L’Héritage de Deathstroke - Par Kyle Higgins & Joe Bennett (Trad. Mathieu Auverdin) - Urban Comics

22 août 2014 0 commentaire
  • Deathstroke, le plus implacable et légendaire des mercenaires-assassins de l'univers DC Comics, désire prouver qu’il est toujours le numéro un. Sera-t-il à la hauteur de sa réputation, en dépit du poids des années ? Réponse dans cet album très violent, au bilan mitigé.

Slade Wilson, dit Deathstroke le Terminator, rejoint la collection "DC Nemesis", consacrée aux plus emblématiques vilains de DC Comics. Pour le récit choisi, Urban Comics nous propose le début du run de la seconde série régulière du personnage, lancé dans le cadre du relaunch new 52. Un récit donc récent, de huit épisodes et qui constitue une histoire complète [1].

Faisant partie de ces personnages peu connus du grand public, mais très appréciés des amateurs passionnés, Deathstroke fait son apparition en 1980, dans le numéro 2 des The New Teen Titans. Créé par Marv Wolfman et George Pérez, c’est un mercenaire-assassin qui reprend un contrat pour éliminer les Teen Titans. Le personnage plaît immédiatement aux lecteurs et s’impose avec le temps comme leur plus grand ennemi.

Deathstroke se trouve ainsi au cœur de l’arc narratif Judas Contract (1984), considéré comme l’apogée du travail de Marv Wolfman et George Pérez sur les Teen Titans. La relation du mercenaire avec ces jeunes héros se fait au fil du temps plus complexe et ambiguë. Un jeu autour de son âge se construit également, qui répond logiquement au principe d’équipe d’adolescents -deux des enfants de Deathstroke seront d’ailleurs membres des Teen Titans, installant un jeu de rébellion avec la figure paternelle autoritaire.

L'Héritage de Deathstroke - Par Kyle Higgins & Joe Bennett (Trad. Mathieu Auverdin) - Urban Comics
Rien n’arrête Deathstroke, pas même un bombardier !
© Urban Comics / DC Comics

Qui est donc Deathstroke ? Un mercenaire borgne, modifié génétiquement, doté de capacités physiques et intellectuelles améliorées, ainsi que d’un pouvoir de guérison accéléré. À cela, ajoutons une expérience militaire de premier ordre et une maîtrise de divers arts martiaux. Un CV classique [2] mais qui fonctionne grâce à un principe simple : Deathstroke se montre badass en toute circonstance ! Avec lui les auteurs n’hésitent jamais à se lâcher, comme lors d’un étonnant passage de Identity Crisis où le mercenaire met au tapis huit super-héros en même temps, dont Flash et Green Lantern !

En dépit de son âge, Slade en impose toujours !
© Urban Comics / DC Comics

Dans L’Héritage de Deathstroke, Slade, qui commence à se faire vieux, se voit confier un contrat qu’il va plus ou moins détourner pour prouver au monde qu’il est toujours le meilleur, et que son nom reste synonyme de peur.

Ne faisons pas de mystère : le titre vise à proposer de l’action non-stop et ultra-violente de surcroît. Deathstroke n’est pas un tendre et il n’a peur de rien ! Kyle Higgins et Joe Bennett s’en donnent à cœur joie à chaque épisode, avec des scènes de boucherie, avec épées ou flingues, et des explosions à tout va.

L’ensemble est loin d’être subtil, et la présence d’un mince fil d’intrigue se déployant sur huit épisodes -tout de même- peine à convaincre. Chaque séquence enchaîne toujours la même recette : Deathstroke fonce dans le tas, ne trouve que peu de résistance et massacre ses adversaires dans un maelström de violence, ne montrant aucune pitié pour les malheureux se trouvant sur son passage !

L’ambiance se veut fun et décomplexée : Deathstroke est un badguy, un vrai de vrai, à l’ancienne. Si, dans un premier temps, le concept amuse, le côté bourrin et répétitif du schéma montre rapidement ses limites. Les missions se résument à des scènes d’action ultra-violente, sans enjeu car Deathstroke agit toujours sans plan. Quant à l’intrigue et aux personnages secondaires, rien de très développé : le tout apparaît surtout fonctionnel (même si l’épisode huit propose un "entracte" un brin plus intéressant).

Au final, à force d’en faire des tonnes et de forcer le trait, le titre se trouve à la limite de la parodie, et il n’est pas sûr que les amateurs du mercenaire y trouvent leur compte avec une vision aussi unilatérale. Un brin dommage alors qu’il s’agit d’un album ayant pour but de rendre hommage au personnage. La première série régulière de Deathstroke, publiée dans les années 1990 et écrite par Marv Wolfman, aurait peut-être été un choix plus judicieux ?

Pas de détails et de perte de temps pour Deathstroke !
© Urban Comics / DC Comics

(par Guillaume Boutet)

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L’Héritage de Deathstroke. Par Kyle Higgins & Joe Bennett. Traduction Mathieu Auverdin. Urban Comics, collection "DC Nemesis". Sortie le 29 août 2014. 192 pages. 17,50 euros.

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La collection "DC Nemesis" sur ActuaBD :
- Empereur Joker
- La cible de Deadshot
- Les Tourments de Double Face

[1Les épisodes contenus dans L’Héritage de Deathstroke sont :
- Deathstroke #1-8 (septembre 2011 à avril 2012)

[2Comparé parfois à Wolverine de Marvel, Deathstroke se trouve "naturellement" associé avec ce dernier dans le crossover Uncanny X-Men/Teen Titans de 1982.

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