Kingsman : Services secrets – Par Mark Millar, Dave Gibbons & Matthew Vaughn (trad. Makma & Mathieu Auverdin) – Panini Comics

19 février 2015 0 commentaire
  • L'éditeur Panini profite de la sortie au cinéma ce 18 février de {Kingsman : Services secrets} pour nous faire découvrir son modèle, à savoir l'une des créations récentes du célèbre et prolifique scénariste {{Mark Millar}}. Dans cette nouvelle aventure, il est épaulé du mythique dessinateur {{Dave Gibbons}} et du réalisateur {{Matthew Vaughn}}.

Kingsman : Services secrets est un album qui comprend les six épisodes de cette série, publiés entre 2012 et 2014. Selon les notes de l’album, la série trouve son origine dans la complicité qu’ont nouée le scénariste Mark Millar et le réalisateur Matthew Vaughn lors de la réalisation du film Kick-Ass (2010), adaptation cinématographique par ce dernier du Comic éponyme du premier et de John Romita Jr..

Depuis, Matthew Vaughn porte un intérêt appuyé aux œuvres du Millarworld, produisant Kick-Ass 2 (2013) et réalisant lui-même Kingsman : Services secrets. Par ailleurs, le réalisateur est même crédité comme co-scénariste de Kingsman : Services secrets, ce qui doit permettre d’avoir probablement une synergie commune entre le comic book et son adaptation cinématographique.

Que nous réserve Mark Millar cette fois-ci ? Du sang, de l’action, beaucoup d’humour et un peu de sexe ; comme à son habitude ces dernières années. Mais le tout est présenté dans un nouvel écrin assez réjouissant ! Les britanniques Millar et Vaughn se sont demandés qu’est-ce qu’il pouvait y avoir de plus britannique à traiter ensemble sous un nouvel angle : leur choix s’est porté sur la figure intemporelle de... James Bond !

À défaut de raconter les faits de gloire du célèbre agent au sommet de sa forme, les compères se sont demandés par quels chemins un homme peut bien passer pour devenir une telle machine à tuer, aussi à l’aise pour évoluer dans la haute société que pour séduire les dames. Kingsman : Services secrets répond à cet objectif : raconter la genèse d’un super-espion britannique appelé à devenir le stéréotype véhiculé par le personnage de James Bond au fil des dernières décennies, sous le prisme évidemment de la vision décalée des auteurs.

En prenant connaissance d’une telle visée, les lecteurs assidus de Mark Millar pourraient légitimement craindre de se retrouver face à un clone de Wanted, du même auteur, paru il y a quelques années, où un jeune homme était extirpé de sa condition pour devenir un tueur hors-pair. Eh bien... On échappe à la similitude pure et dure, heureusement. Néanmoins, les chemins empruntés par Millar ici peuvent parfois rappeler ceux de cette précédente création.

Le récit s’attarde sur le destin de Gary, un jeune homme dont la situation est très marquée par son milieu socio-économique très pauvre. Sa mère vit des aides sociales et a peur pour l’avenir de ses enfants. Le compagnon de sa mère est une petite frappe violente de la cité, le fiston aime les virées délinquantes avec ses compagnons d’infortune... L’avenir ne semble pas rose pour lui.

Après une nouvelle soirée qui tourne mal avec la police locale, son oncle absent intervient une nouvelle fois pour le faire sortir de cellule. Bien décidé cette fois-ci à ne pas voir son neveu gâcher son potentiel, il lui révèle sa véritable identité : il est l’un des plus brillants agents-secrets de sa Majesté et il lui offre la chance de sa vie de s’extirper de sa condition en intégrant la prestigieuse école de formation du MI6.

Au-delà du conte de fées classique auquel les lecteurs sont déjà habitués – à savoir que Gary se révèle une excellente recrue, l’ouvrage invitant le lecteur à de nombreux délires plus ou moins violents sur le plan graphique – Millar parvient à proposer quelque chose de neuf : l’origine sociale de Gary n’est pas qu’un point de départ, mais aussi un sujet de réflexion. En effet, l’auteur traite avec insistance du décalage entre ce jeune homme arraché à un milieu pauvre et l’univers raffiné et aisé qu’est celui de l’espionnage. Notre héros va ainsi devoir batailler avec lui-même pour être reconnu dans un univers où les jeux vidéo et la téléréalité ne sont pas les sujets les plus communs de discussion. Certes, Millar n’y va pas avec le dos de la cuillère avec les stéréotypes, mais le propos mérite d’exister.

L’histoire se révèle assez courte et le propos condensé. Millar n’hésite ainsi pas à enchaîner les situations et les temps marquants pour aboutir à la conclusion de son récit. Certains lecteurs pourront ressentir une impression de précipitation, d’autres pourront trouver qu’il n’y avait pas davantage à raconter sur la base de ce postulat.

Quoi qu’il en soit, Millar parvient à donner de l’intérêt à son principal duo de personnages, Gary et son oncle. L’évolution de ces deux personnages a un intérêt certain et pourra plaire aux lecteurs. En revanche, à l’image de quelques James Bond plus ou moins récents, le principal méchant de l’histoire manque d’envergure... Dommage, seuls les héros ont une exposition digne de leur rang.

Kingsman : Services secrets est enfin un projet qui a permis à Millar de travailler avec l’une de ses idoles de jeunesse : le dessinateur britannique Dave Gibbons (Watchmen...). Kingsman : Services secrets ne révolutionnera certainement pas votre vision des Comics en général mais peut se révéler être une référence récente assez amusante pour que l’on s’y attarde.

(par Romuald LEFEBVRE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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