BD d’Asie

L’artbook Junji Ito : du très grand art

Par Jaime Bonkowski de Passos le 25 janvier 2023                      Lien  
Annoncé comme LA sortie de janvier de la maison Mangetsu, le parfait ouvrage pour se préparer à la venue de l'auteur au FIBD, il est enfin là : l'artbook Junji Ito tant attendu (et tant teasé). Sans doute l'un des projets éditoriaux les plus ambitieux de la maison dans la forme, et les plus exceptionnels dans le fond (ce qui n'est pas peu dire vu la qualité du catalogue Mangetsu). On s'offre une véritable plongée dans l'antre de l'horreur.

Un artbook, c’est compliqué. Par rapport à un manga, c’est plus grand, plus cher, ça ne raconte pas d’histoire au sens strict : à bien des égards, les artbooks sont donc souvent des paris pour les éditeurs, à fortiori lorsque ladite maison décide de mettre les petits plats dans les grands, voire carrément les grands plats dans les très grands.

En la matière, c’est une véritable Masterclass que nous délivre Mangetsu avec son premier artbook dédié à Junji Ito. Grand format, 150 pages, jaquette amovible qui se déplie en affiche, et une couverture avec Pantone brillant : rien que l’extérieur met une claque à toute la concurrence du rayon manga.

Une fois les premières pages tournées, rebelote et nouvelle claque. L’éditeur décide de nous plonger tête la première dans l’univers de l’auteur sans préambule ni introduction. Dès la première page et jusqu’au deuxième tiers de l’album, pas une seule ligne de texte n’est présente à part les noms des chapitres : les images se passent littéralement de mots.

L'artbook Junji Ito : du très grand art

Imprimées en pleines pages couleurs avec une qualité d’impression remarquable digne des chefs d’œuvres Taschen, on peut pleinement apprécier la maîtrise et l’inventivité d’Ito. Au fil des pages, les dessins s’enchaînent comme une démonstration non seulement du génie de l’auteur, mais aussi des capacités de l’édition contemporaine quand elle est léchée et soignée dans ses moindres détails. Encre argentée brillante, effets de fabrication en pagaille, couleurs éclatantes, tout y est pour accompagner le niveau d’exigence de l’auteur.

Cette plongée dans son œuvre ne se fera pas sans frissons. Évidemment car on parle du maître du manga d’horreur, un titre que même ses pairs ne lui disputent plus. Riche, varié, inspiré, son univers construit au fil des titres depuis plus de vingt ans interroge, redéfinit, rend hommage, repousse les limites de l’horreur. Et on est bluffé de voir que même au sein d’une bibliographie aussi dense, Junji Ito est toujours parvenu à renouveler ses images, ses thèmes et sa façon de raconter.

Car il raconte. Même dans des images statiques extraites des œuvres pour lesquelles elles ont été pensées à la base, on sent au fil des pages de l’artbook la puissance de la narration d’Ito. Ses dessins sont autotéliques, ils racontent une histoire et se suffisent à eux-mêmes.

Le dernier tiers du livre est consacré à une passionnante discussion avec l’auteur, un document rare car Ito est connu pour être chiche en interview. Ce final vient clôturer comme il se doit une entreprise brillamment réussie, et achève d’imposer le livre comme un indispensable de toute bibliothèque de fan d’horreur.

La veille du FIBD 2023, cette remarquable sortie s’impose comme LE titre à rafler sur le stand de l’éditeur pour espérer le faire dédicacer. En effet, Mangetsu a promis 100 billets dédicaces de Junji Ito aux 100 premiers clients du stand de l’éditeur sur le festival chaque jour (plus de détails sur leur Twitter), le seul et unique moyen d’obtenir la sacro-sainte signature du maître. Un seul conseil pour les amateurs : levez-vous tôt...

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782382811603

"Artbook Junji Ito" - Mangetsu - 29€95 - 25/01/2023 - 150 pages.

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9 Messages :
  • L’artbook Junji Ito : du très grand art
    25 janvier 15:57, par Milles Sabords

    Ce livre est absolument sublime ! La folie graphique de cet auteur, entre n&b et couleur, est toujours dérengeante mais jamais vulgaire. N’étant pas spécialement attiré par l’univers des goules, succubes et autres yurei, l’épouvante vu par Junji Ito à quelque chose d’hypnotique, une plongée dans l’antre des névroses humaines !

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    • Répondu par Henri Khanan le 25 janvier à  20:23 :

      Hélas, Milles Sabords, dés que vous publiez quelque chose, des impromptus se précipitent pour vous condamner de façon lapidaire. Je n’en fais pas partie, peu importe que vous vous cachiez sous un pseudo, toute opinion est libre de s’exprimer !

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      • Répondu par Milles Sabords le 26 janvier à  07:35 :

        Ces chers petits trolls…

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        • Répondu par (.❛ ᴗ ❛.) le 26 janvier à  17:03 :

          Haha, de la part du roi des trolls en ces terres c’est fort de café !

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      • Répondu le 26 janvier à  08:39 :

        Ah non non, je suis régulièrement en désaccord avec les goûts douteux, les préjugés déplaisants et surtout la manie de Mille Sabords d’être fort avec les faibles, mais je ne suis jamais lapidaire quand je le contredis.

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        • Répondu par Milles Sabords le 26 janvier à  13:11 :

          Goûts douteux, préjugés déplaisant, fort avec les faibles, je suis rhabillé pour l’hiver. Comme vous ne donnez pas d’exemples, difficile de vous croire objectif. Je base toujours mes observations sur mon expérience d’auteur, pas sur des poncifs.

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          • Répondu par Jaime Bonkowski de Passos le 26 janvier à  17:15 :

            Ahlala, c’est toujours génial de voir comment sur Internet, le conflit naît de (littéralement) rien ^^

            Sans animosité aucune bien sûr (tout commentaire représente du trafic et c’est bon pour les stats), tant qu’à faire, racontez-vous plutôt ce que vous aimez chez Ito non ?

            Paix et amour

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        • Répondu par Milles Sabords le 26 janvier à  17:36 :

          Donc, Junji Ito, c’est un goût douteux pour vous ? Trouver l’album « ÉlyZée » nul (dont j’avais prédit qu’il ferait un four) relève du préjugé déplaisant ? Et ne pas apprécier les propos de Vivès, c’est aussi être fort avec un faible ?

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          • Répondu le 27 janvier à  09:18 :

            La grande majorité des défenseurs de Vivès n’approuvent pas certains de ses propos. Ce n’est pas une raison pour accepter qu’on puisse calomnier un auteur, le diffamer, le lyncher virtuellement, s’en prendre à sa famille et le censurer par la pétition et la menace, puis exiger d’un festival qu’il se conforme à une charte arbitraire et moralisatrice. Ce que vous avez fait au sujet de Bastien Vivès, c’est tout simplement le coup de pied de l’âne, frapper un type à terre.

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