Julie Wood, intégrale T.1 - Par Jean Graton - Graton / Dupuis

22 juillet 2015 0 commentaire
  • Toujours dans le sport moteur, passant de quatre à deux roues, Jean Graton met en scène une blonde pétaradante bien dans l'air des années 1970. Les éditions Graton et Dupuis entreprennent d'en republier les aventures sous la forme d'une intégrale plutôt bien contextualisée.

En 1967, Brigitte Bardot chante, sur des paroles de Gainsbourg : "Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson". La même année, Guy Peellaert et Pascal Thomas publient chez Losfeld Pravda la survireuse, scellant l’icône de la jeune fille sexy tout au plaisir des trépidations de sa machine.

Quelques temps plus tard, Jean Graton et son éditeur Raymond Leblanc sont en brouille. Le nouveau rédacteur en chef de Tintin, Greg, ne cache pas le peu d’estime qu’il a pour le travail de Jean Graton et ses vaillantes machines, une bande dessinée de genre qu’il n’estime guère. L’éditeur envisage même d’arrêter la publication des albums. Graton lui fait un procès, mais en attendant, il crée Julie Wood qui sera publiée dans Zack-Super-As et dans un magazine de moto français. L’affaire ne dure qu’un temps : Michel Vaillant ne tardera pas de rejoindre le paddock du magazine allemand et des éditions Hachette, avant d’être publié par l’auteur lui-même dans sa propre maison d’édition.

Julie Wood, intégrale T.1 - Par Jean Graton - Graton / Dupuis
(c) Graton / Dupuis

On découvre dans cette intégrale qui est derrière la jolie blonde : une jeune Belge nommée Dominique Blarent , découverte par Jean Graton grâce à ’un de ses fils, qui l’invite à visiter les plus grandes courses et à rencontrer les plus grands champions, comme l’Italien Giacomo Agostini. Jean Graton demande à l’accorte demoiselle d’être le modèle de la nouvelle héroïne qu’il est en train de créer )à l’aide de son fils Philippe Graton. Celle qui est aujourd’hui réanimateur urgentiste pédiatrique en Belgique devient pendant quelques temps, selon son propre aveu, l’ "Umbrella Girl" de Giacomo Agostini.

L’introduction de Dominique Dricot met bien les trois titres de cette première intégrale en perspective avec leur époque, et décrit notamment les différentes machines de compétition qui l’ont inspirée. Les fans apprécieront.

S’ils n’ont rien de révolutionnaires (nous sommes, chez Jean Graton, dans une recette éprouvée destinée à un lectorat bien ciblé), ces récits font sourire le lecteur de 2015, notamment par leur ton féministe qui n’empêche pas de poser un regard insistant et intéressé sur le profilage des carrosseries...

(c) Graton / Dupuis

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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