L’Hypnotiseur - Par Saenz Valiente & De Santis (traduction de Andrea Beyhaut ) - Casterman

28 janvier 2010 0
  • Duo argentin à forte personnalité pour album à l'atmosphère confinée... Cet anti-héros taciturne et solitaire, incapable de trouver le sommeil, ne manque pas de ressort. Avec L'hypnotiseur, l'originalité n'est plus un vain mot.

Son boulot : faire le spectacle en agitant sa pendulette, et envoyer dormir le quidam qui deux minutes auparavant gloussait dans son strapontin. Certes, monsieur Arenas est un bon professionnel, mais sa vie ne tourne pas rond. Seul dans son hôtel, avec son allure inquiétante, il n’arrive même pas à dormir. Quelque chose le hante, mais quoi ? Et si le salut venait de ce petit bonhomme grassouillet mais si gentil qui veille sur le tableau de clés ?

Les tronches de Juan Saenz Valiente ne laissent pas indifférent. Dans son style ultra-expressif ou les personnages paraissent souvent dans un état second, on retrouve rien moins que des touches du grand Alexis. Une bonne dose de réalisme, des décors solides, le tout secoué par une once de caricature. Effet garanti grâce au contraste créé par les dialogues de Pablo de Santis, tout en retenue et habillés dans un classicisme élégant.

Plus que l’intrigue (une sorte de feuilleton avec autant d’épisodes que de nouveaux personnages) c’est avant tout l’atmosphère de L’Hypnotiseur qui fait sa réussite. Tout un monde étrange et touchant, dans lequel l’arrière-plan sentimental (l’hôtelier qui fait sa cour à sa jeune collègue sur la pointe des pieds) ajoute une fraicheur délicieuse.

Un retour vivifiant de la BD argentine qui évoque dans sa maîtrise stylistique Hannah Berry (Britten et Associé) paru chez le même éditeur.

(par David TAUGIS)

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