Justice League T6 - Par Geoff Johns, David Finch & Collectif (Trad. Edmond Tourriol) - Urban Comics

11 novembre 2014 0 commentaire
  • Lancées à la poursuite de la boîte corruptrice de Pandora, les trois ligues de justice ont été mystifiées par l’énigmatique Outsider et se sont volatilisées. En leur absence le monde tombe aux mains du redoutable Syndicat du Crime qui annonce les avoir vaincus ! Qui reste-il alors pour s’opposer à eux ?

À peine deux mois après la sortie du tome cinq, Justice League New 52 nous revient déjà en librairie. Depuis quelques mois les tomes de la série s’enchaînent à un rythme endiablé, digne d’une parution manga, mais peut-être trop effréné pour du comic book !

Ces publications rapides ont pour origine une stratégie particulière de Geoff Johns, le grand timonier de DC Comics : celle de placer la série en crossover ou en événement presque constant. Et ce nouveau tome ne déroge pas à la règle en nous proposant un nouvel événement de luxe : Forever Evil, dont nous vous avions parlé il y a quelques mois, lors de sa prépublication en kiosque et qui voit les super-vilains de l’univers DC Comics prendre le pouvoir !

Avec ce grand récit qui constitue le grand événement que Johns a préparé et teasé à ses lecteurs durant de très nombreux numéros, multipliant les sous-intrigues « préparatrices », nous sommes déjà arrivés au sixième tome des aventures de la nouvelle ligue de justice New 52. Cependant ce nombre conséquent de tomes publiés ne provient pas d’une production soutenue d’épisodes de la série, mais en réalité du fait que chaque album comporte en général un bon lot de numéros d’autres séries !

Justice League T6 - Par Geoff Johns, David Finch & Collectif (Trad. Edmond Tourriol) - Urban Comics
Black Adam contre Ultraman : duels de vilains en l’absence de héros !
© Urban Comics / DC Comic

Reprenons le déroulement à partir du tome trois. Ce dernier proposait le crossover Trône d’Atlantide et contenait pour moitié des épisodes d’Aquaman. Le tome quatre consistaient en un aparté avec les premiers épisodes de la nouvelle série Justice League of America, qui servit à Johns à introduire le personnage de l’Outsider, qui allait jouer un rôle crucial dans l’avènement de Forever Evil. Quant au cinquième tome, il s’agissait du crossover Trinity War qui contenait des épisodes issus des trois différentes séries Justice League.

Qui peut arrêter le Syndicat du Crime ?
© Urban Comics / DC Comic

Ce tome six fait suite à Trinity War, dont la conséquence est l’événement Forever Evil qui s’étalera pour sa part sur deux tomes, se poursuivant donc dans le prochain tome. Ces deux tomes se partagent entre des épisodes de Justice League et d’autres de la mini-série Forever Evil, complétés également de quelques épisodes spéciaux [1]. Ouf !

Si vous êtes perdu, il suffit de retenir que la série Justice League se trouve presque en permanence en crossover, et ses histoires se partagent avec d’autres séries (régulières ou spéciales), ce qui entraîne cette publication nombreuse et volumineuse.

Lors de nos chroniques précédentes nous avons évoqué plusieurs fois ce parti-pris, ses qualités et défauts. D’un côté la série offre un grand spectacle et des rebondissements constants, mais cela au détriment des personnages et de l’équipe, qui peinent à exister, se trouvant trop souvent confinés à un rôle de faire-valoir de l’événement, agissant, à de rares exceptions près, de façon peu convaincante, en raison d’une narration trop précipitée et impulsive.

Alors qu’en est-il de ce Forever Evil ?

Johns, de façon ironique ou non, fait disparaître ses héros. En effet, le récit s’ouvre sur un discours retransmis dans le monde entier, au cours duquel le Syndicat du Crime, devant une foule de super-vilains, annonce avoir vaincu les plus grands héros et demande aux criminels de tout bord de se rallier à eux, pour inaugurer un règne de terreur.

Face à cette situation, certains super-vilains, refusant pour diverses raisons de les rejoindre, se retrouvent à organiser la résistance et deviennent les vedettes du récit !

L’attrait des lecteurs pour les super-vilains n’est un secret pour personne, et un récit de ce genre suscite en principe assez facilement la sympathie. Johns ne s’y est trompé, et tout en jouant sur une histoire finalement assez simple, réussit plutôt bien son pari, bien que cette première partie nous propose essentiellement de l’exposition. Quelques héros, dont les Teen Titans, tentent de faire de la résistance mais sont rapidement vaincus, car trop exposés et connus. Et ce sont ceux qui agissent à l’ombre, loin de la lumière -suivant leur habitude- qui s’en sortent finalement le mieux.

Sauver le monde : un travail pour Lex Luthor ?
© Urban Comics / DC Comic

Le contenu de ces épisodes peuvent être divisé en deux parties. : il y a d’abord les épisodes qui reviennent sur les origines de certains personnages, ou qui les réintroduisent. Ainsi avec Ultraman et Owlman du Syndicat du Crime, Johns revisite avec ironie les origines de Superman et Batman. Le résultat est fort sympathique, et les rencontres d’Ultraman avec Jimmy Olsen, et d’Owlman avec Nightwing, apparaissent comme de grands moments de tension et d’émotion. Ajoutons également un épisode dédié à un autre chouchou de Johns : Black Adam, qui s’oppose à Ultraman lors d’un combat de titans... forcément !

À côté, nous suivons Lex Luthor qui rassemble, bon gré mal gré, une petite équipe de vilains pour organiser la résistance. Il est évidemment savoureux de voir la Nemesis de Superman en défenseur de la Terre, rôle qu’il a toujours revendiqué et qu’il peut enfin tenir en l’absence de son rival de toujours.

Aux dessins, David Finch, plutôt inspiré, assure ceux de Forever Evil, tandis de nombreux artistes se partagent les épisodes de Justice League et des spéciaux. Le résultat d’ensemble n’apparaît pas trop dissonant, et les variations s’accordent assez bien à cette alternance de récits, entre pure action et retour sur les origines.

Un nouveau tome fort plaisant, qui avance peu en terme d’intrigue, mais la profusion des personnages, couplée à des caractérisations efficaces et bien ficelées, lui confère une ambiance et une impression positive, assez fun. Johns prend pour une fois, dans cette série, le temps de s’attarder sur ses personnages et renoue avec une justesse qu’il avait un peu perdue.

L’aspect apocalyptique se montre également convaincant, sans en faire des tonnes, et le sentiment de monde abandonné par ses héros apparaît bien retranscrite, laissant ainsi de façon naturelle leur place à des super-vilains plutôt efficaces dans leurs paradoxaux actes de résistance.

Suite et fin dans le tome sept, annoncé pour janvier : eh oui, une publication toujours aussi rapide et soutenue !

Owlman, un vilain à la recherche d’une famille. Un souhait incompatible avec la rage de chaos et de destruction d’Ultraman.
© Urban Comics / DC Comic

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Justice League T6. Par Geoff Johns (scénario), David Finch (dessin) & Collectif (dessin). Traduction Edmond Tourriol. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 7 novembre 2014. 224 pages. 19,00 euros.

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Justice League sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1
- Lire la chronique du tome 3
- Lire la chronique du tome 4
- Lire la chronique du tome 5

Concernant le Syndicat du Crime :
- Lire la chronique de Justice League : L’Autre Terre

Concernant la publication kiosque de Forever Evil :
- Lire la chronique du numéro 1 du magazine
- Lire la chronique du numéro 2 du magazine

[1Les épisodes contenus dans Justice League T6 : Le Règne du mal (1er Partie) sont :
- Forever Evil #1-4 (septembre 2013 à décembre 2013),
- Justice League #24-25 & #23.4 (septembre 2013 à novembre 2013),
- Justice League of America #7.4 (septembre 2013).

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