L’Église et la bande dessinée

11 décembre 2005 15
  • Alors que la France commémore sa loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, qu'en est-il de l'image de l'Eglise dans la BD ? Longtemps, la BD a été régie par une presse « bien-pensante » d'origine religieuse. Devenue adulte dans les années 1960, elle s'est montrée depuis très critique vis-à-vis de son ancienne autorité morale.
L'Église et la bande dessinée
Image d’Epinal (fin 18ème)
représentant St Nicolas

On l’oublie parfois, la bande dessinée a été et reste encore un des vecteurs de la propagande cléricale. « Les Jésuites qui prêchaient des missions en Bretagne au XVIIe siècle, raconte le Père Roland Francart, auteur d’un ouvrage sur la BD chrétienne, utilisaient des successions d’images appelées ’tableaux de mission’. » [1] À leur suite, les « feu’s d’saints » (feuilles de saints) furent diffusées dans les campagnes les plus reculées par des colporteurs surnommés les Chamagnons, car ils venaient presque tous de Chamagne, près de Charmes. La diffusion de ces images dépassa très vite la portée missionnaire : «  À côté des saints universels, note René Cercler, les pieuses effigies qu’imploraient les fidèles pour se préserver des maladies et des maux divers ont formé la collection dite des « images de préservation », saints de toutes sortes dont l’un préservait de la peste, l’autre des voleurs ou de la fièvre aphteuse. » [2] Les images d’Epinal prirent le relais, dès le début du 19ème siècle. Elles diversifièrent leur offre en proposant au public la très populaire geste napoléonienne. Un culte en valait bien un autre...

Brève histoire d’une séparation

La Libre Parole illustrée
d’Edouard Drumont, fer de lance de la réaction cléricale.

L’Église avait beaucoup perdu lors de la révolution française et sous l’Empire : les biens confisqués ne lui furent pas tous rendus et le Concordat de 1801-1802, et ses 77 articles organiques qu’elle n’accepta jamais, la soumettait à un contrôle rigoureux du pouvoir. La Restauration et son « roi-dévôt », Charles X, puis le Second empire, lui ont permis de recouvrer quelque peu ses positions, tandis que l’expression anticléricale se trouvait étouffée par une loi de 1822 réprimant sévèrement les outrages envers les cultes reconnus par l’état [3]. Il n’est pas anodin que le pape Pie IX définisse le dogme de l’infaillibilité papale le 18 juillet 1870, alors que l’empire de Napoléon III s’écroule et que les Républicains reviennent au pouvoir. Une année auparavant, Gambetta, dans le programme de Belleville de 1869, avait annoncé une prochaine séparation entre l’Église et sa « fille aînée ». En réalité, cette séparation mettra trente ans à s’inscrire dans la loi. Pourquoi ? Parce que les vainqueurs des élections d’octobre 1877 ont d’autres priorités, à commencer par l’école : celle-ci est alors pour ainsi dire entre les mains du clergé. La Troisième république s’employa à détruire cette assise de la puissance cléricale.
Dès ses origines, la bande dessinée en France était perçue comme un dérivé de la littérature pour enfant et se devait, à ce titre, de rester éducative et surtout apolitique. Des lois successives inspirées par les cléricaux, mais aussi par les « ligues de moralité » des éducateurs républicains, y veillèrent.

Coeurs Vaillant
Créé en 1929, ce journal a beaucoup aidé à la diffusion des oeuvres d’Hergé.

Instrument de propagande, la BD fut le reflet des affres de son temps, jusque dans les heures les plus noires. La politique étant interdite dans la presse pour la jeunesse, elle s’exprima plutôt dans des supports destinés aux adultes. Ainsi, lorsque l’antisémite Édouard Drumont, allié du parti clérical, lança en 1893 un supplément illustré à son journal La Libre parole pour y publier chaque semaine une bande dessinée exclusivement antijuive, souvent signée Henry de Sta, il annonce clairement ses intentions dans l’éditorial du premier numéro : « l’image doit compléter l’œuvre de la plume. Elle s’adresse à ceux que l’écriture n’a pas encore touché... » Lors de l’Affaire Dreyfus, ce quotidien lu dans les cures joua un rôle d’aiguillon. Les autres titres cléricaux ne furent pas en reste puisque La Croix s’enorgueillissait alors d’être « le journal le plus antisémite de France ».

Bayard Presse et Fleurus Presse

L’Église perdant une partie de son emprise sur l’éducation des jeunes Chrétiens se devait de trouver d’autres instruments pour la perpétuer. La Congrégation religieuse des Augustins de l’Assomption, dont l’activité éditoriale date précisément de 1870, lança ses propres journaux dans ce contexte : Le Pèlerin (1873) et La Croix (1883) se destinaient à défendre des valeurs, selon eux, menacées par la République. En 1895, leur émanation, les pères assomptionnistes de la Bonne Presse, publient la revue illustrée pour enfants Le Noël devenu L’Echo de Noël en 1906. Cet illustré pour la jeunesse est le point de départ d’un groupe qui prend le nom, en 1969, de Bayard-Presse [4].

Don Bosco de Jijé (1941)
aux Editions Dupuis

À la suite des Assomptionnistes, une autre officine catholique, L’Union des Œuvres Catholiques de France (l’UOCF) lança en 1929 l’hebdomadaire pour la jeunesse Cœurs Vaillants, fer de lance du groupe Fleurus Presse. Ces deux entités confessionnelles concurrentes (Fleurus est identifié comme proche des « Catholiques de gauche ») jouèrent un rôle majeur dans le développement de la bande dessinée dans l’hexagone jusque dans les années 1970. Elles publièrent par milliers des pages racontant la vie des saints et d’autres histoires édifiantes, mais pas seulement : des séries bien pensantes comme Tintin d’Hergé ou Pat’ Apouf de Gervy y font une carrière durable. Des auteurs comme François Bourgeon et André Juillard y firent leurs débuts [5].

Après les lois de 1901 sur les associations et celle de la Séparation de 1905, la France se trouva apaisée, ces instruments de « croisade » s’assagirent et se contentèrent d’accompagner la promotion d’un enseignement « libre » contre « l’école sans Dieu ».

Un enfant du Vingtième siècle

Monsieur Vincent de Raymond Reding (1957)
aux Editions du Lombard

L’atmosphère bien pensante de la « Bonne Presse » imprima longtemps sa marque sur la création de la bande dessinée. En Belgique, le journal catholique Le Vingtième Siècle créa lui aussi son supplément illustré, Le Petit Vingtième, où Tintin voit le jour en 1929, tandis que Le Croisé, l’organe de « La Croisade eucharistique », puis Petits Belges [6] publient les premiers travaux de Jijé dès la fin des années trente. Une pléiade d’auteurs, parmi lesquels Bob de Moor, Jacques Laudy, Gervy ou François Craenhals publient dans ces supports dont la pérennité est moins soumise aux aléas commerciaux. La bienséance confessionnelle reste d’ailleurs un argument de vente : cette « bonne presse » aux valeurs éducatives incontestables peut être mise sans réserve dans les mains des enfants. C’est pourquoi des hebdomadaires a priori non confessionnels comme Spirou ou Tintin veillèrent également, jusque dans les années 1960, à publier des histoires édifiantes afin de s’attacher la clientèle catholique. Ainsi, le Journal des 7 à 77 ans publie en 1957 Monsieur Vincent, une vie de Saint Vincent de Paul réalisée par Raymond Reding. Dans la sujétion à l’Eglise catholique de Belgique, cependant, les éditions Dupuis remportent la palme. Grâce à Jijé, porté par une foi chrétienne qui n’était pas feinte, l’éditeur de Marcinelle publia force bandes dessinées chrétiennes comme Don Bosco [7], Emmanuel, ou encore Blanc Casque. L’une et l’autre de ces maisons auront pendant quelques temps un « conseiller éditorial » qui vérifiera la bienséance du contenu du journal.

Entre les deux guerres, la presse jeunesse reste sous pression

La biographie de Charles de Foucauld par Jijé
(Réédition : Editions du Triomphe).

Du début du siècle à la Seconde guerre mondiale, une presse illustrée pour la jeunesse non confessionnelle se développa également. Avec La Semaine de Suzette et sa charmante mais très conservatrice Bécassine (1905) et presque concomitamment, les publications des frères Offenstadt : L’Illustré, L’Épatant [8], Le Cri-Cri, Fillette, on peut même dire qu’elle emporte un franc succès. Ces pionniers sont rejoints par une pléiade d’autres éditeurs dont la vocation n’est nullement confessionnelle, et notamment par Paul Winkler qui, après la fondation de l’agence Opera Mundi en 1928, créa en 1934 Le Journal de Mickey, puis Robinson, introduisant du même coup les meilleures bandes dessinées américaines. Un choc dont les lecteurs français ne se remettront plus jamais. Les BD américaines influencent profondément les créateurs européens comme Alain Saint-Ogan et son Zig et Puce (1925). « L’âge d’or » de la bande dessinée est là. La presse BD éducative confessionnelle étant par définition conservatrice, elle perd un peu de sa superbe devant des compétiteurs aussi créatifs.

C’est pourquoi elle leur mène une croisade incessante. Dès le début du siècle jusqu’à sa mort en 1940, l’Abbé Bethléem a vilipendé avec véhémence les « mauvais » journaux pour la jeunesse, comme le raconte l’historien Thierry Crépin : « Des voix catholiques se sont très tôt élevées pour dénoncer la naissance d’une presse enfantine de masse, accusée de corrompre les âmes enfantines par leur vulgarité et leur mépris de la religion. Le premier à disposer d’une forte notoriété fut l’abbé Louis Bethléem, un prêtre nordiste devenu, à l’âge de la maturité, un journaliste redouté par la virulence de ses analyses et de ses jugements critiques. » [9] De fait, son influence fut importante et profonde.

La Loi de 1949 sur la protection de la jeunesse

Reiser dans "Charlie Hebdo"
Cet hebdomadaire est en pointe dans la lutte pour les libertés individuelles, contre les positions de l’Eglise.

Ces croisades vont aboutir à la Loi sur la protection de la jeunesse de 1949 [10], un texte conçu sous Vichy et voté par les Catholiques et les Communistes [11] pour empêcher la BD américaine et en particulier Paul Winkler [12] de revenir aux affaires après la guerre. Mais malgré les interdictions imposées aux éditeurs belges (Le Lombard et Dupuis ont été plus qu’à leur tour censurés) et autres journaux publiant des dessins d’origine américaine ou italienne (Les éditions Lug à Lyon, Del Duca ou De Vecchi à Paris), « l’air du temps » a permis à ces BD de revenir dans les kiosques.

Ni Dieu, ni maître

Fluide Glacial
couverture de Gotlib

Il faut dire que, dès les années soixante, Hara Kiri et Charlie Hebdo reprennent le discours anticlérical féroce des caricaturistes républicains de la fin du 19ème siècle. La libéralisation des mœurs et l’esprit de 1968 ont permis un discours plus libéré et... plus offensif. Franquin, traumatisé par le poids que les convictions religieuses de ses éditeurs avaient fait peser sur ses premières années dans le métier, fut parmi l’un des premiers dessinateurs « classiques » à s’attaquer ouvertement à l’Église. Toute la bande d’Hara Kiri l’avait précédé et, à partir des années 1970, les occurrences anticléricales sont nombreuses dans la BD : de Fluide glacial à L’Écho des savanes, en passant par Le Trombone illustré un supplément dissident créé par Franquin et Delporte à l’intérieur du très catholique Spirou, les dessinateurs se défoulent.

Dans le "Petit Spirou" : L’Abbé Langelusse
de Tome & Janry. (Ed. Dupuis).

Le discours anticlérical ne se contente plus, selon le mot d’ordre de Léo Taxil, de « tuer par le rire » en ridiculisant l’Église. Il se montre plus subtil, veille à ne pas viser que l’Eglise catholique. Ainsi, en est-il dans le récent numéro de Fluide Glacial [13], où Gotlib, dans un roman-photo de Léandri, l’intégrisme en question, incarne aussi bien le curé, que le rabbin ou l’imam. Il exprime là un idéal laïque (renvoyer les religions dos à dos) qui a bien perdu de sa vigueur depuis la fondation de la République. Cela dit, la religion est devenue en quelques années un "sujet" : une série d’ouvrages ont paru qui portent sur elle un regard critique mais néanmoins nuancé.

Muchacho de Lepage
Editions Dupuis

Parmi ceux-ci, Le Curé de Laurent Lacoste et Christian De Metter (Éditions Soleil) soumet un jeune prêtre aux affres du secret de la confession, tandis que Lepage, dans Muchacho (Dupuis, collection Aire Libre), met un écclésiastique à peine entré dans les ordres face aux difficultés de son célibat et à la réalité de l’engagement de l’Eglise aux côtés de la dictature dans le Nicaragua des années 1970. Dans MW, un auteur japonais comme Osamu Tezuka montre également un jeune homme entré dans les ordres tourmenté par les exactions criminelles de son amant. Dans le mode humoristique, le fayot du Petit Spirou ressemble trop étrangement au curé pour qu’on n’y voit pas une filiation, même légèrement voilée.

"Le Curé" de Laurent Lacoste et Christian De Metter (Editions Soleil)
Notre jeune prêtre vient d’apprendre une terrible vérité sous le sceau de la confession.

La bande dessinée « chrétienne »

Mais curieusement, depuis quelques années, alors que les discours communautaires s’expriment, de plus en plus incisifs, de plus en plus revendicatifs, il devient périlleux de critiquer la religion. Naturelles dans les années 80, les saillies gentiment anticléricales du Petit Spirou ne passent plus aussi bien aujourd’hui. La radicalisation des discours communautaires, de Georges Bush à Dieudonné, une nouvelle vigueur identitaire religieuse, en sont peut-être la cause.

Une biographie de Jean-Paul II
aux Editions du Triomphe

C’est peut-être une des explications du retour de la bande dessinée « chrétienne », ainsi que la nomme le Père Roland Francart. Alors qu’il y a dix ans, il constatait que les éditeurs traditionnels avaient délaissé ce genre au profit d’une BD plus distractive, ou simplement éducative, en un mot qui fait horreur, plus « laïque », on n’a jamais autant vu d’hagiographies en BD en librairie, de la vie de Jean-Paul II, du Padre Pio, à celle de Jose Maria Escriva, le fondateur de l’Opus Dei. Des labels comme Coccinelle ou les Éditions du Triomphe ont pris le relais de leurs aînés déficients en commençant par rééditer les vieux classiques de la BD confessionnelle signés Loys Pétillot ou Pierdec. Parce qu’un certain public, une frange radicale des Catholiques [14], a envie de renouer avec cette littérature qui leur rappelle leur enfance, mais aussi sans doute à cause d’un sentiment passéiste qui renoue parfois avec des conceptions religieuses préconciliaires [15].

Un retour au "spirituel"

Le Troisième testament
d’Alex Alice et Xavier Dorison (Ed. Glénat)

Signe des temps, le matériau religieux fait florès dans la bande dessinée « profane », en particulier la BD ésotérique, qu’elle soit historique ou de science-fiction. On songe aux best-sellers Le Décalogue (Glénat) de Frank Giroud qui tourne autour d’un livre qui contiendrait les dernières volontés de Mahomet, au Troisième Testament (Glénat) de Xavier Dorison et Alex Alice, qui évoque un treizième apôtre qui ne serait autre que le frère du Christ, ou bien encore Le Triangle secret et I.N.R.I.(Glénat) de Didier Convard qui imagine une loge maçonnique fondée par Jésus... Du Bouddha dont le sourire vient illuminer le dernier album de Cosey (Dupuis) au rabbin facétieux de Joann Sfar(Dargaud), il n’est pas une religion qui ne figure dans la BD, montrée de façon respectueuse ou critique.

Mais entre un retour du sentiment religieux dilué dans la fiction, une radicalisation des communautarismes et un anticléricalisme qui se limite à la jouissance de la cruauté, on a peut-être oublié que la libre pensée, ce concept défendu par les philosophes des Lumières, s’applique à toute expression de l’homme, qu’elle soit religieuse ou anticléricale.

Fluide Glacial Série Or (Décembre 2005)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : La Mitre railleuse d’André Franquin, née dans "Le Trombone illustré" supplément satirique et (gentiment) anticlérical de Spirou. © Marsu Productions.

[1Roland Francart avec la collaboration de Paule Faustroy, La BD chrétienne, Les éditions du Cerf, Paris, 1994.

[2René Cercler, François Georgin et l’imagerie, Les Publications techniques, Paris, 1943.

[3Michel Dixmier, Jacqueline Lalouette et Didier Pasamonik, La République et l’Église - Images d’une querelle, Les éditions de la Martinière, Paris 2005.

[4Propriétaires, depuis 2004, de Milan Presse. Les Assomptionnistes sont toujours propriétaires de Bayard Presse, le leader français de la presse et de l’édition jeunesse. « Avec ses deux mille cinq cents salariés et ses trois mille trois cents pigistes, Bayard (338,5 millions d’euros de CA) publie un quotidien et cent cinquante magazines, dont plus de la moitié en dehors de France, de l’Amérique du Nord à la Chine, de l’Afrique à la Norvège, du Mexique aux Pays-Bas » clame fièrement le site officiel du groupe.

[5Dans les années 1980, des mesures fiscales imposées par la gauche au pouvoir obligent les associations religieuses à rationaliser leur gestion. Cette disposition d’apparence anodine va provoquer le déclin de cette presse fondée sur les abonnements souscrits par les cures. Récemment, les titres de presse du puissant groupe La Vie catholique/Fleurus Presse ont été rachetés par le groupe Le Monde, la partie « livre » du groupe étant tombée dans l’escarcelle de Média-Participations.

[6Ce dernier titre étant publié par l’Abbaye d’Averbode.

[7Ce titre s’est vendu à l’époque à plus de 100.000 exemplaires.

[8Où les Pieds Nickelés voient le jour le 4 juin 1908.

[9Thierry Crépin, Haro sur le gangster ! La moralisation de la presse enfantine 1934-1954, CNRS Éditions, Paris, 2001.

[10Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 : « Sont interdites les publications présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous crimes ou délits de nature à démoraliser la jeunesse. » lire à ce sujet : Thierry Groensteen, Thierry Crépin (Dir.), On Tue à chaque page, Editions du CNBDI, Angoulême, 1999.

[11Le PCF y a intérêt : il détient alors le journal Vaillant devenu ensuite Pif Gadget.

[12À qui le gouvernement de Vichy avait retiré sa nationalité française.

[13Ō Dieux, religions et idoles - Or série N°32, décembre 2005. Voir l’article de Laurent Boileau à ce sujet.

[14Voir à ce sujet notre article sur une mise à l’index de certains titres de la BD contemporaine par un groupe d’ultras.

[15Le Concile de Vatican II avait notamment assoupli certains aspects du dogme et favorisé le rapprochement œcuménique.

 
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15 Messages :
  • > L’Église et la bande dessinée
    11 décembre 2005 16:02, par OHEM

    Excellent article... et très éloquent. Bravo !

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    • Répondu par Jeanjean le 23 décembre 2005 à  16:46 :

      Permettez à un amateur de bd et catho pratiquant de donner son avis sur votre article ! Je trouve que votre article n’est pas vraiement équitable. Il est de bon ton aujourd’hui de bouffer du curé dans les médias. Je suis quelqu’un de modéré mais parfois tout cela m’irrite profondément. Ma famille est lecteur du journal de Spirou depuis 3 générations et les blagues du Petit Spirou "gentiment anticléricales" m’ont fait éclater de rire ainsi que mes enfants. Nous avons d’ailleurs tous les albums. Je tiens à signaler que le Petit Spirou est apparu dans le journal de Spirou dans les années 90 et non pas 80.

      " La radicalisation des discours communautaires, de Georges Bush à Dieudonné, une nouvelle vigueur identitaire religieuse, en sont peut-être la cause."
      Je ne suis pas d’accord avec vous. Ce n’est pas parce que les médias leur donne autant d’importance qu’il faut croire qu’on peut manipuler le grand public.
      J’aime tout les types de bd et j’ai lu, avec plaisir, les séries franc-maçonniques de chez Glénat. Vous soulignez le renouveau des éditions bd chrétiennes... mais elles n’ont jamais cessé de paraître. Je ne comprends pas votre agacement à ce sujet car ces bd chrétiennes sont noyées sous le flot des albums qui sortent chaque mois chez les libraires.
      Je suis trop jeune pour avoir connu Coeur vaillant mais je l’ai découvert sur un vide grenier. J’ai aujourd’hui presque la totalité des numéros. Vous soulignez "les histoires édifiantes". Je crois que vous n’avez jamais lu Coeur vaillant. Je suis en train de faire un gros travail en listant toutes les bd parus et je réalise une bio de tous les auteurs qui ont publié dans ces pages. Vous seriez bien étonné de voir que la plupart des auteurs (débutants) à l’époque sont devenus aujourd’hui des "vedettes" comme Mézière (Valérian), Giraud etc. Coeur vaillant permettait, comme a fait Spirou, à des jeunes de se lancer dans la bd. Et je ne crois pas qu’ils ont été traumatisé...

      "Des labels comme Coccinelle ou les Éditions du Triomphe ont pris le relais de leurs aînés déficients en commençant par rééditer les vieux classiques de la BD confessionnelle signés Loys Pétillot ou Pierdec. Parce qu’un certain public, une frange radicale des Catholiques [14], a envie de renouer avec cette littérature qui leur rappelle leur enfance, mais aussi sans doute à cause d’un sentiment passéiste qui renoue parfois avec des conceptions religieuses préconciliaires [15]."
      Je ne suis pas d’accord. Si j’achète ces albums c’est pour découvrir ce patrimoine oublié et non pas par nostalgie. Est-il répréhensible de redécouvrir de grands dessinateurs des années 50 et leurs oeuvres ?

      Jean Jean

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 24 décembre 2005 à  19:19 :

        "Ma famille est lecteur du journal de Spirou depuis 3 générations et les blagues du Petit Spirou "gentiment anticléricales" m’ont fait éclater de rire ainsi que mes enfants. Nous avons d’ailleurs tous les albums. Je tiens à signaler que le Petit Spirou est apparu dans le journal de Spirou dans les années 90 et non pas 80".

        Encore heureux que le Petit Spirou vous fasse rire, c’est son but, non ? Que vous n’y voyiez aucune saillie anticléricale me fait sourire. D’autres Catholiques ne sont pas du même avis que vous. Au passage, je vous signale que le Petit Spirou existe dans Spirou depuis 1988, contrairement à ce que vous affirmez. Pour les détails, reportez-vous à l’excellent site BD Oubliées.com.

        "Je ne comprends pas votre agacement à ce sujet car ces bd chrétiennes sont noyées sous le flot des albums qui sortent chaque mois chez les libraires."

        Je ne suis nullement agacé. Mon article était mesuré. Je trouve normal qu’une BD "chrétienneé s’exprime. Le constat du renouveau n’est pas fait par moi-même mais par le RP Francart, auteur d’un livre sur la BD chrétienne.

        "Je crois que vous n’avez jamais lu Coeur vaillant".

        Vous vous trompez.

        "Vous seriez bien étonné de voir que la plupart des auteurs (débutants) à l’époque sont devenus aujourd’hui des "vedettes" comme Mézière (Valérian), Giraud etc. "

        C’est exactement ce que je mentionne dans mon article, en citant Bourgeon et Juillard comme exemples. Les débuts de Giraud, il les a faits aux Editions de Montsouris de Marijac, pas vraiment une presse cléricale...

        "Si j’achète ces albums c’est pour découvrir ce patrimoine oublié et non pas par nostalgie. Est-il répréhensible de redécouvrir de grands dessinateurs des années 50 et leurs oeuvres ?"

        Je parlais d’une "frange radicale des Catholiques". Si vous ne vous incluez pas dans celle-ci, c’est que vous n’êtes pas concerné.

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        • Répondu par Jérôme Dupré la Tour le 10 janvier 2006 à  17:45 :

          Merci à l’auteur de cet article et à ceux qui y réagissent. Ces réactions témoignent d’un évident souhait de voir fleurir une "nouvelle BD chrétienne". Tout jeune auteur, je travaille moi-même sur de nouvelles formes de "BD chrétiennes", désireux de voir publiés des ouvrages qui parlent de la FOI (mot je crois non prononcé dans votre article). Vos précisions sont d’une aide précieuse pour des jeunes auteurs de ma génération, bel et bien actifs, conscient du patrimoine BD dont nous héritons et dont nous ignorons souvent les tenants.
          Si vous disposez d’autres références sur le thème de la religion, des religions en BD, je vous serait fort reconnaissant de m’en faire part.
          Pour ceux qui souhaiteraient en parler, je serai sur la place "jeunes Talents" à Angoulême dans 15 jours. Bien à vous

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          • Répondu le 25 janvier 2006 à  00:16 :

            Venez manger au presbytère de la Catyhédrale d’Angoulême, Jérôme, pendant la BD (au 18 Rue Fénelon)
            Vous y rencontrerez toute l’équipe de la BD chrétienne qui y plante son QG de cuisine, et on pourra développer à loisir !
            Signé : le curé de ladite cathédrale

            Voir en ligne : Cathédrale d’Angoulême

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  • > L’Église et la bande dessinée
    11 décembre 2005 23:38

    Je félicite Didier Pasamonik pour le travail de recherches effectuées pour cet article. Je tiens, toutefois à y apporter quelques corrections concernant Jijé.

    Le dessinateur namurois a travaillé pour "Le Croisé" dès 1935 et c’est en 1936 qu’on y publiera sa première bande dessinée Jojo. "Le Croisé" était un hebdomadaire publié par l’antenne belge de "La Croisade Eucharistique des Enfants" installée à Namur, qui était un mouvement fondé à l’aube de la première guerre mondiale sous les auspices du pape Pie X. Les aventures de Jojo prennent fin en juillet 1939. Parallèlement au Croisé, Jijé est rentré aux Editions Dupuis en 1938 pour le Moustique et puis l’hebdomadaire Spirou où l’on publiera Freddy Fred à partir d’avril 1939.

    Et c’est toujours au printemps 1939 qu’il propose ses services à l’hebdomadaire "Les Petits Belges" pour lequel il dessinera les trois premières aventures de Blondin et Cirage (de 1939 à 1942). "Les Petits Belges" sont édités par l’Ordre des Prémontrés de l’abbaye d’Averbode près de Louvain en Belgique. La maison d’édition Averbode est plus que centenaire et reste un grand groupe de presse belge qui publie principalement des périodiques pour la jeunesse distribués souvent par le canal des écoles elles-mêmes.
    Ceci donc pour faire le distinguo entre les deux maisons d’Editions.(cfr le renvoi n°6 de l’article ci-dessus).

    Pour ce qui concerne la biographie Don Bosco, il en existe deux versions, une première édition prépubliée dans Spirou en 1941-42 et qui a fait l’objet d’au moins 6 tirages différents entre 1943 et 1949 cumulant les 120.000 exemplaires. Ensuite une deuxième version (redessinée par Jijé) et prépubliée dans Le Moustique en 1949-50, qui a fait l’objet de 3 tirages différents entre 1950 et 1957 cumulant les 130.000 exemplaires. Cette biographie a ensuite été rééditée par Dupuis en 1976 puis en 1984 et tout récemment encore dans le Tout Jijé (2004). Il y a donc eu bien plus de 100.000 exemplaires mentionnés dans l’article pour l’époque d’après-guerre.

    Puisque l’auteur de l’article mentionne que les Editions Dupuis ont publié Don Bosco, Emmanuel et Blanc Casque avec un conseiller éditorial qui vérifiait la bienséance du contenu du journal (comprenons l’hebdomadaire Spirou), je tiens à rectifier qu’Emmanuel n’a fait l’objet d’aucune prépublication hebdomadaire dans les périodiques des Editions Dupuis (à l’exception de trois planches passées dans Le Moustique à l’occasion de la fête de Pâques en 1949). D’autre part, l’histoire de Blanc Casque a été prépubliée dans l’hebdomadaire Le Moustique (1954) suite au caractère trop adulte de l’histoire. Pour rappel, la planche 25 où le "héros" saisit un couteau pour tuer sa femme, planche 26 où celui-ci se penche, le couteau en main, sur le berceau où dort son bébé, planches 27 et 28 où il jette son bébé dans la rivière... À mon humble avis, cette pseudo biographie ne doit pas être cataloguée dans les religiosités de la bd franco-belge. Son côté moralisateur dénonce les méfaits de l’alcoolisme, toujours d’actualité de nos jours...

    Rappelons également que Jijé a dessiné une biographie de Bernadette Soubirous prépubliée dans l’hebdomadaire Line (Le Lombard) en 1958.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 13 décembre 2005 à  10:20 :

      Pour Blanc Casque, on peut toujours ergoter, mais passons. Nous vous remercions pour ces précisions. Effectivement, Le Croisé n’est pas publié par l’Abbaye d’Averbode. Nous avons corrigé la note.

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  • > L’Église et la bande dessinée
    12 décembre 2005 11:50, par PPV

    Très intéressant en effet, mais certains auteurs - dont mon vénéré Tardi - devraient se méfier d’une forme d’anticléricalisme primaire.

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  • > L’Église et la bande dessinée
    12 décembre 2005 13:47, par Jean-François V

    Si je félicite Didier Pasamonik pour son résumé succinct du sujet, il n’en est pas forcément de même pour son appréciation des faits, très caricaturale.

    Lorsqu’il dit :"Parce qu’un certain public, une frange radicale des Catholiques, a envie de renouer avec cette littérature qui leur rappelle leur enfance, mais aussi sans doute à cause d’un sentiment passéiste qui renoue parfois avec des conceptions religieuses préconciliaires.", il semble réduire les acheteurs de ce type de BD à des rétrogrades. C’est oublié que l’on estime que 3 à 4 millions de personnes fréquentent encore les églises catholiques tous les dimanches. Ces gens là recherchent de nouvelles BD sur le sujet. Connaissez-vous par exemple Loupio le petit barde ami de St François d’Assise dont chaque nouvel album atteint les 40 000 exemplaires !? (5 titres parus à ce jour chez Edifa) Pourquoi jeter l’anathème sur ces lectures en les traitant de passéistes ? La simplification est trop facile !

    Au contraire, il y a un renouveau. Il a d’ailleurs été lancé cette année un "concours des jeunes espoirs de la BD chrétienne" dont les résultats seront proclamés à Angoulême.

    Pour terminer, la BD présentée dans le paragraphe que j’incrimine est celle sur Jean-Paul II. C’est particulièrement un mauvais choix vu le texte qui l’accompagne. Serait-il lui aussi attaché à des conceptions religieuses préconciliaires selon vous ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 13 décembre 2005 à  10:25 :

      Quand je parlais de BD qui renouent parfois avec des conceptions préconciliaires, je pensais par exemple aux albums de Pilamm chez Brepols.

      Je vous laisse le soin de juger par vous-même quelle est la position de Jean-Paul II par rapport à Vatican II, cette question n’étant pas de ma compétence.

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  • > L’Église et la bande dessinée
    14 décembre 2005 00:05, par Jerry

    On le sait depuis la préhistoire : le dessin est l’un des tous premiers moyens d’expression. Simple, efficace, puissant, didactique. Il est donc assez naturel qu’il soit devenu, avec la construction de la pensée, et au delà d’une seule expression esthétique - un moyen d’expression politique ou religieux très puissant.

    On ne peut donc reprocher à l’Eglise - ou à ses émanations indirectes - l’usage, en soi, de la Bande Dessinée comme outil d’enseignement - ou de propagande - selon le bord d’où on se place. Ou alors, il faut également adresser ce reproche à tous ceux qui utilisent la BD et le dessin comme moyens de communiquer une pensée sociale, politique ou religieuse.

    A commencer par les BD qualifiée dans l’article de « sans Dieu ni maître », ayant choisi d’affirmer un anti-cléricalisme radical - mais explicite - ou celle plus insidieuse et très « tendance », la BD « Esotérique » au militantisme efficace, notamment lorsqu’il est orchestré par Didier Convard, directeur de la Collection Loge Noire chez Glénat.

    On aurait aimé un peu plus de nuances et d’objectivité dans cet article, ou au contraire, une prise de position plus claire et mieux assumée, au risque d’être plus polémique...et donc moins appréciée !

    Cordialement,

    Jerry.

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    • Répondu le 15 décembre 2005 à  10:27 :

      Attention le message ci-dessus est particulièrement douteux. Quel mouvement Jerry tente-t-il de dénoncer entre les lignes ? Didier Convard n’a jamais caché son appartenance à la Franc-Maçonnerie. Alors M Jerry Fletcher, c’est quoi votre combat ?

      Bizarre d’ailleurs ce nom, il me rappelle quelque chose... Une petite recherche sur le web et voici la réponse par un extrait de la fiche du film Complots ( http://perso.easynet.fr/websad/Annuaire/Complots.htm ) : "Jerry Fletcher (Mel Gibson), est un chauffeur de taxi pas comme les autres. Il est paranoïaque. Accumulant coupures de presse et divers documents, il les dissèque et en forme un bulletin, distribué à cinq abonnés, qui prouve que chaque fait, aussi anondin qu’il puisse paraître, dissimule un gigantesque complot."

      C’en est comique, non ? La concordance des noms est-elle une de ces coïncidences amusantes ou avons nous affaire à un de ces nombreux et dangeureux paranoïaques qui se répandent sur le web ?

      Laurent Mélikian - Athée à la mente

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      • Répondu par Jerry Fletcher le 17 décembre 2005 à  23:40 :

        Coïncidence ? Pour le savoir, il suffit d’aller faire une petit tour sur mon blog :
        www.complots.blogspirit.com

        Et pour répondre à la question : je ne mêne aucun combat. Mais je ne refuse pas une petite discussion polémique de temps en temps !

        Jerry.

        Voir en ligne : Qui est Jerry ?

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 18 décembre 2005 à  00:01 :

          Quand la polémique ressemble trop à de l’agit prop pour faire la promo de son site, on finit par la "modérer". A bon entendeur.

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    • Répondu le 20 décembre 2005 à  14:51 :

      Comment démontrer que la 2e image est une caricature ? merci de vtre aide

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