L’Or et le sang, T1 : L’appel du large - Par Nury, Defrance, Merwan & Bedouel - 12bis

27 novembre 2009 0 commentaire
  • Rencontrés dans les tranchées, deux hommes que tout oppose vont nouer une grande histoire d'amitié, vivant leurs aventures dans les divers recoins de la Méditerranée. Un récit simple, mais puissant, comme Fabien Nury sait si bien les présenter.

L’or et le sang est le récit de deux hommes qui n’auraient jamais dû se croiser : un aristocrate et un corse en délicatesse avec le milieu marseillais. Mais la Grande Guerre a joué son rôle de mixité sociale, et égaux devant la mort, ils ont tous deux scellé un pacte : partir à l’aventure, devenir les princes du Djebel, vivre leurs rêves.

La guerre terminée, c’est le marasme qui s’étend. Alors, lorsque l’occasion se présente de concrétiser cet espoir né dans les tranchées, c’est une formidable histoire d’amitié qui débute. Ils vont défier l’Europe entière, l’arme au poing dans une série d’aventures qui nous entraînent de Verdun à Tanger, dans la grande tradition des romans populaires.

L'Or et le sang, T1 : L'appel du large - Par Nury, Defrance, Merwan & Bedouel - 12bis

Ce qui touche d’emblée, c’est la simplicité du récit : avec un ou deux détails bien pesés (comme le hérisson alcoolique), on se lie avec ces hommes simples, mais bien représentatifs de leur classe sociale. Le récit se déroule très linéairement sur des sentiments clairs comme l’envie de survivre et la volonté d’échapper à sa condition, car le rêve fait partie de chacun d’entre nous, mais il est ponctué de moments forts qui sont la "signature" du scénariste, comme ce regard qui réconforte ou qui parfois blesse l’autre.

Le graphisme est résolument moderne. Beaucoup de traits sont effacés par la couleur, pas mal d’aplats se focalisent sur une seule teinte. Mais cette technique permet de rythmer sur le récit, sans chercher à profiter de l’effet de style. Ce sont bien les liens que tissent ces deux hommes qui sont importants, et le dessin se met au service de l’évocation : tourmenté dans les scènes de folie guerrière, appaisé dans les moments plus calmes, mais surtout axé sur les physionomies des personnages pour mieux rendre leurs états d’âme.

Plus dépouillé qu’Il était une fois en France, ce co-scénario de [Fabien Nury->5249] revêt pourtant la même efficacité, ce qui l’a fait entrer dans la sélection des vingt indispensables de l’automne selon l’ACBD.

(par Charles-Louis Detournay)

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