L’éditeur Sébastien Gnaedig quitte Dupuis pour Futuropolis

9 septembre 2004 0
  • L'éditeur Sébastien Gnaedig, responsable éditorial des éditions Dupuis, quitte cette maison pour rejoindre Futuropolis, un label endormi depuis plusieurs années et appartenant au groupe Gallimard qui se serait associé pour la circonstance aux éditions Soleil. Le graphiste attaché aux collections ado-adultes gérées par Sébastien Gnaedig, Didier Gonord, l'accompagnerait dans cette aventure.

On apprenait la nouvelle hier, mercredi 8 septembre, simultanément par un article de Thierry Bellefroid sur BDParadisio et par un post de Luc Brunschwig sur le forum de la Maison des Auteurs. « Puisque l’annonce en a été faite hier aux auteurs concernés, dit Brunschwig, je viens ici informer [...] que Sébastien Gnaedig quitte les éditions Dupuis d’ici deux à trois mois (le préavis reste à négocier). Ce départ ne marque pas un désaccord entre Sébastien et la nouvelle direction de Dupuis, mais son ambition de contribuer au renouvellement de la bande dessinée et d’assurer un suivi d’auteur et une qualité d’album toujours plus grand. »

Ce départ fait suite à ceux, toujours chez Dupuis, d’Alexis Dragonetti, responsable du développement dans le domaine néerlandophone, et de Laurent Duvault, directeur éditorial adjoint et responsable du développement, ce dernier rejoignant également les éditions Soleil à Toulon avec les mêmes fonctions. Didier Gonord, le directeur artistique qui travaillait avec Gnaedig sur ses collections, l’accompagnerait aussi aux éditions Futuropolis.

Le staff éditorial de Marcinelle serait désormais constitué de Claude Gendrot, son directeur, Benoît Fripiat et Corinne Bertrand qui ferait le lien avec la rédaction de Spirou et son rédacteur-en-chef Thierry Tinlot.

Selon nos renseignements, avant l’été, Antoine Gallimard et Mourad Boudjellal des éditions Soleil discutaient d’un projet d’association pour relancer le mythique label Futuropolis créé par Etienne Robial et Florence Cestac à la fin des années soixante-dix et qui avait été le creuset du renouveau d’une nouvelle bande dessinée française, diffusant les premières publications de Métal Hurlant et des Humanoïdes Associés, mais aussi des éditeurs comme Deligne, Magic-Strip et bien d’autres. Comme éditeur, Futuropolis avait inscrit à son catalogue les noms prestigieux de Tardi, Swarte, Bilal, Ever Meulen, Baudouin, Kiki Picasso, Depardon et bien d’autres avant que Robial, fatigué, ne rejoigne l’équipe de Canal Plus pour en devenir le directeur artistique, poste qu’il occupe encore aujourd’hui, laissant son label, entre-temps revendu à Gallimard, en jachère.

Profitant des mouvements divers aux éditions Dupuis, suite au rachat de la maison belge par le groupe Média-Participations, les nouveaux associés ont confié à Sébastien Gnaedig, ancien directeur, chez Dupuis, des collections Aire Libre, Repérages, Espresso et Empreintes, le soin de développer, selon Brunschwig, une collection publiant « de 15 et 20 [titres] par an » privilégiant l’expression des auteurs. On se rappelle que Gnaedig avait commencé sa carrière aux éditions Delcourt avant de prendre la direction générale des Humanoïdes Associés. Didier Gonord, ancien durecteur artistique de Soleil passé chez Dupuis, accompagnerait ce transfuge. Luc Brunschwig, quant à lui, s’adjoindrait à cette équipe, dit-il, « pour encadrer les jeunes scénaristes. »

Pour être étonnant, ce mouvement traduit une nette recomposition du paysage éditorial français puisque le groupe Gallimard entre désormais de façon active sur le marché de la bande dessinée.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Sébastien Gnaedig. Photo : (C) D. Pasamonik.

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