L’Inversion de la courbe des sentiments - Par Jean-Philippe Peyraud - Futuropolis

23 août 2016 0 commentaire
  • Entre une famille problématique et des aventures sans lendemain, Robinson voit la vie avec une aigreur distinguée. Mais quand son neveu fugue, le brouillard s'éclaircit. Un nouveau départ ? Jolie chronique qui navigue entre drame et émotion.

Trentenaire ? Quadra ? Suffisamment aigri et cynique pour plusieurs vies en tous cas, ce Robinson-là. Entre deux rendez-vous galants aussi furtifs que vains, il retrouve son vidéo-club moribond, secondé par un ami qui l’appelle "patron" tout en le soutenant à bout de bras. Côté famille, temps nuageux : père insupportable et égocentrique, sœur handicapée qui lui colle aux basques... Justement, sa nouvelle sollicitation change le registre : son fils a quitté la maison sans un mot... Robinson part à la recherche de son neveu, accompagné de la serveuse de son bar favori, dont on devine les sentiments à l’égard du séducteur dégarni...

L'Inversion de la courbe des sentiments - Par Jean-Philippe Peyraud - Futuropolis
© Futuropolis 2016

Si Jean-Philippe Peyraud équilibre depuis plus de 15 ans ses personnages avec un mélange de charme, de générosité et une touche de dandysme parfois pénible, son Robinson apparaît particulièrement antipathique à l’entrée de cette histoire. Le dévoilement de ses qualités humaines va se dérouler lentement tout au long de ce subtil roman graphique. Peyraud ne se contente pas de ses habituelles saynètes parisiennes avec marivaudage d’un troquet à l’autre. Il greffe une trame dramatique (et un brin sulfureuse) au milieu d’aspects plus légers, et distille des surprises narratives avec habileté. Son final à la fois tendu, émouvant et cocasse est une petite merveille.

Si les habitués s’installeront en terrain connu avec cette Inversion convaincante, les autres pourront avoir en tête l’éventuelle influence d’écrivains côtoyés depuis quelques années : Philippe Djian et Marc Villard. En parlant de tête d’ailleurs, celle du personnage principal évoque assez l’auteur lui-même...

(par David TAUGIS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:
BDfugue FNAC Amazon

  Un commentaire ?