L’Enfant ébranlé - Par Tang Xiao - Kana

30 octobre 2020 0 commentaire
  • Le jeune Yang Hao, très bon élève, doit faire face à plusieurs bouleversements au sein de son quotidien : familiaux, personnels et scolaires. Une chronique touchante de l'enfance pour un long récit parmi les plus émouvants et les plus réussis du moment.

Dix ans, Yang Hao fait la fierté de sa mère. Bon élève, témoignant d’un talent littéraire évident, il attend patiemment le retour de son père, parti depuis de longs mois pour le travail. Mais le retour de celui-ci n’est pas à la hauteur des attentes de l’enfant. D’autant que d’autres événements font irruption dans l’existence du garçon : tensions avec des amis, menaces à l’école ou encore nouvelles fréquentations.

Son monde s’épaissit, se complexifie, donne jour à de nouveaux sentiments, de nouveaux centres d’intérêt. Et pendant ce temps, son père s’évade dans le mah-jong pratiqué continument avec ses amis, délaisse son épouse et son fils, et rêve d’argent facile gagné dans des opérations douteuses. L’univers lisse et sans accroc de Yang Hao se lézarde peu à peu, provoquant des fêlures intérieures aux conséquences de plus en plus visibles.

L'Enfant ébranlé - Par Tang Xiao - Kana
Yang Hao parti chercher son père passant sa soirée à jouer au mah jong
L’Enfant ébranlé © Tang Xiao / Kana

Tang Xiao signe avec L’Enfant ébranlé un manhua - la BD chinoise, à lire ici dans le sens de lecture occidental - d’une rare justesse. Le récit oscille entre le portrait psychologique, le drame familial, la chronique d’enfance et la peinture sociale. Tout y est, à la fois précis et subtil, dans un équilibre qui témoigne de la sensibilité et de la maîtrise du manhuajia.

Le registre de l’émotion se trouve travaillé sous toutes ses nuances, entre angoisse, mélancolie, tristesse, humour, excitation ou encore colère. Dans une trajectoire que l’on pense erratique, proche de la tranche de vie, mais qui relève pourtant d’une conscience aigüe de la finalité envisagée. En effet, tout ce long récit culmine finalement, presque naturellement, dans une ultime scène à la fois d’une grande banalité et d’une puissante charge émotionnelle.

C’est beau, tout bonnement, et l’on sort de cette lecture bouleversé. Et avec la conviction d’avoir lu un récit d’importance pour la bande dessinée.

Des moments difficiles pour un petit garçon
L’Enfant ébranlé © Tang Xiao / Kana

(par Aurélien Pigeat)

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L’Enfant ébranlé. Par Tang Xiao. Traduction An Ning. Kana. Sortie le 4 septembre 2020. 402 pages. 19,95 euros.

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