L’Impossible Machine – Par Jean-Yves Dardel - Mosquito Editions

5 juin 2014 0
  • La machine a voyager dans le temps a-t-elle existé? Line, jeune Parisienne sémillante et naïve a voyagé dans le passé grâce à une énorme machine, gérée par de bien étranges savants.

L’histoire commence en 2004, quelque part au nord de la Beauce, dans ce qui ressemble à s’y méprendre à une usine désaffectée. Line débarque les yeux pleins de cernes, abattue, épuisée, chez une amie à qui elle confie son histoire. Une histoire de scientifiques « bien sous tous rapports », bien élevés et surtout, crédibles, qui auraient inventés une machine à voyager dans le temps.

Caché dans cette usine abandonnée leur servant de couverture, ils conduisent des travaux à faire pâlir d’envie H.G. Wells lui-même. Rapidement, Line fait ses premiers voyages, toujours vers le passé, ceux vers l’avenir étant jugés trop dangereux car il serait alors trop facile de l’altérer une fois de retour dans l’époque présente. Ils sont éreintants, mais les rencontres, les objets qu’elles rapportent de ses expéditions sont si extraordinaires que Line s’accroche malgré la fatigue et les perfusions.

L'Impossible Machine – Par Jean-Yves Dardel - Mosquito Editions

Cependant, au sein du groupe de scientifiques même, la réalité de la machine divise. Marche-t-elle vraiment ? Pourquoi Line est-elle la seule à avoir la chance de vivre ses voyages ? Qu’en est-il du généreux mécène qui finance toute cette opération ?

Les doutes de personnages créés par Jean –Yves Dardel seraient probablement les nôtres si nous étions confrontés à une telle machine. L’incrédulité serait immédiate, mais le doute ne finirait-il pas par s’installer si une armée de scientifiques aux cheveux blancs collectionneurs de doctorats ne venaient à vous assurer, preuves à l’appui, du contraire ?

Dans « L’Impossible Machine », c’est ce doute permanent que l’auteur installe avec brio. Un roman de science-fiction dans la Beauce, dans un univers ancré dans notre réel et les pieds bien posés sur terre, qui permet de créer cette sympathie envers l’héroïne et qui rend son récit si attachant.

On pourra regretter cependant une certaine lourdeur dans la narration. Le récit s’étire en 124 pages, denses, riches, mais pas toujours très digestes, parfois un peu bavard.

Graphiquement, le style surprend par son côté eighties, un peu suranné mais loin d’être désagréable, et surtout d’une lisibilité impeccable. L’ensemble donne à l’album un côté un peu hors du temps qui ne pourrait pas mieux coller avec le propos de fond.

(par Gallien Chanalet-Quercy)

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