L’écrivain Michel Bussi fait son entrée dans la bande dessinée

29 octobre 2018 0 commentaire
  • Alors que son best seller « Mourir sur Seine », adapté en BD par Gaët's et Salvo, vient de sortir en librairie aux éditions Petit à Petit, un autre de ses succès, « Nymphéas noirs » réalisé par Didier Cassegrain et Fred Duval doit être publié chez Dupuis en janvier 2019.
L'écrivain Michel Bussi fait son entrée dans la bande dessinée
Mourir sur Seine par Gaët’s et Salvo d’après Michel Bussi (Ed. Petit à Petit)

De plus en plus, les auteurs littéraires à succès voient leurs romans portés à la bande dessinée, comme on dirait « porté à l’écran », l’un n’excluant pas l’autre.

« Cela s’est fait assez naturellement en ce qui me concerne, nous raconte Michel Bussi, je suis de Rouen, les éditions Petit à Petit sont rouennaises elles-aussi. J’ai rencontré son éditeur Olivier Petit à diverses reprises, notamment au festival de BD de Darnetal, et on s’est dit que c’était une bonne idée de faire ces albums de « Mourir sur Seine » avant l’arrivée des bateaux de la Nouvelle Armada à Rouen en juin 2019, mon roman se déroulant lors de cet événement. »

Il y a effectivement un bon nombre de lecteurs qui ont lu le roman (l’auteur est le troisième écrivain français le plus vendu : 1,1 millions d’exemplaires en France, traduit dans 35 pays) qui reporteront leur intérêt sur cette nouvelle version du livre, lequel pourra aussi recruter auprès d’amateurs de BD qui n’auront pas lu le roman. « Mon public est plutôt féminin. Peut-être convaincra-t-il un public masculin de lire mes livres, d’autant que la BD est très fidèle au roman. »

Michel Bussi
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

« Si je n’avait pas lu Jean van Hamme… »

Notre écrivain avoue être un amateur de « BD à papa », celle des années 1980-1990, avec en ligne de mire l’auteur de Thorgal, de XIII et de Largo Winch. « Je pense même que je n’écrirais pas les romans tels que je les écris aujourd’hui si je n’avais pas lu Jean Van Hamme, dit-il. C’est un expert de l’art du twist. Je ne pense pas avoir trouvé dans la littérature un type qui le maîtrise autant que lui. Il y a des jeux de miroir permanent avec des retournements en boucle qu’il réussit très bien. Et puis il a à chaque fois des personnages, oui…, très bien « dessinés » avec des ressorts dramatiques à la fois attendus et en même temps assez inattendus pour qu’on s’y retrouve. On est dans la saga populaire la plus pure. Il y a quelquefois dans la BD, dans Blueberry, chez Comès, dans La Ballade au bout du monde, même dans Canardo, un génie de la narration que l’on ne retrouve pas dans le roman. »

Ne maîtrisant pas les rythmes et les codes de la bande dessinée, Michel Bussi a laissé faire les scénaristes qui adaptent le roman. Il a juste vérifié si ses intentions avaient été respectées. « Comme pour les adaptations TV, je suis plutôt du genre à laisser faire, curieux de voir comment les gens vont s’en tirer. Je vérifie juste si nous sommes sur la même longueur d’onde dans la manière de raconter. Même quand elle est très réussie, l’adaptation TV est une trahison perpétuelle comparée à la BD qui garde toute la dimension littéraire du roman. La BD peut peut-être décoincer un producteur rebuté par une narration trop complexe grâce à ses cadrages et sa narration purement visuelle. »

"Mourir sur Seine" par Gaët’s et Salvo d’après Michel Bussi
© Ed. Petit à Petit

Cet album est entrecoupé, comme dans le roman, d’apartés historiques et documentaires, à l’image de ce qu’Olivier Petit a l’habitude de développer dans ses collections. « C’est conforme au roman qui a une forme de chasse au trésor pimentées de légendes, souligne Michel Bussi. Cela donne une touche originale qui me plaît.  »

"Mourir sur Seine" par Gaët’s et Salvo d’après Michel Bussi
© Ed. Petit à Petit

Autres projets

L’auteur ne s’arrêtera pas à cette première expérience puisqu’un autre de ses romans, Nymphéas noirs réalisé par Didier Cassegrain au dessin et Fred Duval au scénario, devrait paraître chez Dupuis en janvier prochain. « Cela se passe à Giverny dans un univers impressionniste. D’entrée il y a un parti-pris graphique, un album-concept de 120 pages, davantage psychologique. Ce « roman impressionniste », qui figure parmi les préférés de mes lecteurs, était réputé comme inadaptable. Cet album démontre le contraire.  »

D’autres adaptations devraient suivre tandis que l’auteur n’exclut pas de réaliser un jour des scénarios inédits lui-même. Un auteur à suivre, donc...

Les pages de "Nymphéas noirs" réalisées par Didier Cassegrain et Fred Duval viennent d’arriver chez Dupuis. Parution en janvier prochain.
Photo : DR. Éditions Dupuis.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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