L’Âge d’or de "Diabolik"

  • Cousin italien de Fantômas, Diabolik sévit depuis plus de cinquante ans. Les Editions Pavesio lui rendent hommage en publiant ses meilleures aventures par ordre chronologique, dans des recueils cartonnés en couleur. Ca va faire mal !

Sans doute avez-vous déjà eu l’occasion de tomber sur ces petits fascicules brochés noirs et blancs, chers aux Italiens ? Si ce format est courant chez nos voisins transalpins, le plus terrible personnage de leurs séries fétiches est sans doute l’infâme Diabolik.

Créé en 1962 par les sœurs Angela et Luciana Giussani, Diabolik, le roi de la terreur, connut rapidement le succès. Les dessinateurs se succédèrent pour proposer bientôt un épisode par semaine, tandis que les sœurs Giussani compilèrent toute sorte d’idées pour doper leurs scénarios.

L'Âge d'or de "Diabolik"
Diabolik, accompagné de sa douce et terrible Eva Kant.

Un ’héros’ à l’âme bien sombre

Il faut dire que le personnage de Diabolik était hors norme pour l’époque : un dangereux malfaiteur qui n’hésitait pas à tuer pour perpétrer ses larcins. Il se déguise pour prendre l’apparence de ses victimes, et n’ai jamais à court de gadgets pour réaliser des vols d’une audace sans pareille.

Diabolik rivalise de technologie. Même si cela paraîtra gentiment désuet aujourd’hui, les écoutes-téléphoniques et les planchers escamotables de voiture furent très innovants.

Avec cette description, vous aurez sans doute pensé à Fantômas ? Les sœurs Giuassani ne s’en cachent pas, elles se sont inspirées du célèbre criminel imaginé par Pierre Souvestre et Marcel Allain. Quitte à même détourner certains mystères du personnage français, en les adaptant à une sauce moderne tels le ’coup du tunnel’ dans Criminels impitoyables proposé dans ce premier tome qui n’est pas sans rappeler le volume 21 de Fantômas : Le Train perdu.

Une édition cartonnée... et en couleurs !

Les Editions Pavesio propose effectivement une nouvelle version des aventures de Diabolik au marché francophone : ils ont repris les aventures considérées comme l’âge d’or du personnage, à partir de l’épisode 100 de décembre 1967. Ces épisodes sont publiés dans leur format originel, et en couleurs, une innovation plutôt rare pour Diabolik. Chaque recueil reprend deux aventures dans l’ordre chronologique, avec une introduction d’une dizaine de pages retraçant l’historique du personnage et de ses auteurs, agrémentée de documents d’époque.

Les premiers recueils présentent un couple de criminels prêts à tout, et même à défier le roi de la terreur, dans le seul but de s’enrichir. Dans une autre aventure, Diabolik tente lui-même de s’emparer une collection d’armes du comte Saval plutôt convoitée, alors que ses proches tentent de le trahir. Ces aventures sont un savant mélange au goût classique de tension, de mystère et de coups de théâtre.

Le deuxième recueil paraîtra fin juin, avec la mise en avant de l’inspecteur Ginko et de sa fiancée Altea.

Mais ce qui contribue au charme de la série, ce sont ses personnages secondaires qui sont passés au premier plan, telle la douce mais impitoyable Eva Kant, fiancée et complice de Diabolik. Ils s’opposent tous deux à Altea, compagne de l’inspecteur Ginko, qui traque sans relâche Diabolik, tel un Juve moderne. Des oppositions qui ne manquent pas de saveur, avec une escalade dans l’administration de coups bas !

Même le graphisme sobre et l’attitude parfois raide des personnages participent au charme désuet de la série. Cette nouvelle édition permet de vibrer au rythme des aventures de Diabolik, qui n’a pas perdu son charme sombre. Le premier recueil vient de paraître, alors que le second sortira pour fin juin. On espère juste qu’un petit effort complémentaire sera réalisée afin de pallier à quelques rares fautes de traductions.

"Six tomes sont destinés à sortir chaque année, nous confirme Fulvio Gatti des Editions Pavesio, Nous n’attendons plus que le public pour relancer Diabolik à l’assaut des problèmes les plus complexes !"

Qu’on se le... murmure !

Les yeux du "héros" étaient son signe distinctif.
Un regard qui devait donner froid dans le dos !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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6 Messages :
  • L’Âge d’or de "Diabolik"
    4 juin 2013 00:54, par Alex

    Quand la bande dessinée avait encore cette chappe de plomb qui pesait bien lourd sur ses créateurs -et ses lecteurs... Diabolik était l’exemple parfait d’une production d’un sous-genre réservé aux déviants. Une oeuvre qui s’amusait pourtant à tester les limites de la morale. Quel choc pour le jeune lecteur que j’étais de découvrir ces histoires provocatrices -interdites aux mineurs. Le cinéma, la littérature ou la télévision se sont rués dans la brêche quelques années plus tard. Il faudra relire ces histoires en gardant en mémoire la société et la morale des années 60 pour en savourer l’impact. C’était une des pires occupations que l’on pouvait avoir, lire ces fascicules. De vraies lectures dangeureuses qui estampillaient d’emblée un genre et ses lecteurs.

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    • Répondu par Oncle Francois le 4 juin 2013 à  10:57 :

      aha ah cher Alex ! Oui, vous avez raison. Les lecteurs de Diabolik passaient pour des sadiques, et plus tard ceux d’Elvifrance passeront pour des obsédés sexuels. Il ne fallait pas lire ces fascicules dans le train ou à la plage, cela faisait mauvais genre.

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  • L’Âge d’or de "Diabolik"
    4 juin 2013 01:03, par Tex

    Les premiers recueils présente

    présenteNT.

    Il y eut au moins un film adapté de la BD, réalisé par Mario Bava en 1968, avec John Phillip Law dans le rôle (déja vu dans Barbarella), le film de Roman Coppola CQ rend d’ailleurs hommage à ces deux films.

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  • quelqu’un sait-il s’il y a des compilations N&B, même en Italien ?

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  • L’Âge d’or de "Diabolik"
    4 juin 2013 13:25, par Kriminal

    Cet article occulte les rééditions chez Clair de Lune (11 tomes parus jusqu’en 2012) ainsi que les 4 séries parues en France dans les années 60/70. Il y eut également un film en 1968 ( http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10708.html ) Pour ma part, je préfère des éditions en noir et blanc. Pas sûr que Pavesio ait fait ce choix de la couleur, que je déplore. http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabolik

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