« Kamen Rider » – Par Shôtaro Ishinomori – Isan Manga

7 août 2013 2 commentaires
  • {Kamen Rider} de Shôtaro Ishinomori fait partie de ces « classiques » du manga dont la traduction était attendue de longue date par les amateurs, comme par exemple celle de [{Kamui-den}->art11487] (Kana/Sensei) de {{Sanpei Shirato}}. [Isan Manga->art15004] en propose une version haut de gamme, conforme au positionnement éditorial que cette structure de fondation récente souhaite adopter.

Ce personnage de motard au casque « insectoïde », cyborg costumé combattant l’organisation criminelle Shocker et ses monstres issus de manipulations génétiques, fut créé en 1971 par Shôtaro Ishinomori (1938-1998). Ex-assistant du « dieu du manga » Osamu Tezuka, ce « roi du manga » doit son propre surnom à une production phénoménale d’environ 128 000 planches durant sa carrière, record homologué par le Guiness Book, paraît-il.

« Kamen Rider » – Par Shôtaro Ishinomori – Isan Manga
Kamen Rider sur son engin vrombissant
© 2013 Shôtaro Ishinomori/ISHINOMORI PRODUCTION INC. & Isan Manga

Pour les connaisseurs expérimentés en manga, Kamen Rider demeure un tire phare. Pas tellement pour son originalité, ses caractéristiques le rapprochent de Cyborg 009 du même auteur, mais bien à cause de son impact fort et durable sur les séries télévisées et la culture pop japonaises.

Ambiance tokusatsu...
© 2013 Shôtaro Ishinomori/ISHINOMORI PRODUCTION INC. & Isan Manga

De fait, ses adaptations à la télévision nippone ont eu une influence décisive sur un genre et de nombreuses séries ayant pris sa suite, mélangeant avec plus ou moins d’intensité équipes de super-héros nippons façon Power Rangers, dites Super Sentai, et tokusatsu. Ce dernier repose en particulier sur une forme d’horreur héritière des films de monstres (kaiju) à la Godzilla (1954), d’après Ishirô Honda, et leurs effets spéciaux souvent kitschissimes...

Des livres de la série « Kamen Rider » sur le stand Isan Manga, au milieu d’autres publications de son éditeur, lors de Japan Expo Paris 2013
© 2013 Florian Rubis

On notera le soin apporté à la réalisation de l’édition proposée par Isan Manga de Kamen Rider, démonstrative du savoir-faire technique déjà engrangé par son jeune responsable éditorial Karim Talbi. Un bel objet-livre que le fan pourra, conformément à la démarche poursuivie par son éditeur, faire trôner en bonne place dans la mangathèque éventuellement exposée dans son salon.

Seule petite réticence par rapport à l’effort de modernisation d’un titre qui a pourtant assez bien vieilli : il n’est pas sûr que le texte original japonais des années 1970 comporte une telle répétition d’interjections en cinq lettres, décidément très présentes…

Côté qualité de la publication, cela n’est pas comme il le dit...
© 2013 Shôtaro Ishinomori/ISHINOMORI PRODUCTION INC. & Isan Manga

Mais ce constat ne dépare pas le plaisir de pouvoir lire enfin Kamen Rider en français !

(par Florian Rubis)

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En médaillon : couverture de Kamen Rider T1
© 2013 Shôtaro Ishinomori/ISHINOMORI PRODUCTION INC. & Isan Manga

Commander Kamen Rider T1 – Par Shôtaro Ishinomori – Isan Manga – 416 pages, 29,90 € chez AAmazon ou à la FNAC

Édition luxueuse en deux tomes (tome II à paraître en novembre 2013)

 
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2 Messages :
  • Concernant votre dernière remarque : si, le terme "kuso" qui signifie littéralement "merde" est très usité dans les shônen et l’a toujours été, même dans les années 60 et 70. Seulement, il n’a pas le même impact qu’en France. "Kuso", c’est à la fois "merde" et "crotte" ou "zut".

    Il ne s’agit donc pas d’un ajout irrévérencieux de la traduction, comme vous le supposiez, mais au contraire, d’un excès d’exactitude. Ce petit détail représente bien un problème qui touche énormément de mangas publiés en France : une traduction souvent trop littérale.

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    • Répondu par Florian Rubis le 18 août 2013 à  11:20 :

      Bonjour et merci pour votre intéressante intervention !
      Bien conscient du problème posé par la traduction, je ne pensais pas à de l’irrévérence. Il me semblait, comme vous le soulignez, que plus de variété était possible, considérant que les "cinq lettres" devaient être d’un usage moins fréquent
      dans le japonais plus policé de l’époque de publication de ce titre. Tout cela n’enlève rien à la qualité de l’édition en français et il s’agissait surtout de finir l’article sur une note légère... Cordialement, Florian Rubis.

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