L’équipe d’ActuaBD vous raconte son année 2011 (2/3)

29 décembre 2011 0 commentaire
  • Vous nous lisez chaque année. Vous êtes même quelques dizaines de milliers de lecteurs à nous avoir rejoints cette année. Quelques-uns de nos rédacteurs profitent de cette période de vœux pour nous raconter notre année sur ActuaBD.

L'équipe d'ActuaBD vous raconte son année 2011 (2/3)Thomas Berthelon :

Petit retour sur l’année 2011 sous un angle personnel : je retiendrai la pré-publication du manga Garôden de Jirô Taniguchi dans L’Équipe Magazine, en neuf épisodes, pendant l’été.

Durant les années 1990, sur la table du salon familial, trônaient la revue Okapi de ma sœur plus jeune que moi de trois ans, et les Fémina de ma mère. Mais plus antinomiques, figuraient L’Équipe Magazine de mon père, la revue hebdomadaire consacrée à l’actualité sportive, côtoyant quelques-uns de mes tomes du manga Dragon Ball de Toriyama édité chez Glénat. C’était aussi l’époque des magazines de pré-publication français comme Kamé Magazine, ou Manga Player.

Même s’il m’arrivait souvent de lire la revue sportive de mon père, il était impensable que ce dernier jette un œil à mes bandes dessinées japonaises. Nous n’échangions en effet que quelques plaisanteries autour des aventures de Lucky Luke, et les animés sportifs à la Olive et Tom avaient le don de le faire fuir... Son fils était alors légèrement asocial, le terme "geek" ne fut démocratisé que récemment...

Mais voilà donc qu’en 2011, entre un sujet sur la lanceuse de poids néo-zélandaise Valerie Adams, et un reportage sur la rencontre entre Lewis Hamilton et Tony Stewart, voilà ces fameuses pages du manga Garôden.

Alors que les mangas envahissent les rayons des librairies, certains domaines sacro-saints ne changent pas : mon père n’a pas lu ces planches en noir et blanc.

J’ai aujourd’hui 32 ans, et l’espace d’un été, même s’il ne s’agit que d’un évènement mineur, je me suis personnellement amusé de ce frottement entre deux mondes.

François Boudet :

L’année 2011 s’achève sur le constat d’une aggravation de la crise : crise économique qui engendre une quasi crise de nerfs entre auteurs et éditeurs… ActuaBD s’est fait largement l’écho de ces tensions, que cela soit dans ses articles ou dans les forums.

La vente de livres devient problématique ; de nombreuses librairies sont aujourd’hui en difficulté et certaines ont déjà fermé leurs portes cette année. La hausse de la TVA décidée par le gouvernement français venant s’ajouter à cela n’arrange rien à l’affaire, bien évidemment. Acheter un livre papier va bientôt devenir un acte militant… Aussi, n’hésitez pas à réveiller votre fibre militante en allant faire un tour dans les librairies pour acheter quelques bouquins si vous le pouvez !

Sur ces pensées, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année, en souhaitant également pour le monde du livre et pour tout le monde de passer l’année 2012 sans trop de casse.

Vincent Gauthier :

2011, année de mon arrivée au sein de la troupe ActuaBD. Une chance et un plaisir pour moi d’avoir eu cette opportunité. En tant que libraire, j’ai la chance tous les jours d’essayer faire partager mes découvertes avec les lecteurs.

ActuaBD m’offre de le faire sur le Net et ainsi de pouvoir m’ouvrir à encore plus de monde, ce ne peut être qu’un plaisir. Depuis quelques mois, j’essaie donc de propager mes lectures, qu’elles soient bonnes, excellentes, ou de qualité plus douteuse. La convivialité du site et de son forum permet de prolonger l’expérience de la lecture et de se remettre en question grâce aux retours des internautes.

Cette nouvelle expérience m’a permis de faire des découvertes et d’entrevoir quelques confirmations. À ce titre, je souhaiterais mettre en avant des titres tels que : Seigneur Venin de Gabriel Delmas, Seven Miles a Second (ma première chronique, quel album !), En Mer de Drew Weing et 3’’ de Marc-Antoine Mathieu.

De plus, des titres jeunesse se sont révélés excellents et intelligents, ainsi : Doomboy de Sandoval, Anuki de Maupomé & Sénégas et Abélard de Dillies & Hautière.

Malheureusement, ces titres, et d’autres, se noient dans une surproduction de plus en plus dangereuse pour la BD. Les titres de qualité qui mériteraient d’être mis en avant et portés par les libraires sont reclus et privés d’une exposition qui pourrait être bénéfique pour tous : lecteurs, librairies et éditeurs.

Au lieu de cela, des suites de classiques de médiocres qualités, carrément ridicules pour certaines (ne citons pas le nouveau XIII) prennent place sur les tables de nos librairies. Surproduction et superproduction mettent le couteau sous la gorge des libraires et ne donnent pas la possibilité d’une belle vie à des albums exigeants.

Autre fait marquant de cette année, la BD de reportage qui s’impose définitivement comme un genre à part entière avec des auteurs comme Golo, Étienne Davodeau, Guy Delisle et, en particulier, Joe Sacco qui atteint enfin la renommée qu’il mérite pour son travail de journaliste indépendant et de dessinateur exigeant.

S’inscrivant dans le vent de nostalgie et de « vintage » qui nous envahit, on peut au moins trouver le côté positif de pouvoir redécouvrir ou découvrir de grands classiques perdus de la BD d’hier : Terry et les Pirates de Milton Caniff, Raymond Macherot et sa Sybilline (en espérant pour bientôt une intégrale Chlorophylle), par exemple.

Au passage coup de chapeau à Dupuis pour la très bonne qualité de ses intégrales.

Au niveau des éditeurs, la refondation de l’Association est l’évènement de l’année, en espérant que ça tourne bien après tout le mic-mac de ces derniers temps. Après avoir été en pointe de l’édition indépendante, de découverte et de qualité, avoir donnée quelques-uns des plus grands auteurs et albums de ces deux dernières décennies, avoir tout simplement transformé la BD, on espère que les changements à la tête de la structure la feront retravailler positivement et nous amener plein de nouvelles découvertes.

RIP pour Tabary (que de craintes pour la reprise de Iznogoud…) et pour Francesco Solano Lopez, père d’une excellente saga, L’Eternaute.

Meilleurs vœux pour une bonne année BD à tous.

Damien Boone :

Ma participation à ActuaBD est jusqu’alors restée discrète... et devrait le rester encore quelques temps, pour cause de rédaction de thèse. Mes travaux de recherche sont d’ailleurs indirectement à l’origine de mon entrée dans l’équipe en cette année 2011, puisque je fus "recruté" suite à la polémique tirée du Petit Livre bleu, pour laquelle il m’a fallu ressortir mes travaux anciens.

Ainsi, mon investissement reste secondaire, un peu à mon corps défendant, mais arrive toujours à point pour se divertir. Quoique. J’avais au départ considéré le travail de rédaction de chroniques comme un pur divertissement, mais l’équipe d’ActuaBD m’a offert la possibilité de suivre des maisons d’édition dont le travail illustre les transformations du métier depuis plusieurs décennies déjà, à savoir la consécration progressive de la bande dessinée comme appartenant à part entière au champ de la culture "légitime" ; pas seulement par son graphisme, mais aussi grâce à un lectorat et des auteurs qui transposent à la bande dessinée des dispositions héritées du rapport aux œuvres socialement valorisées, avec notamment un intérêt marqué pour l’histoire et ses "grands" personnages, si bien que le travail de lecture s’accompagne aussi de recherches personnelles, de vérifications, de comparaisons... toujours enrichissantes.

Peu à peu, je me familiarise, mais reste encore admiratif d’autres membres de l’équipe toujours prompts à relier les œuvres au vécu de leur auteur et à aller chercher des références très éloignées de la bande dessinée humoristique franco-belge, qui avait jusqu’à peu le monopole de mon intérêt. Ainsi, pour 2012, à défaut d’être un auteur prolifique, je resterai un lecteur assidu des articles d’actuaBD !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Thomas Berthelon)

(par François Boudet)

(par Damien Boone)

(par Vincent GAUTHIER)

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