Jour de grâce - Par Marc N’Guessan & Gani Jakupi - Dupuis

2 mars 2010 0 commentaire
  • Polar hivernal et nocturne, un one shot qui voit Marc N'Guessan durcir son trait pour coller au contexte. Malgré des situations originales, la sauce ne prend pas...

Une ville d’Alsace, ou de Lorraine, au cœur des fêtes de fin d’année. La consommation bat son plein et les rues grouillent de familles prêtes à dépenser. Au milieu de la foule, un immigré russe qui s’intéresse de près à leurs portefeuilles. À tel point qu’il en fait son métier. Notre pickpocket retrouve par hasard un oncle fort en gueule, victime aléatoire. Voilà qui change la donne. Ces retrouvailles peu heureuses vont amener le petit voleur à une fuite en avant dramatique.

Ainsi posée, la trame de Jour de grâce a de quoi séduire. Le décor est inhabituel, les personnages originaux, du moins à la base, et le cadre -cette orgie de dépenses festives obligatoires- apporte un vrai décalage pimenté de chronique sociale.

Pourtant, Andrei le loser, avec ses allures de chien battu, s’avère peu convaincant, réduit à son identité de petit délinquant. Sa fuite nocturne, avec à ses trousses ce tonton lourdement typique, aboutit à un final caractéristique d’un récit noir, mais ici relativement incongru. Et on peut aussi regretter le manque de présence du personnage secondaire de la prostituée gouailleuse et combative.

Quant au dessin qui évoque de ci de là Baru pour la dureté, voire Ribera ou Gibrat pour les personnages féminins, il aurait bénéficié de se passer de couleurs, surtout avec des teintes aussi uniformes. Tant d’aplats de noir voisinent mal avec ces tons souvent trop clairs.

Une déception d’autant plus grande que le choix du décor et du milieu décrit dans Jour de grâce augurait d’une vraie créativité dans le genre. Jour de grâce - Par Marc N'Guessan & Gani Jakupi - Dupuis

(par David TAUGIS)

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