L’Histoire Belge, par Benoît Preteseille - La Cinquième Couche

1er avril 2008 0 commentaire
  • Carnet de voyage d'un français en Belgique, cet album fait la part belle aux surréalistes et est bourré d'allusions à une certaine gamme d'artistes belges, de Brueghel à Magritte en passant par l'école de Marcinelle.

Ça est une blague belge.
Victor est français, et a envie de mourir, mais un aigle intervient et l’entraîne, bien malgré lui, à la découverte du plat pays. Son périple étrange évite les restaurants branchés et les hauts lieux touristiques pour lui faire rencontrer une quantité de personnages aussi symboliques que reconnus : un lFamand de Brueghel avec qui il comprend que la langue n’est pas une barrière pour communiquer, l’homme au chapeau melon de Magritte qui lui apprend à relativiser, le choc Spirou-Tintin dans un contraste exacerbé, des personnages issus des tableaux de James Ensor et de Paul Delvaux qui tentent de lui faire comprendre le sens de la vie, etc.

À travers ce voyage imaginaire et absurde, l’auteur rassemble toute une logique de vie qu’il nomme ’Ordre Belge’ et qu’il propose d’appliquer au monde entier : établir le non-réalisme en refusant toute réflexion sérieuse et équilibrée, afin que cette liberté retrouvée nous procure la joie (de vivre).

L'Histoire Belge, par Benoît Preteseille - La Cinquième Couche

Avec une autodérision bien belge, le Français Benoît Preteseille balaie d’un revers de la main tous les poncifs éculés sur la Belgique (les blagues dont le titre est une grossière allusion, les moules-frites, etc.) pour nous inviter à la rencontre fortuite des icônes du Royaume. Ainsi, il tente de retracer la philosophie de ce voisin si proche et pourtant si différent, en le cernant via des artistes marquants, selon lui, à savoir des personnalités du neuvième art, des peintres expressionnistes et surréalistes.

Si bien entendu, il ne faut pas être belge ou français pour apprécier ce livre, il faut avouer que posséder une certaine culture artistique aide à établir une grille de lecture. Mais l’auteur ne cherche pas seulement à instruire à travers ces références, il veut avant tout démonter les ressorts logiques pour que le lecteur se laisse bercer par l’instantané. En résumé, ce livre, léger en apparence, est un joyeux mélange de construction personnelle grâce à l’art, et de réflexions philosophiques sur la façon de vivre. Bref, le lecteur y trouvera ce qu’il apportera, et c’est sans doute ce qu’il lui semblera le plus important.

(par Charles-Louis Detournay)

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