L’Ère des cristaux T1 - Par Haruko Ichikawa - Glénat

1er mars 2016 0 commentaire
  • Nouveauté manga 2016, "L’Ère des cristaux" apparaît d'emblée comme atypique par son dessin, son univers, sa narration ou encore le genre dans lequel il s'inscrit. Pas sûr que cela séduise tout le monde, mais le titre dégage un charme indéniable susceptible d'envoûter ceux qui se donneront la peine d'explorer cette histoire.

Dans un futur lointain, la vie humaine a semble-t-il complètement disparu. L’espèce vivante qui règne désormais sur la planète est étonnamment minérale. Il s’agit d’un groupe de vingt-huit "gemmes", des êtres à apparence humaine mais physiquement associés à diverses pierres précieuses. Immortelles, ces créatures affrontent cependant de mystérieux ennemis, les séléniens, qui apparaissent régulièrement pour s’emparer de leur corps cristallin.

Phos, l’une de ces gemmes, n’a pas encore de fonction définie dans cette petite société organisée selon la résistance des cristaux, celle-ci décidant du statut, ou non, de guerriers des gemmes. Mais le maître de la communauté lui confie une nouvelle mission : celle de devenir l’historien de leur peuple. Débute alors une quête de sens, individuelle et collective, que le lecteur est invité à suivre.

L'Ère des cristaux T1 - Par Haruko Ichikawa - Glénat
Pendant que Phos s’entretient avec le Maître de son avenir apparait un sélénien
L’Ère des cristaux T1 © Haruko Ichikawa / Kodansha Ltd.

Cette amorce se montre immédiatement intéressante en ce qu’elle permet au titre d’osciller entre différents genres et registres, mais aussi d’amorcer une intrigue tout en brossant un vaste panorama du monde présenté. Ainsi, les scènes de combat contre les séléniens alternent avec les moments de tranches de vie tandis que les rencontres entre Phos et ses congénères permettent de construire des personnages habilement caractérisés tout en développant une dimension relationnelle et psychologique du récit assez fine.

Il faut cependant se montrer patient car pour le moment l’intrigue avance peu, les mystères sont nombreux et l’on se contente plutôt d’un passage en revue des différents protagonistes à travers quelques enjeux, limités, qui leur sont liés. Sur ce premier volume, ce sont davantage l’ambiance et l’atmosphère qui charment que les péripéties qui intéressent.

Des éléments de compréhension du monde sont rapidement donnés, notamment par le Maître
L’Ère des cristaux T1 © Haruko Ichikawa / Kodansha Ltd

Coté dessin, si l’on reconnaît bien évidemment certains codes manga, le style se veut original aussi bien du côté du trait que de la structure et de la composition des planches. Les cases y sont toujours nettes et géométriques, plutôt dans une tradition occidentale. Et si le dessin des personnages apparaît clairement oriental, d’inspiration shojo manga, et souvent un peu léger, certains éléments de décor, les manifestations des séléniens ou des pouvoirs des gemmes affichent eux un travail soigné et réfléchi, notamment fondé sur des aplats de noir donnant une portée graphique au titre de grande qualité.

Là encore, ce parti-pris esthétique évident peut diviser et le choix d’éditer un tel titre nous semble audacieux. Mais on espère que le public donnera sa chance à la série de Haruko Ichikawa, poétique, et pour l’heure plutôt contemplative, car elle fait souffler un vent de fraîcheur sur le paysage manga de ce début d’année.

Des adversaires coriaces aux représentations surprenantes
L’Ère des cristaux T1 © Haruko Ichikawa / Kodansha Ltd

(par Aurélien Pigeat)

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L’Ère des cristaux T1. Par Haruko Ichikawa. Traduction Anne-Sophie Thévenon. Glénat. Sortie le 13 janvier 2016. 196 pages. 7,60 euros.

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