Kokkoku T8 : ô temps reprends ton cours !

17 novembre 2016 0 commentaire
  • "Kokkoku" s'est achevé, à la fin de l'été, et nous voulions revenir sur ce dénouement, tant il nous semble que nous avons eu là une des jolies séries de l'année passée. Une de ces séries qui ne font pas vraiment parler d'elles mais qui constituent de solides divertissements bien ficelés et rondement menés. D'autant que l'aboutissement de l'intrigue se révèle là particulièrement réussi.

Reprenons : Kokkoku raconte l’affrontement entre la famille Yukawa d’une part et Sagawa, leader de la secte Amour Véritable, d’autre part. L’enjeu de cette lutte : la possession d’une pierre ouvrant sur le monde statique, un univers parallèle au nôtre où le temps se trouve arrêté, et soumis à des règles strictes que d’effrayantes créatures, les Régents, ont la charge de faire respecter.

Le tome 7 a vu la victoire de Juri et des siens sur un Sagawa qui s’est, au fil du combat, peu à peu défait de son humanité. Mais une victoire en trompe-l’œil dans la mesure où la porte de sortie du monde statique s’est retrouvée brisée tandis que notre antagoniste a endossé une ultime forme, très mystérieuse, de cocon étoilé.

Kokkoku T8 : ô temps reprends ton cours !

Dans cet ultime volume, le rythme retombe donc et l’on a droit un des développements de type métaphysiques et poétiques assez remarquablement menés. C’est le temps du bilan et des choix, forcément douloureux, et donc des transformations et des séparations.

Difficile de rendre compte de ce huitième tome sans en dévoiler un contenu dont l’un des plus grands mérites réside justement dans la succession de surprises qu’il propose au lecteur. Disons simplement que dans les deux temps qui le composent- la fin de Sagawa et la dernière quête de Juri - on a affaire à une réussite pleine et entière qui lève les derniers mystères sur le monde statique et offre aux personnages d’ultimes développements aussi émouvants qu’intelligents.

Brodant adroitement autour du motif du temps figé, avec des thèmes comme la conscience humaine, la religion ou les liens familiaux, et jouant des codes du thriller et de la SF pour un récit bourré d’action, Seita Horio a maîtrisé son récit de bout en bout pour une série sans prétention mais de qualité. Une belle pioche pour Glénat, dans la veine éditoriale de La Tour fantôme, achevée l’an dernier : des séries de taille moyenne, développées autour d’une véritable intrigue, pour un lectorat plus mature mais appréciant aussi la dimension populaire du manga, à la fois habiles, divertissantes et malignes.

(par Aurélien Pigeat)

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