L’Encyclopédie du mal - T1 : La Maison du sang - Par Makles & Lacroix - Soleil

28 novembre 2004 0 commentaire
  • Au premier abord, l'{Encyclopédie du Mal} pourrait sembler ressembler à toutes ces histoires de combats entre les démons et les hommes, mais ce premier album d'une trilogie démontre déjà que ses auteurs ont d'autres ambitions.

Dans une contrée moyenâgeuse et germanisante, des démons semble-t-il invincibles s’emparent de l’esprit et du corps des hommes. La communauté humaine ne sera sauvée que par l’intervention d’un dessinateur, Hermann Deeland, qui découvre que les démons, une fois représentés sur le papier, deviennent mortels. Deeland créera alors une encyclopédie visuelle de ces ennemis de l’humanité.
Dix ans après une victoire des hommes et la vengeance des démons sur celui qui a provoqué leur défaite, Johannes, son jeune fils qui l’a à peine connu, va apprendre que lui aussi pourrait bien jouer un rôle dans cette guerre à l’état larvé. Accompagné de Vlad Wilcz, un guerrier encore jeune mais déjà endurci, le dessinateur débutant qu’est Johannes va voyager vers le château de la maîtresse de la région, affrontant sur le chemin plusieurs de ces créatures.

Autour une belle idée centrale - la représentation de l’ennemi donne du pouvoir sur celui-ci -, le scénariste a bâti une intrigue prenante et des personnages crédibles, la confrontation/collaboration de deux personnages aussi dissemblables que Vlad et Johannes donnant tout son sel à l’histoire. La mise en scène de Joseph Lacroix, qui signe là son premier album, est largement à la hauteur du scénario.

L'Encyclopédie du mal - T1 : La Maison du sang - Par Makles & Lacroix - Soleil

La narration est efficace et variée (une grille 3x3 pour des passages de dialogues, des cases ouvertes et penchées pour les scènes d’action, etc.), et le trait assuré semble prouver que le dessinateur aime autant dessiner des être humains que des créatures fantastiques. On peut remarquer aussi le beau travail sur les couleurs et les textures, malheureusement un peu gâché par une impression pâlotte.

Voilà un nouvel album à l’ambiance finalement assez pessimiste, qui tranche donc avec la pléthore de BD aux histoires manichéennes et prévisibles et au dessin plus préoccupé par la taille du tour de poitrine des héroïnes que par la création d’une ambiance prenante. Espérons qu’il rencontrera un large public à même de l’apprécier à sa juste valeur.

(par François Peneaud)

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- Le site officiel.
- Une interview de Lacroix en BD.

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