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Juge Bao & le phoenix de Jade - Par Marty & Nie - Les éditions Fei

11 février 2010 0 Albums par Thierry Lemaire
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  • Intéressons-nous donc un peu à la Chine avec ce manhua dessiné par Chongrui Nie et scénarisé par Patrick Marty. L'aventure d'un héros national de l'Empire du milieu qui rend une justice aussi itinérante qu'implacable.

Imaginez le roi Arthur. Un personnage probablement réel dont la destinée, transmise et déformée par la tradition orale, reprise par les premiers écrivains de romans, est devenue au fil des siècles un des mythes de la culture européenne. Et bien le juge Bao, c’est un peu le roi Arthur de la Chine. Ces deux archétypes de la littérature médiévale ont d’ailleurs plus d’un point en commun. Ils représentent, chacun à leur façon, l’ordre et la probité dans une société où le souverain a fort à faire pour imposer son pouvoir. Bao est un fonctionnaire de justice insensible aux menaces et aux pots de vin, mandaté par l’Empereur pour faire le ménage dans les provinces. Et il y a du pain sur la planche avec ces gouvernements de notables dispersés aux quatre coins de la Chine.

Juge Bao & le phoenix de Jade - Par Marty & Nie - Les éditions Fei
Le juge Bao en pleine action dans un tribunal improvisé

De capitales de province en capitales de province, Bao parcourt l’Empire accompagné par une escorte conséquente. Son principal souci est l’éradication de la corruption. A chaque catastrophe naturelle, l’administration impériale dispense une aide financière importante mais celle-ci va plus souvent dans la poche des notables que dans celle des victimes. Heureusement pour les petites gens, le juge Bao est là pour mettre un terme aux injustices. A partir de cette trame, Patrick Marty s’est amusé à présenter les aventures du juge Bao comme une véritable enquête policière. Il faut dire que le magistrat ne manque pas d’atouts.

Ainsi, l’homme à la longue barbiche noire n’hésite pas à quitter ses habits de fonction pour se fondre dans la foule, voire se faire emprisonner. C’est à ce prix qu’il déniche les informations et indices cruciaux pour les affaires qu’il traite. Il dispose également d’une équipe de choc en la personne d’un maitre d’arme particulièrement habile, d’un assistant médecin légiste et d’une solide garde rapprochée, au cas où. Ce récit n’est bien sûr pas un cours d’histoire, mais Patrick Marty réussit à ne pas tomber dans l’excès inverse de la parodie (Sherlock Holmes en Chine) en conservant à l’histoire une authenticité qui permet d’être plongé dans la société de l’époque des Song.

Le dessin de Chongrui Nie parle de lui-même. L’hyperréalisme du trait, bien dans une certaine tradition chinoise, accentue le sentiment d’authenticité de l’album. On aurait pu craindre une lecture un peu pénible, mais les plans, le découpage et les attitudes des personnages donnent à l’ensemble une fluidité et une nervosité accentuées par le format 18x13 qui n’autorise pas énormément de cases par planche. En conclusion, ce premier tome d’une série de neuf fait penser aux meilleurs récits à base historique publiés dans Pif pendant l’âge d’or du magazine, ce qui n’est pas le moindre des compliments.

La couverture en entier

(par Thierry Lemaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Illustrations : (c) Marty/Nie-Les éditions Fei
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