L’Ostie d’chat – T1 – Par Iris et Zviane – Delcourt

11 octobre 2011 8 commentaires
  • Il aura fallu que la sortie du tome 1 de {L’0stie d’chat} coïncide avec la fin de ce feuilleton en ligne. En effet, après plus de deux ans de mise à jour hebdomadaire, Iris et Zviane viennent tout juste de mettre un terme à leur blog, scellant du même coup le destin de Jasmin, Jean-Sébastien et Legolas. Une occasion parfaite de relire leurs aventures depuis le début ou encore de découvrir ce joyau de la blogosphère québécoise.

C’est autour d’une bière à Angoulême qu’est né L’0stie d’chat, les deux auteures ayant envie de créer un blog-feuilleton à quatre mains inspiré de l’aventure Chicou-chicou.

En mars 2009, les premières planches sont publiées. Au départ, la formule est simple : Iris met en scène le personnage de Jasmin tandis que Zviane s’occupe de son comparse Jean-Sébastien. Les auteures aiment alors se laisser des « pièges » scénaristiques tout en multipliant les rebondissements, les retournements de situations et les « à suivre ». Mais rapidement, l’histoire se complexifie et les personnages se développent. Le lecteur a désormais droit à un feuilleton étoffé, rempli de vécu, d’humour et de moments touchants. Avec la publication de l’épilogue en date du 29 septembre 2011, L’Ostie d’chat cumule de total de 500 pages, qui seront publiées en trois tomes aux éditions Delcourt (dans la collection Shampoing dirigée par Lewis Trondheim).

L'Ostie d'chat – T1 – Par Iris et Zviane – Delcourt
Extrait réalisé par Iris
L’ostie d’chat par Iris et Zviane, Delcourt. DR.

À Montréal, Jasmin Bourvill et Jean-Sébastien Manolli – deux amis dans la vingtaine – se partagent la garde de Legolas, un chat particulièrement bête et laid dont ils ont hérité à la mort de son propriétaire, un ancien colocataire de Jasmin. Amis d’enfance, J-S (un informaticien qui tient le rôle de séducteur) et Jasmin (un musicien qui tient le rôle du « bon gars ») se disputent souvent au sujet des femmes (ils ont l’habitude de se voler leurs copines). L’album débute d’ailleurs alors que Jean-Sébastien vient déposer l’animal chez Jasmin après s’en être servi pour charmer une fille. La garde de Legolas sert alors de prétexte pour raconter leurs amours, leurs problèmes d’argent, leur passé, leurs histoires de famille et leurs revers professionnels.

Jean-Sébastien est au chômage depuis qu’il est revenu s’installer à Montréal. Dragueur invétéré, ses talents de cuisiner lui permettent souvent d’attirer les femmes dans son lit. Fils d’immigrants italiens, celui-ci a grandi dans une maison où l’autorité paternelle écrasante compose mal avec les problèmes de santé mentale de certains membres de la famille.

Jasmin est claviériste dans un groupe de « grunge » sans avenir, jusqu’au jour où la chance lui permet de croire au succès. C’est au secondaire qu’il fait la rencontre de J-S, qui accepte de partager son casier avec lui. À nos deux héros s’ajoutent une foule de personnages secondaires : Maude (l’amie indéfectible), Julie (l’ex de Jasmin), Claire (la femme désirée) et même Natasha Savage (la « salope »).

Illustration de couverture réalisée par Zviane
L’ostie d’chat par Iris et Zviane, Delcourt. DR.

Les auteures affirment avoir eu beaucoup de plaisir à créer leur ouvrage et cela se reflète à la lecture. Le scénario, bien que simple, est ponctué de moments forts (mis en relief chez Zviane à l’aide de « silences »), mais aussi de situations cocasses (le « slapstick » étant l’une des marques de fabrique d’Iris). De même, le naturel des dialogues ajoute une belle touche d’authenticité au récit. Si les deux dessinatrices possèdent un trait bien différent, il est remarquable de voir combien ceux-ci s’agencent bien. De même, le style de découpage de chacune s’avère complémentaire. Les lecteurs habituels remarqueront que l’usage du rose, signature visuelle du blog, se perd ici, puisque l’ouvrage est en noir et blanc. Toutefois, l’illustration de couverture en couleurs nous dédommage bien.

Bref, que dire d’autre sinon que L’Ostie d’chat constitue l’une des plus belles surprises de la rentrée chez Delcourt.

(par Marianne St-Jacques)

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8 Messages :
  • Je n’ai pas compris, c’est du français de où ?

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    • Répondu par Marianne St-Jacques le 11 octobre 2011 à  20:09 :

      Du Québec (de Montréal). C’est un peu de "joual". Cependant, le blog compte un important lectorat européen, ce qui prouve que la série est tout de même intelligible pour le restant de la Francophonie. Je vous invite à lire un peu le blog (ou à feuilleter le livre), vous verrez qu’il n’y a pas que du joual.

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    • Répondu par Patrick le 11 octobre 2011 à  20:12 :

      Du Québec... mais ne vous inquiétez pas, nous ne parlons pas tous comme des hommes de cro-magnon.

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      • Répondu par lebon le 12 octobre 2011 à  12:49 :

        La francophonie c’est la francophonie, le partage d’une langue commune et non d’un patois ,désolé !

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        • Répondu par André le 12 octobre 2011 à  16:26 :

          Oui une langue commune mais qui se parle différemment d’un pays à l’autre et même d’une région à l’autre à l’intérieur d’un même pays. Il n’y a pas de honte à avoir des expressions et des accents propres à chez soi et quiconque prétend parler LE bon français est dans les patates.

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        • Répondu par Eric B. le 12 octobre 2011 à  17:20 :

          Relativisons : le français parisien est lui-même un patois ; la seule différence avec les autres patois est que c’est là que le pouvoir politique se trouve...

          Les Québécois font bien l’effort de comprendre les patois français... Peut-être ont-ils l’esprit plus ouvert ;)

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        • Répondu par Marianne St-Jacques le 12 octobre 2011 à  17:44 :

          Il n’y a que les langues mortes qui n’évoluent pas. Pour ma part, je suis persuadée que les différentes variantes du français font la richesse de cette langue. Aussi, au risque de me répéter, je vous invite à faire preuve d’un peu d’ouverture d’esprit en consultant l’ouvrage plutôt que d’en tirer un jugement hâtif.

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          • Répondu par Alex le 13 octobre 2011 à  00:03 :

            Absolument ! L’autre langue que je parle au quotidien est faite de dizaines et de dizaines de patois- je parle de quelques dizaines de kilomètres d’intervalles d’un village à l’autre. C’est difficile pour un contemporain francais sans histoire d’imaginer que son langage est le fruit d’une normalisation et de siècles de répressions de minorités linguistiques, d’exceptions régionales.

            Pour en revenir à l’album, c’est grâce à ce site que j’ai découvert le blog dont je suis devenu un fidèle tardif. Vraiment très talentueux, les dialogues et les situations sont très bien amenés. Un brin soap-opera et plaisir coupable... Une des grandes réussites de la blogosphère !

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