L’ancien temps, T1 – Par Joann Sfar – Gallimard

27 novembre 2009 8 commentaires
  • Retour aux légendes, aux croyances religieuses et à l'amour. Joann Sfar publie le premier livre d'une nouvelle série épique : {L'ancien temps}.

Après un enchaînement de projets de producteurs (son long-métrage Gainsbourg, vie héroïque, sur les écrans dès janvier 2010) ou d’éditeurs (une adaptation BD du Petit Prince), on est content de voir Joann Sfar se lancer dans une nouvelle création qui ressemble plus aux bases de son travail en bande dessinée. Inspiré par les grands récits épiques anglo-saxons comme Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien ou Le Monde de Narnia de C.S. Lewis, Sfar imagine l’Ancien Temps, comme un retour aux sources.

Cassian et Nadège sont deux jeunes apprentis sourciers. Ils manient la magie aquatique dans un univers féerique où l’eau coule à l’envers et les forêts sont peuplées de créatures fantastiques : gorgones, licornes, dieu-cyclope, mandragores,… Cassian aime Nadège d’un amour pur que son maître sourcier lui recommande de réfréner. Parce que la demoiselle est fuyante, plus le jeune homme lui déclarera sa flamme, plus elle s’éloignera. Elle veut vivre des aventures, pas celles de chevaliers, non : des aventures amoureuses… Armé d’une épée serpent, le candide Cassian se met en tête de veiller sur sa belle et devenir un héros…

L'ancien temps, T1 – Par Joann Sfar – Gallimard
Le Sourcier, personnage clé de l’Ancien Temps
© Sfar - Gallimard

Dans ce long prologue de 137 planches, Sfar livre ce qu’il fait de mieux : des conversations sur l’amour et les croyances religieuses. Le trait de ses personnages varie selon leurs émotions, le bestiaire est extraordinaire, et l’on retrouve cette manière si personnelle de s’accaparer la page. L’auteur s’offre également un bel alter ego avec le personnage du Sourcier, qui joue sans cesse avec les fils du récit. Avec L’ancien temps, Joann Sfar réussit un joli conte sur le sentiment amoureux, qui ne demande sans doute qu’a réellement décoller dans un second volume où l’aventure aurait un plus grand rôle. A suivre donc.

(par Morgan Di Salvia)

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Joann Sfar, sur ActuaBD, c’est aussi les chroniques de :
- Le Banquet de Platon
- Le Chat du Rabbin : T2, T3
- Grand Vampire, la communauté des magiciens
- Missionnaire
- Les Olives noires T3
- La Vallée des merveilles
- Joann Sfar : dessins, pensées et autres
- Le Sfar de toutes les Russies

 
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8 Messages :
  • "Le trait de ses personnages varie selon leurs émotions"

    ou ne serait-ce pas plutôt le trait des personnages varie selon l’humeur de l’auteur ? Parce que Sfar dessine et écrit dans l’urgence, sans crayonné sans presque pas de brouillon... Ensuite, on a peut-être l’impression inverse, que le trait colle aux émotions des personnages...
    Si vous dites que "Le trait de ses personnages varie selon leurs émotions", on peut croire qu’il y a sous le dessin un scénario très construit bien à l’avance et qu’il règle son dessin en fonction, bien après. Qu’il y a deux étapes bien distinctes. Chez Sfar, tout se fait d’un bloc, rapidement, même s’il a un fil et des repères, la part d’improvisation est fondamentale.

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    • Répondu le 28 novembre 2009 à  10:16 :

      Ce que vous dites est faux. En cliquant sur le lien en dessous de l’article "Joann Sfar, dessins, pensées et autres", vous avez une photo qui montre ses crayonnés. Vous faites comme si vous connaissiez sa méthode de travail mais en fait, vous ne savez rien.

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      • Répondu par xav le 28 novembre 2009 à  10:50 :

        Vous non plus, on ne voit pas des crayonnés mais un story board rapide de mise en place, de découpage de la planche. On ne voit pas du tout le travail sur les émotions des personnages.

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      • Répondu le 28 novembre 2009 à  14:17 :

        Mieux ! Je le connais...

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  • Vous avez tort et raison tous les deux.
    Joann pour ce projet a fait des crayonnés,alors qu’habituellement il dessine directement sur la page. C’est un auteur qui aime changer de méthode de travail qui se renouvelle sans cesse.

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    • Répondu le 28 novembre 2009 à  16:00 :

      Le fat anonyme qui prétend connaître Sfar (ils sont peut-être amis sur Facebook), disait ceci :

      " Chez Sfar, tout se fait d’un bloc, rapidement, même s’il a un fil et des repères, la part d’improvisation est fondamentale."

      A Xav : La preuve est faite qu’il ne travaille pas ainsi (sans crayonné), même s’il change de méthode au gré de ses albums. Déjà, s’il fait un storyboard, on est dans quelque chose de contrôlé. On voit bien à l’encrage que ce n’est pas un travail d’écriture automatique, comme dans Klezmer par exemple, que c’est une page dont l’encrage est maîtrisé (il me semble que la méthode de travail est semblable dans Le Petit Prince). Donc le rédacteur de cet article a raison, même si graphiquement, je préfère Pascin ou Le Chat du Rabbin.

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    • Répondu le 28 novembre 2009 à  16:49 :

      Ah bon, vous l’avez vu faire ? J’ai beaucoup de mal à imaginer Joann faire des crayonnés pour toutes les pages et dessiner le trait en fonction de l’émotion de ses personnages. De calculer avant d’agir. Ça ne lui ressemble pas du tout du tout du tout... Mais alors pas du tout.
      Joann a une imagination débordante et il a besoin de dessiner tout le temps. Même dans le taxi, il est capable de dessiner tout en racontant mille choses. Il est comme ça, c’est un drôle de phénomène. Les images plus détaillées et les images plus lâchées correspondent à son humeur du moment, de l’instant. Ce n’est pas une critique, c’est un fait. Il dessine comme il est. Ensuite, qu’on puisse penser que c’est le fruit d’un savant calcul, c’est amusant... mais c’est une fausse analyse. Joann est du côté des expressionnistes. Il a besoin d’être dans l’action de dessiner et d’écrire pour avancer, la réflexion et l’analyse ne sont pas préméditées, elles viennent au moment où il crée. Et même l’acte précède souvent l’analyse. Ce n’est pas de l’écriture automatique répétitive. Dans sa façon d’aborder les choses, il se réinvente forcément. Il trouve un truc, s’enthousiasme, développe, se lasse, tente autre chose, s’aventure, se met en danger et retombe sur ses pattes... Toute son œuvre est ainsi et c’est ce qui la rend si vivante et incarnée. Un flot continu.
      Ce que je disais sur le trait qui correspond plus à l’humeur de l’auteur qu’à l’émotion des personnages, n’est pas une critique négative mais un constat. C’est même un paradoxe intéressant. Joann dit souvent qu’il se laisse transporter par ses personnages. Mais ses personnages ne sont pas des êtres réels. C’est donc bien lui qui tire les ficelles... de façon plus ou moins consciente... mais c’est lui le Créateur. Il se prend à son propre jeu. C’est pareil pour le trait. On a la même impression et c’est bien l’illustration de ce paradoxe. Joann est dans tel état lorsqu’il dessine ce personnage dans cette image et l’émotion que traduit ce personnage est l’émotion de son auteur.

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      • Répondu le 1er décembre 2009 à  21:36 :

        voilà quelqu’un qui connait Joann... mais pas depuis longtemps !

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