L’Âge d’or de DC Comics (1935-1956) dans la Biblioteca Universalis de Taschen : une référence incontournable

4 septembre 2020 0 commentaire
  • C’est une encyclopédie ? C’est une thèse-somme ? Non, c’est le « Golden Age of DC Comics », un magnifique ouvrage truffé d’images (plus de 700) dans la tradition de l’éditeur Taschen : un livre d’art somptueux à petit prix.

Cette édition est une réédition en petit format de l’énorme ouvrage que Paul Levitz publia pour les 75 ans de DC Comics en 2010, avec un prix qui apparaît comme une aubaine : 15€.

Vous n’êtes pas obligé d’être un collectionneur. Vous connaissez les films de Batman et de Superman et cet univers vous plaît. De temps en temps, vous vous laissez faire par un album publié chez Urban Comics quand il est réussi et vous avez déjà quelques classiques comme le Dark Knight de Frank Miller dans votre bibliothèque… Pas de panique : Paul Levitz, ancien auteur et éditeur chez DC Comics, vous prend par la main, vous raconte mille-et-une anecdotes sur les créations de l’éditeur (Superman, Batman, The Flash, Green Lantern…) entre 1935 et 1956, sachant que d’autres volumes couvriront les périodes suivantes.

L’ouvrage commence par une interview du regretté Joe Kubert qui, pendant des années, a été l’un des piliers graphiques de l’éditeur-fondateur du mythe du super-héros américain. Il décrit notamment les bureaux de DC Comics qu’il découvre à l’âge de 16 ans en 1942 : « C’était le grand luxe ! Le siège était au 480 de Lexington. La chose impressionnante, c’était l’immense peinture de Superman dans le hall. »

L'Âge d'or de DC Comics (1935-1956) dans la Biblioteca Universalis de Taschen : une référence incontournable
Superman par H. J. Ward, 1940. Cette toile gigantesque figurait dans le hall de DC Comics.
© 2019 DC Comics. All related characters and elements - © & TM DC Comics.

Paul Levitz fait la pédagogie des usages historiographiques de l’histoire des comics. Ainsi, la période des comic strips qui débute dans la presse en 1895 est communément appelée « l’âge de pierre » par les collectionneurs américains. Arrive la création des premiers comic books en 1933 lancés par Max Gaines sous la forme de fascicules promotionnels. Il eut, selon la légende, l’idée d’y apposer un sticker avec le prix « 10c » soit un dime, un dixième de dollar. Le vocable d’ « Âge d’or » suivi de celui d’ « Âge d’argent » désigne cette période où les pionniers du comics, DC et Marvel, arrivent à maturité et jettent les bases d’une puissante industrie qui conquerra le monde.

"World’s Finest Comics" No. 63 - March–April 1953. Détail de la couverture. Dessin : Win Mortimer.
© 2019 DC Comics. All related characters and elements - © & TM DC Comics.

La naissance des super-héros

En feuilletant les pages, on découvre les premières ébauches de Superman en 1936 où Joe Shuster forge le mot-même de super-héros, le premier projet de 1933 à la belle typographie Art Deco, le premier numéro d’Action Comics enfin en 1938 où l’homme d’acier apparaît en couverture.

Le succès est immédiat et fulgurant. Dès 1940, les strips sont publiés dans des dizaines de journaux soutenus par des feuilletons radio qui explosent les audiences. Les dessins animés des frères Fleischer, déjà célèbres grâce à Popeye, suivent, en même temps que les romans... Trois ans après sa création par Siegel & Shuster, Superman échappe à ses créateurs. Des dizaines de scénaristes et de dessinateurs s’emploieront à bâtir le mythe.

Levitz enchaîne avec Batman (1939), un mix entre Zorro et Shadow qui n’a aucun super-pouvoir, la Justice Society of America, le premier groupe choral de l’histoire des comics où l’on distingue Flash (1940), Green Lantern (1940), Wonder Woman (1942)… des années marquées par le figure de Shelly Mayer, le premier « boss » de cette jeune société qui venait de découvrir la pierre philosophale de la bande dessinée américaine.

L’impressionnante Wonder Woman
© 2019 DC Comics. All related characters and elements - © & TM DC Comics.

Des documents exceptionnels

Cet album vaut non seulement pour les très nombreux documents qui s’y trouvent : couvertures, dessins inédits, extraits de cases, mais aussi pour les photos qui donnent une idée du processus de production de l’époque. Ainsi cette salle de production où les chromistes, de toutes origines : on y distingue des Latinos et des Noirs- opèrent la séparation des couleurs : le fameux « Ben Day » du nom de Benjamin Henri Day Junior, un illustrateur et imprimeur qui mit le procédé de la séparation des couleurs au point en 1879. C’était bien avant l’apparition des scanners domestiques…

Golden Age of DC Comics (1935-1956) – Par Paul Levitz – Ed. Taschen
Golden Age of DC Comics (1935-1956) – Par Paul Levitz – Ed. Taschen

Ou l’interaction entre les usages dérivés de l’œuvre : les serials pour la TV datent du début des années 1950 qui redynamisent une industrie un peu anémiée par le Comics Code Authority. Levitz s’attarde sur les destins individuels sans grande analyse des phénomènes, mais on se laisse porter par la magie des dessins, spectaculaires et inventifs, qui illustrent une mythologie en train de naître.

Franchement, pour 15€, vous tenez-là un impressionnant complément de cadeau pour les fêtes.

Golden Age of DC Comics (1935-1956) – Par Paul Levitz – Ed. Taschen

Voir en ligne : Le store des éditions Taschen

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Golden Age of DC Comics (1935-1956) – Par Paul Levitz – Ed. Taschen Biblioteca Universalis – 660 pages – 15€

Toutes les images sont © 2019 DC Comics. All related characters and elements - © & TM DC Comics.

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