L’Initiation/La vengeance (Silence) - Comès - Casterman

25 février 2002 0 commentaire
  •  Casterman réédite en couleurs et en deux tomes l'un des albums-phares de la bande dessinée, de ceux qui, au début des années 80, donnèrent leurs premières lettres de noblesse à la BD dite "pour adultes": SILENCE, de Comès, un monument qu'il est impardonnable de ne pas posséder dans sa bibliothèque.

L’action se situe à Beausonge, un petit village des Ardennes. Opprimé par son maître l’odieux Abel Mauvy, Silence le muet pense comme il parlerait et comme il écrit, avec des fautes d’orthographe. Silence ignore la haine et, malgré les mauvais traitements que lui inflige son maître, il garde l’esprit et le coeur purs.

Mais Beausonge, qui cache bien des secrets, deviendra pour Silence à la fois le lieu de son initiation et de sa perte.

  L'Initiation/La vengeance (Silence) - Comès - CastermanMis au courant, par celle qu’on appelle "La Sorcière", de sa véritable histoire, Silence l’innocent traversera les épreuves sans céder à la haine et sera finalement vengé sans se salir.

On ne présente plus Comès, reconnu aujourd’hui comme un des grands maîtres de la bande dessinée... L’histoire de Silence, qu’il signe à l’origine pour (A suivre), est un conte d’une immense poésie. Le personnage de Silence crève les pages et vous habite, on prend vite son parti et jusqu’au bout on attend le verdict que le destin rendra à cette existence bouleversante.

Une nouvelle édition mise en couleurs par son auteur pour ce chef-d’oeuvre de la bande dessinée. Une invitation à le (re) découvrir différemment.

(par Patrick Albray)

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"Silence" est l’album d’une vie, un livre tellement puissant, tellement important, tellement immense que tous ceux qui suivraient ne pourraient qu’être plusieurs niveaux en-dessous. Une référence, aussi pour toute une génération de lecteurs, qui ont été profondément émus par ce magnifique récit mêlant le fantastique cher à Comès, et les décors et l’ambiance de sa région natale. Et par le superbe travail du noir et blanc du dessinateur, qui a basé tout l’album sur des aplats extrêmement contrastés, provoquant de magnifiques effets de lumière par la seule juxtaposition du noir et du blanc. Un travail absolument parfait, dont une mise en couleurs, apparemment justifiée par des raisons de marketing, avait tout pour se casser la figure. Ce n’est pas le cas : les couleurs, subtiles et discrètes de Marie-Noëlle Bastin, se font oublier. Exactement ce qu’elles devaient faire.

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