Krän univers - T.1 : Coup de mou chez les durs - Par Herenguel & Loyvet - Vents d’ouest

3 octobre 2006 5
  • Après avoir répandu leurs vices (et accessoirement les viscères de ceux qui par malheur ont croisé leur route) durant de longues aventures, Krän et sa bande de sauvages s'offrent une petite escapade sur un sentier qui n'apparaît pas sur leur carte. Et cette promenade s'annonce bien mouvementée.

A Torgnol, c’est un peu la fête tous les jours : on y boit, on y frappe, on y massacre et on y tripote. L’endroit rêvé pour un barbare, en somme. Et ça tombe bien car Krän est sans doute le plus bel exemple en la matière. Un archétype vivant et plutôt susceptible. Pour ne rien arranger au tableau, il est entouré de personnages aussi peu sympathiques que lui : son Garou, une petite boule de poils qu’il vaut mieux ne pas croiser un soir de pleine lune ; Kunu qui cumule tous les défauts possibles dont celui d’être un intarissable obsédé ; Naikikoul, le druide aveugle et ses incantations aux effluves étranges, et j’en passe. Avec un pareil mélange, inutile de préciser que la finesse reste se reposer à l’auberge...

Après nous avoir habitué aux histoires complètes sur sept tomes (bientôt huit) dont une encyclopédie, Eric Herenguel nous sert avec cet univers une nouvelle recette de son barbare. Cette déclinaison s’engage en effet sur le chemin des gags en une planche. Pour l’occasion, Hérenguel a fait appel au dessinateur Pierre Loyvet qui apporte là un trait résolument cartoon. Le style se veut rond, relativement simple et bénéficie d’un encrage épais. Sans être original, le dessin s’accorde bien au ton de l’album mais par endroits, un peu plus de finesse aurait été bienvenue. Quant aux couleurs de Morgil, elles respectent l’ambiance Héroic Fantasy de la série mais paraissent toutefois un peu trop fades pour être appréciées pleinement.

Le véritable point faible de ce premier album concerne les scénarios. Les gags sont dans l’ensemble très inégaux. Alors que certains vous feront glousser bêtement, tel un orque bourré, d’autres risquent de vous laisser de marbre à cause de leur manque d’originalité. On aurait aimé un humour un peu plus "tranchant" de la part d’Hérenguel pour vraiment faire honneur à son célèbre défonceur de crânes. Cet album ne manque pourtant pas de charme. On y retrouve cette débauche jouissive dans une ambiance rappelant la saga du Donjon de Naheulbeuk [1], et les doux dingues rencontrés précédemment dans la série. On peut même y croiser un gothique dépressif et suicidaire rappelant fortement le chanteur Alice Cooper (au milieu de barbares et autres trolls, il faut avouer que ça n’est pas banal !). Pour les lecteurs n’ayant pas encore découvert Krän, ce premier tome constitue une entrée en "douceur" dans cet univers.

Le passage de Krän à se nouveau format s’effectue donc sans trop de dégâts avec un premier album qui ne laissera pas de traces indélébiles (mises à part celles des coups de hache). Cette série reste une lecture agréable pour se reposer les méninges. Bref, une introduction sympathique, sans plus.

"Et bien profond si possible, l’introduction !"

(par Baptiste Gilleron)

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[1Le Donjon de Naheulbeuk est une aventure sonore téléchargeable sur internet et adaptée en BD chez Clair de Lune.

 
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