rigolos, voire absurdes, et de les mélanger avec des activités plus pédagogiques. On l’a d’ailleurs appelé « Jeux idiots » pour que les lecteurs ne soient pas surpris d’y retrouver des activités aberrantes, qui feront rire parfois les enfants… ou leurs parents ! Voilà ce qu’on retrouve dans ce premier cahier. Et puis, on espère en réaliser d’autres par la suite. »

Paul Cauuet et Mayana Itoïz, dessinateurs respectivement des Vieux Fourneaux et du Loup en Slip.
Photo : Charles-Louis Detournay

Voici donc trois propositions de jeux, aussi diverses que réussies, et qui permettent de partager l’esprit des bandes dessinées pour passer un moment ludique en famille : bon amusement !

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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