L’Île aux 100.000 morts – Par Jason et Vehlmann – Glénat

24 février 2011 9 commentaires
  • Quand le Norvégien-montpelliérain Jason rencontre le scénariste du « Marquis d’Anaon », Fabien Vehlmann, cela donne une fable grinçante à nulle autre pareille.

Surprise quand même : Le Norvégien Jason ne nous avait pas habitués à travailler avec un scénariste. Découvert en France par l’éditeur suisse Atrabile, révélé par Carabas, on est aussi surpris de le découvrir chez Glénat. On l’aurait tout aussi bien vu dans la collection Poisson Pilote. Comme quoi, les frontières entre les éditeurs ne sont pas intangibles, et c’est tant mieux, car c’est mon sentiment : plus un auteur a d’éditeurs, mieux il se portera.

Si vous ne connaissez pas encore Jason, on peut dire qu’il est dans la mouvance d’un Lewis Trondheim : un humour cérébral fait de sagacité et d’une grande intelligence narrative qui se joue des codes de la BD avec délectation. On y retrouve l’anthropomorphisme propre à l’auteur des Carottes de Patagonie.

L'Île aux 100.000 morts – Par Jason et Vehlmann – Glénat
L’Île aux 100.000 morts – Par Jason et Vehlmann
(C) Glénat

Chez Jason, il y a une dimension davantage contemplative faite d’étrangeté, d’une sorte de froideur inquiétante et en même temps familière et rassurante, comme un paysage d’hiver à moins trente.

Ces ambiances collent parfaitement à l’esprit de Fabien Vehlmann, sorte de Jean Anouilh de la BD qui, campe ici une manière de remix d’Antigone, de L’Ile au Trésor de Stevenson et de Robinson Crusoé de Defoë servi avec cet humour noir qu’on lui connait dans Green Manor.

Une petite merveille enluminée par les couleurs d’Hubert.

L’Île aux 100.000 morts – Par Jason et Vehlmann
(C) Glénat

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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9 Messages :
  • J’en profite pour rappeler que cet album (parmi d’autres) est lisible gratuitement (et bientôt intégralement) en ligne sur http://www.8comix.fr/index.html !!

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  • Je ne vois pas où se trouve l’intérêt d’utiliser volontairement un style de dessin mal fait,bancal, raide et inexpressif, sur une histoire ça fatigue très vite et ça nuit au scénario. La couleur renforce le vide des pages en plus.

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    • Répondu par Alex le 24 février 2011 à  21:56 :

      Houlala, vous devez bien mal connaître le travail de Jason. Rappelons que cet auteur a gagné plusieurs prix internationaux (Eisner, Harvey et Ignatz awards)et ce à plusieurs reprises. Il fut égalemment encensé par Time Magazine.

      Vous avez bien entendu le privilège de l’exclusivité de vos goûts -mais vous n’avez vu que la page reproduite ici n’est-ce pas ? (soyez-franc)

      Car ce que justement vous décrivez comme des défauts -notamment le manque d’expression des personnages- est ce qui est la caractéristique de cet auteur. Les personnages réagissent mécaniquement, ils n’engendrent aucune sympathie aucune identification. Nietzschéen.

      J’ai lu de lui une adaptation d’un polar norvégien des années 30 (et en bichromie, tremblez !) -inédit en francais je crois- c’était terrifiant : à cause de la distanciation, de la lenteur, de l’inexpressivité.

      Le travail de Jason est une oeuvre existentialiste, si vous êtes un cinéphile c’est pas si éloigné de Chabrol. Des masques, une comédie sociale. Bien, bien plus profond que Trondheim- mais ce n’est que mon avis.

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      • Répondu par Joe le 25 février 2011 à  09:44 :

        Votre Polar Norvégien, c’est "Le char de fer" paru chez atrabile en 2003 ?

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        • Répondu par Alex le 25 février 2011 à  10:34 :

          Ah oui sans aucun doute, je ne savais pas que c’était sorti.

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          • Répondu par Oncle Francois le 25 février 2011 à  19:57 :

            Mon cher Alex, je souhaiterai completer votre message qui prend à juste titre la défense de Jason. Vous attirez l’attention sur le coté existentialiste de son trait, c’est bien, toutefois il me semble que Jason a aussi beaucoup donné du coté du burlesque. Ceci dit, c’est un auteur intéressant, même si je ne vois pas trop l’intéret de le comparer au grand Lewis Trondheim (tiens, un autre nom norvégien ?). Jason a son style propre depuis ses débuts chez Atrabile, ce n’est pas parce que son trait est dépouillé (les yeux de ses personnages n’ont pas de pupilles, ce qui est assez angoissant) que son trait s’apparente à celui de Trondheim. Je vous souhaite un excellent weekend ! Cordialement

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    • Répondu par le type qui passe le 24 février 2011 à  22:53 :

      Alors je fais le lien entre ce que tu dis et ce qui était dit en premier commentaire.
      Ton avis est ton avis personnel mais sans vouloir en prendre le parti même si quelque part j’en suis , il faut avouer que pour un site qui prépublie une bd en espèrant vendre ensuite l’album sur papier , j’aimerai comprendre ???
      Que j’aime ou pas cette bd , si je la lis sur le site en prépublication , et en partageant un peu la critique qui en est faite avant mon commentaire , effectivement je ne vois pas trop l’intérêt de lâcher mon argent ensuite pour avoir la même chose sur papier ..??
      je l’ai lu en numérique et à la limite autant qu’elle reste en numérique cette bd ,elle en a la qualité , enfin le minimalisme , non ?????
      J’ai rien contre le dessinateur Jason , je ne veux pas finir au fond d’un lac .
      Mais quel est l’intérêt de proposer une bd numérique sur papier si en un seul commentaire de la part d’un lecteur , le résumé en montre toute sa verticalité ??
      je pose une question , je reste ouvert même si je ne cache pas mon opinion , mais je cherche à comprendre à ne pas détruire inutilement .Avez vous une réponse ?

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  • On l’aurait tout aussi bien vu dans la collection Poisson Pilote. Comme quoi, les frontières entre les éditeurs ne sont pas intangibles, et c’est tant mieux

    Je ne pense pas que ce soit tant mieux, car effectivement les éditeurs publient peu ou prou tous la même chose, ce qui veut aussi dire qu’ils refusent tous la même chose, et ça donne une surproduction d’eau tiède qui tente de plaire au plus grand nombre, sans réellement plaire à qui que ce soit.

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  • déçu par cet album, vehlmann n’apporte rien au travail de jason, par ailleurs créatif et original en solitaire. un album moyen qui ne va pas au bout des rares bonnes idées développées. bof.

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