King David - Par Ozanam & Singelin - Kstr/Casterman

4 août 2008 6 commentaires
  • La figure biblique du Roi David revisitée dans un album trash entre le parrain de Coppola et le Tarantino le plus sanglant. Un exercice de style qui part d'un choix radical. Impossible de laisser indifférent.

Imaginez que la lutte pour le trône du Royaume d’Israël soit transformée en lutte de clans dans la mafia new-yorkaise des années 60-70. Imaginez que David soit le chouchou du parrain et qu’il gagne sa place en trucidant joyeusement et sans effort, comme un Tony Montana sous EPO. Imaginez que tous les personnages bibliques liés au souverain apparaissent comme des seconds couteaux prêts à égorger le concurrent. Voilà, vous avez saisi.

Cette transposition sulfureuse et ludique, est portée par un dessin à la serpe qui évoque parfois Bézian, Crécy et Baru par sa volonté de mêler violence et ironie. Pour le lecteur, ça passe ou ça casse. Le tout avec des couleurs ad hoc, aux teintes sombres et sales adaptées à ce décor volontairement sinistre. En parallèle, il convient de souligner l’extrême jeunesse de Singelin, qui n’a pas même 25 ans et qui montre un grand sens du mouvement.

Outre le relatif ennui que peut susciter la lecture de King David, ce récit apparaît parfois piégé par son jeu -plutôt précis-avec les personnages bibliques et saturé de dialogues made in Bronx. On peut également s’interroger sur l’éventuel militantisme des auteurs : la religion provoquerait toujours la haine, les luttes de pouvoir et l’appât du gain.

Le registre se veut humoristique, diront certains. En témoignent des clins d’yeux tels que ce dialogue entre David et Jonathan qui cite une chanson du duo français du même nom, dans les années 80. Ou encore ce "meshugga messer café" (messhugah veut dire "fou" en hébreu). Sans oublier l’appendice avec ces couvertures "Bible remixed" évoquant d’autres pastiches possibles... Encore faudrait-il entrer dans le jeu. King David - Par Ozanam & Singelin - Kstr/Casterman Ah j’oubliais : Hendrix se prénommait Jimi, et pas Jimmy. Toujours désagréable de voir écorché un nom aussi capital.

(par David TAUGIS)

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6 Messages :
  • On peut également s’interroger sur l’éventuel militantisme des auteurs : la religion provoquerait toujours la haine, les luttes de pouvoir et l’appât du gain.

    Militantisme ??
    Non, point de vue...

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    • Répondu par Nicolas N. le 25 août 2008 à  21:45 :

      Bonjour, il semble qu’une erreur se soit glissée dans votre article. Singelin est plus proche des 20 ans que des 25.

      D’après ses blogs et portfolio, Singelin serais né le 10/01/87, 21 ans, voila qui force le respect.

      Bonne continuation.

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  • "Toujours désagréable de voir écorché un nom aussi capital" = du coup, il vaut mieux dire "De Crecy" que Crecy tout court, non ?

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    • Répondu par ActuaBD le 4 août 2008 à  11:13 :

      Eh non, Jimmy.

      On ne met pas la particule à Crécy, de même qu’on ne la met pas à Montaigne, La Fontaine, Mirabeau ou Talleyrand.

      "La particule ne s’emploie que si elle est précédée d’un prénom, d’un titre ou d’une dénomination - comme monsieur / madame / mademoiselle par exemple - et jamais lorsque le nom est isolé : on dit ainsi Laurent de Galembert, le comte de Galembert, Monsieur de Galembert ou la famille de Galembert, mais on dit les Galembert ou Galembert s’il l’on emploie le nom tout court (sauf si le nom est composé d’une seule syllabe, commence par une voyelle ou un H muet ou si la particule est du : on dit directement de Gaulle, d’Aspremont, d’Hozier ou du Fresne ; il n’y a qu’une seule exception avec Sade et non de Sade, alors qu’il n’y a qu’une seule syllabe)."

      Davantage d’infos sur cette règle sur cette page "Du bon usage de la noblesse et des particules

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  • King David - Par Ozanam & Singelin - Kstr/Casterman
    4 août 2008 10:03, par Antoine Ozanam

    Merci monsieur Taugis.
    Merci de n’être pas resté indifférent à la lecture de notre album.

    Votre intérrogation sur notre militantisme est fort intéréssante. En fait, je n’y avais pas pensé dans ces termes. L’idée de départ étant de montrer que ce passage de la bible était super violante et cruelle (comme bien d’autres d’ailleurs). Et que si l’on restait fidèle au texte de départ, cela pouvait être bien plus choquant que n’importe quelle histoire.
    Ceci dit, effectivement, les hommes ont bien tendance à transformer les religions en luttes de pouvoir et en appât du gain.
    Mais encore une fois, nous n’avons fait que transposer l’histoire de David pour en montrer la violence du propos.

    Bref, merci encore. Cela me rassure.

    PS : savez-vous ce que veut dire "Messer" ?

    Voir en ligne : une petite réponse, en passant.

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    • Répondu par loïc le 4 août 2008 à  19:27 :

      J’ouvre cette Bd...ça claque ! bravo.

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