L’Assassin qu’elle mérite - tomes 1, 2 et 3 - Par Yannick Corboz & Wilfrid Lupano - Vents d’Ouest

2 juillet 2014 0 commentaire
  • Servi par un superbe graphisme, chaque nouvel album de cette série pousse un peu plus haut la qualité de son scénario. Entre passion humaine et déterminisme social, on se passionne autant qu'on s'interroge...

L'Assassin qu'elle mérite - tomes 1, 2 et 3 - Par Yannick Corboz & Wilfrid Lupano - Vents d'Ouest
À Vienne, en 1900, deux riches oisifs s’ennuient de tout. Dans un accès de cynisme, ils font le pari de transformer un jeune homme pauvre en ennemi de la société. Ils choisissent le jeune Victor qui passait par là, l’inondent de richesses et de plaisirs, puis lui coupent les vivres... Perdu, frustré, Victor tente de se venger l’arme à la main, mais l’affaire tourne au fiasco. livré à lui-même, arme vivante et désespérée, il en vient à se raccrocher à la première cause inique qui passe près de lui : le complot juif.

Après bien des déboires, les victimes de ce jeu cynique semblent encore nourrir une malsaine dépendance envers leur mécène. Ils décident de le retrouver à Paris où se déroule justement cette année l’Exposition universelle. Un lieu étrangement propice pour la venue de Victor en tant qu’œuvre d’art vivante…

Le premier tome de cette série proposait un point de départ intéressant, mais un fil narratif extrêmement linéaire. Ce n’est finalement qu’une solide entrée en matière pour les surprises qui abondent dans le deuxième tome, qui se veut plus politique et engagé. Cette réflexion sociologique et humaniste prend une nouvelle tournure dans le troisième tome. Les opposés s’attirent, et on comprend mieux ce qui a amené ce riche oisif a imaginer un jeu d’apparence si puéril dont l’amoralité insidieuse a brisé tant de vies. Si le mal peut surgir du bien, le contraire peut-il également se produire ?

Le talent de Yannick Corboz a suivi la progression exponentielle du scénario de Wilfrid Lupano. Que cela soit dans les hautes sphères de la Belle Époque, ou dans les bouges des miséreux, ses tableaux sont réalistes et évocateurs. Quant à ses personnages, les passions et déchirements qu’ils vivent touchent directement le lecteur. Cet ensemble est rehaussé d’une pointe de sensualité qui tranche nettement avec la violence psychologique ou les drames vécus par les personnages.

Ce troisième tome présente Paris pendant l’exposition universelle. Un superbe écrin pour une tension dramatique très forte qui rajoute une pièce complémentaire à une série qui vole de réussite en réussite à chaque nouveau tome.

(par Charles-Louis Detournay)

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