Kuma Kuma - T1 : Futokuma - Par Yuki et Kaji - Ankama Editions

20 mai 2008 2 commentaires
  • Bienvenue dans l'univers du jeu de rôle Kuma Kuma : ses ours, ses monstres, ses potions, ses tronçonneuses. Un jeu bien mystérieux trop jouissif pour être honnête, surtout quand son univers poursuit le joueur dans son sommeil.

Les deux soeurs Lynn et Giny achètent un jeu vidéo dans une mystérieuse boutique. Il s’agit de Kuma Kuma, un jeu d’aventure par équipes. Accompagnées de trois amis, elles vont s’embarquer dans une partie en ligne mémorable.

On adore ou on déteste le parti-pris graphique : le trait simplifié, les personnages SD (super déformés) aux allures kawaii, mais surtout ces énormes masses noires épurant les personnages et simplifiant les décors à l’extrême. C’est bien clair, nous ne lisons pas du Jirō Taniguchi. Kuma Kuma peut être vu comme un manuel du jeu d’aventure pour les nuls : ses potions, ses capacités complémentaires, ses personnages-clés pour orienter les héros et leur indiquer qui aborder, ses mini-quêtes, ses hôtels pour récupérer les points de vie, ses monstres à vaincre, etc... Cette BD s’adresse résolument aux joueurs et aux fans de mangas. Par exemple, les amateurs reconnaîtront C17 et C18 (Dragon Ball) en forgerons et alchimistes. Dans les phylactères (sur fond gris) des personnages du jeu, les mots importants (lieux, personnages à rencontrer) sont en gras. Bien sûr, Kuma Kuma n’est pas un jeu comme les autres : les joueurs rêvent de leur partie, la frontière entre réel et virtuel s’amincit, mais nous ne sommes pas chez Cronenberg, le concept reste en effet timide, on l’espère d’ailleurs plus poussé dans les deux prochains tomes de cette trilogie.

Kuma Kuma - T1 : Futokuma - Par Yuki et Kaji - Ankama Editions
Extrait de Kuma Kuma T1
© Yuki/Kaji/Ankama éditions.

L’impression générale est plus que mitigée : l’ensemble peut être vu comme une suite de cinématiques d’un jeu auquel on n’aurait pas joué. Les personnages se déplacent d’un point A à un point B, en agissant comme ils sont supposés le faire, leurs capacités magiques respectives leur assurant de toute façon une voie royale toute tracée vers leur but : retrouver les ours (kuma). Les aventures de Virginator et ses amis sont très linéaires, et ont du mal à arracher quelque émotion à un lecteur plutôt passif. Les personnages ne semblent pas courir le moindre danger, car ils font systématiquement les bons choix. Un album à conseiller aux fans de jeux de rôle purs et durs qui en veulent.

(par Thomas Berthelon)

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2 Messages :
  • Pourquoi faire tant de pub pour les productions plutôt médiocres (il suffit de voir le dessin) des éditions Ankama ? Vous annoncez par un article toutes leurs nouveautés ou activités. Faites une sélection au moins svp.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 20 mai 2008 à  10:32 :

      Pourquoi faire tant de pub pour les productions plutôt médiocres (il suffit de voir le dessin) des éditions Ankama ?

      Parce que vous faites la confusion entre la critique et l’information.

      Nous sommes un support d’information. Notre rôle est de tenter de parler de tous les genres de bande dessinée, y compris ceux que vous jugez médiocres.

      Après, nos chroniqueurs émettent leur opinion sur telle ou telle œuvre, selon leur sensibilité.

      Nous parlons d’Ankama car nous jugeons que cet éditeur est caractéristique d’une certaine façon d’éditer qui allie le jeu vidéo et la bande dessinée. Leur production s’alimente de formes nouvelles, souvent de bonne qualité (nous avons encensé ici Mutafukaz, par exemple), contrairement à ce que vous prétendez en jetant le bébé avec l’eau du bain en réalisant des amalgames qui jettent le discrédit sur tous les auteurs édités par ce label. Pas vraiment cool, ça.

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