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Kick-Ass 2 – Par Mark Millar & John Romita Jr – Panini Comics

  • Retour attendu des aventures du vigilant loser chez Panini. Après le succès mondial de la première saison, la sauce prend-elle toujours ?

Le phénomène Kick-Ass avait déferlé sur le monde du comics tel une nuée de sauterelles sur les récoltes égyptiennes, il y a de ça quelques années, propulsant le créateur Mark Millar en icône des comics indépendants et décomplexés.

La première saison de Kick-Ass parlait vraiment au lecteur, qualifiée à l’époque de série aux super-héros « réalistes » en relation avec la sortie sur grand écran de Watchmen et de l’engouement autour de la version réaliste de Batman par Nolan. Cependant, dans cette deuxième saison, le constat est beaucoup plus mitigé…

Kick-Ass 2 – Par Mark Millar & John Romita Jr – Panini Comics
(C) John Romita JR/Panini comics

Là où le premier volume de la série se moquait ardemment des comics et de ses fans, Millar semble avoir poussé le curseur fort loin, comme dans Wanted, où la débauche de violence et d’immoralité fera frétiller l’adolescent en manque de sa dose de torture porn movie alors que le lecteur adulte sera plutôt accablé par l’indigence du scénario. Car oui, en décrivant un meurtre d’enfants et un viol d’une mineure, Millar a franchi la ligne dangereuse de la provocation à tout prix. Certes, ce n’est pas la première fois que l’on aborde le thème du viol dans ce médium, si l’on se rappelle du martyre de Jason Todd dans Batman.

Cependant, cet événement tragique servait un scénario structuré qui faisait revenir Jason en Red Hood, une sorte de Bat-Punisher, ravagé par son désir de vengeance et cherchant la rédemption pour chaque criminel abattu.

Ici, dans Kick-Ass, cette scène cherche juste à faire du buzz, qui fonctionne, au moment où nous écrivons ces lignes. La mise en avant de cette régression comme argument marketing nous semble contre-productive, alors que les plus grands labels brisent les tabous et font avancer les mentalités dans le monde du comic-book (héros gays, issus de l’immigration, de différentes confessions religieuses…), ce n’est peut-être pas la meilleure façon de vendre sa BD (qui se vendra quand même).

Nous nous arrêtons là, Romita Jr n’étant pas au meilleur de sa forme, alors que l’on annonce qu’il sera le dessinateur de la nouvelle série Captain America. Inquiétant.

(C) John Romita JR/Panini comics

(par Antoine Boudet)

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5 Messages :
  • Mark Millar est un roi du buzz,sans états d’âme particuliers,et il est de manière générale assez content de lui !

    John Romita jr a fourni ,pour cette suite ,seulement des découpages plus ou moins poussés.Finalisés à l’encre, pour le moins ,par le mythique Tom Palmer ,qui là aurait mérité pour le coup d’être crédité:et qui s’est efforcé de rester "sobre" et de retenir sa patte particulière et très identifiable.Comme il est fortement recommandé aujourd’hui aux encreurs,disons,à forte personnalité...

    C’est un des grands intérêts des comics,peu usité chez nous, qui disparaît là !Mais bon d’un autre côté:avec les couleurs informatiques qui bouffent le trait et uniformisent tout.....

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    • Répondu le 27 septembre 2012 à  13:57 :

      Ce ne sont pas les "couleurs informatiques" qui bouffent le trait mais les mauvais coloristes. Et ils sont légion.

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  • titre : C’est pas Jonh Romita Jr mais JOHN ;o)

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  • Kick-Ass 2 est a vomir. C’est simple je n’ai pas pu le finir. Cette débauche de violence gratuite, la bétise de tout ces personnages qui veulent absolument être le gentil ou le méchant est d’une bêtise sans nom.
    Encore une fois, la violence emmène à la violence. Vouloir défendre la veuve et l’orphelin est louable, mais vouloir devenir un héros n’est que la sureté de créer davantage de violence.
    L’idée du self defence à l’américaine est ici poussé à son paroxisme et cela donne une histoire aussi dénuée d’intêret qu’elle n’apporte aucune piste réflexion sur le fait de faire la justice sois même.
    L’écoeurement m’a empêché de finir.
    Quand au dessin, il est raide et ne semble pas achevé.
    A fuir

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  • Je n’ai pas trouvé l’histoire de viol à laquelle tu fais référence dans l’histoire du deuxième Robin. C’est une possibilité pour Barbara Gordon dans the killing Joke, cependant.

    Sinon, j’ai également trouvé la scène très désagréable à lire dans ce Kick Ass. Il se passe le même truc dans "The Walking Dead", mais c’est fait avec talent et pas pour la simple provoc.

    Il faut espérer que Kick Ass 2 saura adapter correctement cette scène.

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