L’heure des comptes

31 janvier 2007 37 commentaires
  • Quelques jours après sa clôture, il paraît intéressant de faire le bilan organisationnel du 34° festival. Le changement le plus important de cette édition reste le déplacement du salon des éditeurs sur le site de Montauzier. En effet, des travaux importants au centre-ville rendaient caduques les implantations habituelles. Comment se positionne l’organisation face à la fréquentation du public et à l’avis des éditeurs ?

Si ce site de Montauzier offrait la place nécessaire pour les stands des éditeurs, il était surtout totalement excentré du centre-ville : à 25 minutes à pied du Champ de Mars, en dehors du plateau, d’où un problème de transport ajouté à celui du dénivelé. C’est d’ailleurs ce principal défaut qui avait été stigmatisé par la polémique juste avant le lancement du festival. Pour régler celui-ci, les organisateurs avaient mis en place deux circuits de bus gratuits pour les visiteurs, ainsi qu’une série de voitures-navettes pour les auteurs, éditeurs et autres V.I.P.

L'heure des comptes
Angoulême 2007 - L’espace éditeurs
Photo : D. Pasamonik

Des tarifs en hausse

Le second point noir du festival était son prix. La neige ayant dissuadé une partie des festivaliers de la 33° édition d’atteindre Angoulême l’année précédente, le bilan s’était conclu sur un sérieux déficit et bien des factures restaient à régler [1], d’où la nécessité d’augmenter les tarifs de la billetterie. Si la multitude des formules proposées, par son offre segmentée, correspondait à une vraie réflexion sur les attentes du public, l’organisation jouait néanmoins le quitte ou double avec cette politique, d’autant qu’elle s’imposait précisément dans une année où l’on pouvait s’attendre à un peu de confusion. Ce volontarisme crânement assumé s’est avéré payant à plus d’un titre.

Deux points noirs attendus : le transport et la restauration

En effet, sans avoir les chiffres à l’unité près, 200.000 visiteurs auraient arpenté les différentes expositions et salons du FIBD [2], soit le retour à l’affluence de 2005 après la glissade de 2006. Le site de Montauzier a donc rencontré les attentes du public, profitant avantageusement des 12.000 m² de stands proposés en un seul lieu rassemblant l’ensemble des éditeurs et des fanzines, ainsi que l’exposition des albums nominés. Sans remettre en cause la surface attribuée qui donna clairement une aération malgré l’affluence, pas mal d’éditeurs nous ont confié leur déception. Lors des éditions précédentes, les cafés, tavernes et autres commerces du centre-ville accueillaient les réunions, souvent informelles, entre éditeurs, auteurs, collègues étrangers et journalistes. A contrario, les abords du site de Montauzier sont ternes et peu propices à ces rencontres et discussions. Les navettes-VIP auraient pu prolonger cette tradition, si elles n’avaient pas été piratées par des visiteurs malins, lassés d’attendre des bus qui n’arrivaient pas à transporter l’intégralité du public pendant les heures d’affluence. De plus, ces navettes, bus et autres n’échappaient pas aux bouchons coutumiers de la ville charentaise. On a donc vu des Angoumoisins aller plus vite à pied que les festivaliers, bouclés dans des bus bondés. Une courte analyse des circuits aurait laissé ressortir que le passage de toutes les navettes par la gare était un inconvénient plutôt qu’un avantage. Il aurait mieux fallu prévoir une desserte spécifique au moment de l’arrivée des trains.

Angoulême 2007 : L’allée des Goodies
Photo : D. Pasamonik

Deux sites, deux publics ?

Mis à part le succès de l’exposition Kid Paddle (Trois heures d’attente au pic d’affluence), l’inauguration de la rue Goscinny qui a suscité la curiosité, et des spectacles du Théâtre, pourtant payants, les commerces angoumoisins n’étaient pas vraiment à la fête, les rues semblant jusqu’au week-end effectivement assez désertes par rapport aux précédentes éditions. A partir de samedi en revanche, le temps se montrant plus clément, voire ensoleillé, les festivaliers semblaient même s’attarder dans les rues piétonnes, comme s’ils ignoraient le site de Montauzier. Cette dichotomie due à une insuffisance de communication sera l’un des griefs que les usagers du Festival ne manqueront pas de pointer afin de faire modifier cette situation.

Angoulême 2007 : Les stands des bouquinistes.

Un bilan nettement positif, en dépit des critiques

Les organisateurs tireront sûrement les leçons de ce 34ème festival : une édition riche en controverses, mais dont le bilan positif renforce les changements opérés. Pas de doute, le salon des éditeurs s’établira durablement sur le site de Montauzier. Il y faudra mieux agencer les installations des stands : les files de dédicaces de Glénat-Casterman, et celles du Lombard-Fluide Glacial formant un véritable noeud isolant au centre du hall des gros éditeurs. Enfin, la circulation des personnes devra être plus intensément réfléchie : contrôle plus fréquent des passes, plus de bus dans la journée, et non pas seulement dans les heures d’affluence, des sections de route prioritaire pour améliorer la noria entre Montauzier et le centre de ville. Les Angoumoisins, ils nous l’ont dit, sont prêts à s’y plier pourvu que l’on sauve "leur" festival.

L’organisation, qui s’est dite prête à se remettre au travail dès ce lundi, est satisfaite du bilan 2007. Consciente que certains problémes restent à règler, elle a le triomphe modeste et souhaite entamer la préparation de la prochaine édition dans une ambiance plus détendue, tout en restant à l’écoute du public et des éditeurs.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photo en médaillon : © Nicolas Anspach

[1Cf. l’interview de Frank Bondoux dans La Charente Libre, le 29 janvier 2007.

[2La Charente Libre, 29 janvier 2007.

 
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37 Messages :
  • Angoulême 2007 : L’heure des comptes
    31 janvier 2007 08:32, par Maëster

    "tout en restant à l’écoute du public et des éditeurs".
    Bien.

    Un jour, peut-être, ils essaieront aussi d’être à l’écoute des auteurs, de les considérer autrement que comme de simples employés des éditeurs et de leur demander leur avis.

    Un jour, peut-être, il ne sera plus utile de le préciser parce que les auteurs seront associés pleinement à une manifestation qu’ils sont les premiers à faire vivre. (Et qu’on ne me réponde pas qu’on leur accorde déjà des prix et des expos...)

    Parce que lorsque l’on parle de files d’attente pour les dédicaces, je doute qu’il s’agisse des dédicaces des éditeurs.

    Ou alors, un jour, il y aura peut-être le Salon des Editeurs de Montauzier. Et le Festival des Auteurs. Ailleurs.

    Cordialement

    Maëster

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    • Répondu par yassine le 31 janvier 2007 à  09:25 :

      Salut Maëster

      C’est bien de râler !

      Mais va jusqu’au bout de tes convictions.
      Si c’est possible !
      Hélas Les auteurs de BD sont bien trop dociles pour broncher ou bien trop autistes pour s’investir vraiment.

      Triste constat, mais bien réel.

      Yassine
      (La purée)

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 31 janvier 2007 à  09:25 :

      Cher Maëster,

      Pouvez-vous résumer en quelques points les revendications des auteurs par rapport au festival ?

      Par ailleurs, pourquoi les auteurs qui disposent d’un organisme représentatif, l’Association des Auteurs dont vous avez été le président, ne communiquent-ils pas ? La période qui précède le festival est pourtant propice et nous n’avons jamais refusé de relayer un communiqué. Pourquoi les auteurs ne font-ils pas la même chose que les employés du CNBDI ?

      Vous avez l’air de nous reprocher d’oublier les auteurs. Rien ne s’oublie plus facilement que le silence.

      Bien cordialement,
      DP

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      • Répondu par j-ph peyraud le 31 janvier 2007 à  09:52 :

        bonjour
        il semblerait que vous n’ayez pas recu le communiqué de presse de l’adabd, pourtant distribué pendant le fibd.
        voici un lien vers le forum de l’association qui le reprend :

        http://www.mdabd.com/viewtopic.php?t=1802&postdays=0&postorder=asc&start=75

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 31 janvier 2007 à  10:29 :

          Effectivement, aucun journaliste d’ActuaBD (nous sommes 33, quand même, dont un certain nombre de permanents)n’a reçu ce communiqué qui n’a été adressé que jeudi dernier,c’est à dire en plein festival (et donc très très très tard, trop tard) si j’en crois mes échanges avec nos confrères de BDZoom. Mauvaise communication. Il ne tient qu’à vous de rectifier. Nous voulons bien faire l’interview d’un de vos représentants pour nous faire part de vos griefs vis à vis du festival. Par ailleurs, si le rendez-vous ne s’est pas fait, ainsi que vous le dites, il va falloir que le festival s’en explique. Nos colonnes leur sont ouvertes.

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          • Répondu par Benoît Mouchart le 31 janvier 2007 à  16:29 :

            Bonjour,

            Voici une lettre que nous avons adressée à tous les auteurs invités, rédigée en début de semaine dernière. Il semble que certaines attachées de presse à qui nous avions confié ce courrier ne l’ait pas transmis et nous le regrettons. Je rappelle que Franck Bondoux, Délégué général du Festival, a par ailleurs redit pendant la Cérémonie de remise des prix que le festival était "au service de tous les professionnels, auteurs et éditeurs". Par ailleurs, j’ai rencontré Christian Mattiucci quelques mois avant le Festival, et nous avons convenu d’organiser une réunion dans les prochaines semaines : pas de procès d’intention, donc, merci... (Nous avons eu notre compte dans ce registre, avant même que le Festival n’ait ouvert ses portes. Nous réclamons maintenant, dans l’intérêt de tous, que nous puissions travailler dans la sérénité, et que si des critiques doivent être émises, elles doivent absolument rester dans un domaine constructif et non plus destructeur, comme cela a souvent été le cas, dans certaines colonnes de journaux dits "spécialisés".)

            Très cordialement,

            Benoît Mouchart


            Chère amie auteure, cher ami auteur,

            Nous sommes très heureux de vous accueillir cette année à Angoulême : c’est votre présence qui assure à notre événement toute sa légitimité auprès du public, dont font partie vos lecteurs. C’est notamment grâce à vous que le rendez-vous du Festival, proposé chaque année à Angoulême, a pu au fil du temps consolider la reconnaissance artistique, médiatique et institutionnelle, unique au monde, dont jouit la bande dessinée en France et de plus en plus, en Europe.

            Le Festival d’Angoulême est naturellement au service de tous les professionnels de ce champ de l’édition : nous œuvrons chaque année pour que la bande dessinée soit considérée avec le même respect que tous les autres arts vivants. A ce titre, les expositions et les événements que nous produisons (rencontres, débats et spectacles) n’ont d’autre but que de témoigner de la formidable diversité culturelle de la bande dessinée des années 2000 en France, mais aussi sur tous les continents, au plus près de toutes les problématiques de notre temps.

            Plus que jamais l’équipe du Festival s’est donnée comme objectif d’être à vos côtés et à votre écoute en privilégiant les échanges d’idées pour que le Festival d’Angoulême continue d’incarner, dans l’intérêt de tous, le rassemblement de toutes les bandes dessinées.

            (...)

            Dans l’attente du plaisir de vous rencontrer pendant les quatre jours de cette manifestation qui est d’abord la vôtre, nous vous souhaitons un excellent Festival !

            Très cordialement,

            Franck Bondoux, Delégué général Benoît Mouchart, Délégué artistique
            Philippe Mottet, Maire d’Angoulême

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            • Répondu par john le 1er février 2007 à  11:03 :

              Bonjour , je me permet en tant que lecteur récent de bd européeenne ,car étant anglophone .
              Je permet donc de poser une quetions est ce que comme aux etats unis les auteurs sont payés dans le conventions ou festivals.Peut _etre ne sont il pas assez payés pour leur dédicaces n’est il pas.

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              • Répondu le 1er février 2007 à  15:30 :

                Bien vu John !
                Effectivement les auteurs devraient être rémunéré pour leurs dédicaces.
                Evidence réfutée par tous : éditeurs, organisateurs, et même les auteurs eux même, qui s’en foutent.

                Ca fait des années que je constate ce phénomène.
                On abordé ce sujet sous le ton satyrique dans la purée il y a fort longtemps.
                mais pour moi c’est un vrai problème.

                La dédicace fait parti de ce métier.
                Tout le monde en profite sauf les auteurs.

                Après qui doit payer ?
                Les clients, les éditeurs, le festival ???
                Je vous laisse y réfléchir.

                Une fois j’ai été payé pour faire des dédicaces dans un salon jeunesse.
                500 fr à l’époque pour 4 heures de boulot.
                C’était appréciable.
                Et j’ai trouvé ca normal.

                A mon avis, les auteurs doivent faire une charte avec des tarifs horaires qui servent de base.
                Je dis pas qu’il faut systématiser la dédicace payante.
                Il y a toujours des cas ou on bosse gratuit.
                Mais bosser gratuit dans un cadre comme angoulême qui est le plus grand safari-dédicace de l’année, c’est indécent.

                Yassine
                (La purée)

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              • Répondu par Nathalie Ferlut le 1er février 2007 à  15:46 :

                Non, justement, les auteurs de Bande Dessinée ne sont pas payés pour leur week end de déplacement, ni pour leur dédicaces etc... Lorsqu’ils sont rétribués, c’est s’ils participent à des séances d’animation, avec un groupe (scolaire par exemple).

                Très rares sont les auteurs dont la "prestation" est payée. Ce qui semble peut-être étrange à première vue, mais en fait, ne l’est pas tant que cela. D’abord, si les festivals devaient payer tous les auteurs qu’ils invitent, certains, peut-être, établiraient rapidement des choix et n’inviteraient plus que ceux dont les noms sont vraiment porteurs. Exit les coups de coeur...
                Et puis, la dédicace qui est censé être un moment de rencontre entre un auteur et un lecteur ne doit pas devenir une "prestation", ne croyez vous pas ?

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                • Répondu le 1er février 2007 à  20:11 :

                  Payer les auteurs pour leur dédicace ?, pourquoi pas ?,

                  Mais dans ce cas, vous avez raison, seul les auteurs "bancables" auront droit à leur sesame, et à leur chambre au Mercure.
                  Quant aux autres....
                  Comment faire decouvrir les nouveaux auteurs, leur faire rencontrer leur public, leur nouveau public,
                  Comment declencher ce petit declic, qui fait qu on est lu ?.
                  Quitte a payer pour faire signer, ne vaudrait-il pas mieux prendre des interimaires sur place ?, apres tout, je suis sur qu’ils prendraient plus de plaisir a rencontrer leur lecteur, que celui qui apposerait sa griffe, moyennant contribution, sans oser le regarder en face.
                  Ne pourrait-on pas remunerer aussi les lecteurs, qui attendent parfois de longues heures, servant ainsi un ego bien merité a l’auteur.
                  Et pourquoi ne pas payer aussi des faux lecteurs, a des faux auteurs en mal de file d’attente ?...
                  Allons, je pense qu’il y a plus sympa a copier sur les states que cette commercialisation de la passion.

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                • Répondu le 1er février 2007 à  22:49 :

                  Si les dédicaces deviennent une prestation payée, il faudra définir un tas de critères en amont. Couleur ? N&B ? Feutre ? Plume ? Pinceau ? Crayon ? Pleine page ? Un ou plusieurs personnages ? De plein pied ? En buste ? Juste un mot et une signature ? Combien de dessins en une heure, et la pause réglementaire de 10 minutes toutes les heures ? Obligation d’être aimable avec les lecteurs ? Même avec les têtes à claques ? Obligation de résultat ? En cas de dessin raté on jette l’album et on recommence ? Et les droits d’auteurs à la revente sur E-Bay, on les calcule comment ?
                  Ou alors comme les américains, le lecteur achète sa dédicace (sympa le rapport).
                  Faudra penser à bétonner les contrats pour les cas de litige.

                  LC

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                  • Répondu le 2 février 2007 à  11:47 :

                    1- La rencontre : Idée fause

                    Croire qu’une dédicace est une rencontre.
                    C’est comme croire que quand on a un autographe de Patrick sébastien on l’a rencontré.

                    L’auteur gagne a rencontrer son public, certes , mais dans des conditions désintéressées là oui : débats, conférences, vernissages.

                    2 - Les festivals

                    Le boulot des festivals c’est d’organiser de vraies rencontres entre le public et les auteurs.

                    La plupart sont parreseux, il n’ont aucune idée. Ils se contentent de mettrent des planches sur des tréteaux et font venir des libraires et des auteurs pour dédicacer. Ce genre de festivals on s’en passera bien.

                    3 - Des sous !!

                    La dédicace doit devenir une prestation. c’est évident.
                    Pour moi une dédicace, je vois un mec qui BOSSE gratos.

                    Dessiner c’est pas quelquechose d’anodin et façile.
                    C’est aussi des années de boulot avant.

                    La dédicace c’est un peu comme cadeau systématique a des gens qu’on connaît même pas ?

                    Quand un groupe de musique vient jouer on le paye, et tout le monde trouve ça normal.
                    Quand un dessinateur vient dessiner on le paye pas et tout le monde trouve ça normal.
                    Chercher l’erreur.

                    Rendre la dédicace payante fera beaucoup pour le statut d’auteur et sa valorisation.

                    Yassine
                    (La purée)

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                    • Répondu par angus le 2 février 2007 à  13:38 :

                      Pourquoi toujours comparer des univers complètement différents et hétéroclites ?
                      Quand on parle de concerts, on parle d’une représentation scénique de 1h30 ou 2h00, avec des moyens techniques très coûteux et destinée à des milliers de personnes. De plus, ce milieu est touché par le phénomène de piratage sur internet, ce qui est très loin d’être le cas concernant des oeuvres littéraires. On pourrait, à la limite, faire une comparaison entre dédicaces de BD et dédicaces de CD...

                      D’autre part, qui va payer les dédicaces ?

                      Première option : les éditeurs. Qui vont presques assurément répercuter le côut sur le prix des albums qui ne cesse d’augmenter depuis des années.

                      Deuxième option : les organisateurs de festival. Dans ce cas, fini les petits festivals de province qui même si, je le concède, sont loin d’être des modèles d’organisation, permettent au moins la rencontre entre auteurs et lecteurs occasionnels.

                      Troisième option : les lecteurs. Le phénomène de spéculation est déjà très important. Il suffit de voir depuis le début de semaine le nombre d’albums dédicacés à Angoulême en vente sur e-bay. Les dédicaces deviendront plus rares, donc négociées à un prix encore plus haut, la proportion de spéculateurs par rapport au lecteur lambda encore plus importante.

                      Je comprend très bien le fait (très particulier à la BD) que la dédicace, oeuvre artistique à part entière, fasse partie intégrante du travail d’un auteur et qu’il se trouve lésé dans le fait de ne pas être rémunéré. Néanmoins, quoique puissent en dire certains, elle reste l’occasion d’un contact entre le dessinateur et le lecteur, qu’un forum ou autre conférence rendrait beaucoup trop impersonnelle.

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                    • Répondu le 2 février 2007 à  14:06 :

                      "La dédicace c’est un peu comme cadeau systématique a des gens qu’on connaît même pas ?"

                      ...Enfin, quand même, vous les connaissez peut etre pas, mais ce serait oublier que dans leur ensemble ils vous font vivre. non ?
                      Bien sur que c est du travail, mais ca fait quand même parti d’une sorte d’auto promotion, qui directement et indirectement permet à l’auteur de vendre des albums et ainsi d’être remunéré ?.
                      Rappelons nous que la charge est partagé aussi entre l’editeur qui prend a sa charge le deplacement et la logistique, et l’auteur qui donne son temps,... mais tout cela dans le meme interet de se faire connaitre et commercial bien sur.
                      Je crois que l’auteur du message au dessus a raison, si c’etait le cas, seul les auteurs qui rapportent et qui ont une vraie plus value ( et je crains que ce ne soit malheureusement pas la majorité), seul cela seront convier à être payés.. les autres resteront chez eux, et ce serait bien dommage, car le succes n’est pas forcement signe de qualité ou de talent.
                      Yann.

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                      • Répondu par A.Thonneau le 2 février 2007 à  15:53 :

                        il me semble que dans les contrats d’édition, l’editeur s’engage à assurer la promotion.
                        si cet engagement consiste à envoyer les auteurs dédicacer (ca coute moins cher qu’une campagne d’affichage, c’est sur !), c’est à l’éditeur de payer. après tout, le temps passé en dédicace n’est pas consacré à la réalisation des albums.

                        les comédiens qui font la promo de leurs films le font contractuellement.
                        manifestement, les auteurs de bd se font enflés.

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                        • Répondu par cerise le 3 février 2007 à  14:15 :

                          Il n’y a rien de choquant à ce que les auteurs soient payés de leur travail...
                          mais que se passera-t-il lorsqu’un festival
                          décidera de faire sponsoriser ses séances de dédicaces par Chocapic ou Justin Bridou avec de belles banderoles plastifiées au dessus de chaque
                          espace de "rencontre avec le public".

                          Que les auteurs de BD soient mal payés est une évidence
                          mais avant de penser à se faire payer de sa présence sur un salon, pensez à négicier différemment vos contrats avec les éditeurs.
                          Si l’éditeur s’engage sur une grosse com ( telle que affiches dans toutes les librairies, genre "le nouveau SBAR l’auteur du chat de Barbarin" )
                          il me semble que l’auteur peut accepter quelques heures de travail gratis.
                          Par contre si l’auteur doit assurer seul la promo de son bouquin,
                          l’éditeur pourrait consentir des droits d’auteurs plus tôt.
                          Ou payer +5% d’avance sur droits.
                          Bref, trouvez des accords valables pour tous,
                          négiciables à partir de la 3ème année d’activité... par exemple.
                          (Je parle des éditeurs qui ont les moyens de payer leurs auteurs)

                          Ce qu’il manque à cette profession, ce sont des agents mais il faut s’attendre à ce qu’ils changent le paysage ... la planète bd risque vite
                          de manquer d’air !

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                      • Répondu par ChistianG le 2 février 2007 à  18:32 :

                        Je pense que si les dédicaces deviennent payantes, la plupart des festivals peuvent fermer leurs portes. Il ne restera que quelques expos à Paris et QQ grandes villes sur les plus grands : Hergé, Jacobs, Moëbius ...

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                        • Répondu par Yassine (la purée) le 3 février 2007 à  17:40 :

                          On est pas au pays de Walt Disney ou tout le monde est nignon et gentil.

                          Je trouve ça hallucinant que des gens trouve ca normal qu’un auteur s’assied derrière une table pour faire des dessins a des gens qu’il connaît pas et tout ça gratuitement. Au nom de quoi ??

                          Qu’est ce qui justifie ça, l’envie des lecteurs d’avoir un original ??

                          Si il veulent des dessins originaux il ont qu a’ en acheter.
                          Certaines galeries en vendent ; il se rendront compte du prix que ca vaut.

                          Quand a l’aspect promotion. Faites moi rire.
                          Je touve que la dédicace est un moyen bien dérisoire pour faire de la promo.

                          Si la dédicace devient payante, et que les festival ne sont pas capable de gérer ça ou de proposer autre chose qu’il crèvent.

                          Je vais reprendre mon exemple mais il y a de ca 5 ou 6 ans j’ai fait un festival tout petit en banlieue parisienne organisé par des bibliothéquaires. Il y avait des rencontres, débats, animations, etc. Et bien sur des dédicaces, j’étais là pour ça.
                          Et j’ai été rémunéré. C’était des gens bien organisés qui trouvaient ça normal de nous payer pour un boulot, aussi agréable soit-il. J’ai bossé avec plaisir à mon rythme et vous savez quoi tout le monde était ravi. Moi, les gens qui ont eu des dédicaces et les organisateurs.

                          Mais la plupart des gens organisent les choses avec leur pied. Et sont incapables des prévoir ça dans un budget.

                          De toutes facon ca sera aux auteurs de décider si les dédicaces sont payantes ou pas.

                          Je conseille à n’importe lequel d’entre eux de refuser de dédicacer gratos, sauf exception.

                          Aux éditeurs de faire leur boulot et de trouver des moyens de promos efficaces.

                          Personnellement je fais souvent des dessins gratuitement pour des projets qui me tiennent a coeur (expo, fanzine, etc) ou pour des amis. Mais La bd n’est pas un sacerdoce, c’est aussi un métier. Et la dédicace fait désormais parti du système.

                          Quand au histoire de contrat comme j’ai lu plus haut . C’est un peu hors sujet selon moi. Mais je suis d’accord il faut là aussi être vigilant et négocier pour obtenir les meilleures conditions de travail et de promotion de son oeuvre.

                          Et je répéte qu’il y a de multiple occasions de rencontrer un auteur. Forum, débat, table ronde, visite d’expo, vernissage, atelier, masterclass. Aux salons de touver des idées dans lequelles ils impliquent les auteurs. Avec leur complicité on peut faire de bonnes choses pour le public et pour les auteurs qui soit de l’ordre de l’échange.

                          Yassine
                          (La purée)

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                          • Répondu par willy erneis le 4 février 2007 à  09:30 :

                            Aux usa il y a de vrai syndicats pas en europe.
                            Aux usa les 3/4 des personnages appartiennes aux éditeurs, en Europe (France), l’éditeur (le libraire, le festival etc. ...) est conscient qu’il s’agit pour l’auteur de défendre son " bébé "
                            Et Bien sur tout ça est à double tranchant.
                            Voila a mon avis la base du problème.

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                          • Répondu par cerise le 4 février 2007 à  11:59 :

                            Cher yassine,

                            ce que tu trouves hallucinant c’est de travailler gratos pour le festival d’Angoulême, OK ! On peut comprendre !

                            Que tu ais envie d’en découdre avec l’équipe des organisateurs qui bosse avec ses pieds, ça s’entend...

                            mais personne n’oblige personne dans ce systême, tu es libre de refuser de participer à cette vaste escroquerie et rester bosser chez toi, où es le problème ?

                            Lorsque nous en serons arrivé au système américain où les conventions seront payées mais pas les pages de BD, tu pourras revenir faire des dédicaces.

                            Choisis les festivals qui payent et expliquent aux autres que tu es un pro qui vit exclusivement de son art.

                            Jessica Abel expliquait à Angoulême l’autre jour que son travail de prof la retardait beaucoup pour avancer sur ses albums mais qu’elle y trouvait plus de plaisir que tous les petits boulots qu’elle avait du faire jusque là pour vivre.

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                            • Répondu par François Peneaud le 4 février 2007 à  13:32 :

                              Où avez-vous vu que les planches de BD n’étaient pas payées aux USA ?

                              Certains petits éditeurs américains ne paient quasiment rien, c’est sûr, mais c’est aussi le cas chez nous. Tous les autres éditeurs paient à la planche, avec évidemment de grosses différences de tarif suivant les cas.

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                              • Répondu le 4 février 2007 à  14:49 :

                                Autant pour moi !
                                merci d’éclairer ma lanterne plus précisemment...
                                quel est le prix moyen d’une page couleur en france et aux USA
                                pour un éditeur disons comme Delcourt et son équivalent américain.
                                Y a t-il un SMIC du dessinateur de BD et si oui quel est ce minima ?
                                Je crois que c’est interessant pour un lecteur de réaliser combien peut gagner un dessinateur avec son travail, un scénariste, ou un auteur complet.

                                donnez nous des chiffres pour que nous puissions comprendre les difficultés de ce statut d’auteur de BD.

                                merci

                                Répondre à ce message

                                • Répondu par François Peneaud le 4 février 2007 à  16:22 :

                                  Je ne crois pas que les comparaisons soient valables. Les gros éditeurs américains classiques (Marvel et DC, pour faire simple) publient surtout du mensuel, d’une vingtaine de pages par mois. La plupart des dessinateurs ne font pas leur encrage (ni leurs couleurs, ni leur lettrage), dans ce système. C’est donc bien éloigné du modèle de base français.

                                  Evidemment, aux USA aussi les choses changent, et un certain nombre de dessinateurs ne sont plus obligés de faire leur vingtaine de pages par mois - ça dépend du genre de comics sur lequel ils travaillent.

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                            • Répondu par Yassine (La purée) le 5 février 2007 à  12:08 :

                              Et non je ne veux pas en découdre avec le festival.
                              Pour moi il font ce qu’il veulent. Je suis pour qu’il subissent le moins de pression et qu’il fassent des choix francs et qu’ils les assument.

                              Mais nul n’est à l’abri de la critique.

                              En plus J’ai plutôt l’impression que ça s’améliore un peu
                              Mais le festival a pour l’instant toujours un métro de retard et reste assez conservateur.

                              Simple constat.

                              Quand a l’amélioration du festival, ce n’est pas de mon resort .
                              Je veux bien faire le consultant.
                              Mais je doute qu’il me demande. Hé hé

                              Yassine
                              (La purée)

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                              • Répondu le 10 février 2007 à  16:41 :

                                Cher Yassine,
                                vous etes deconcertant de demagogie, de coleres refoulées ou de je ne sais quel trouble.
                                Employer l’expression "qu ils crevent" en parlant des organisateurs est une honte.
                                Mefiez vous, avec cet esprit, il n y a plus que ce site qui vous editera gratuitement.
                                Sylvain Tausias ( je suis un simple lecteur, passionné)

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                                • Répondu par ACTUABD le 10 février 2007 à  17:44 :

                                  Cher Monsieur,

                                  Vous avez mal lu : Yassine ne parle pas des organisateurs, mais des festivals en termes généraux. Ce n’est pas en rajoutant dans l’insulte que le débat se fera serein. Le prochain post de ce genre sera censuré, d’où qu’il vienne...

                                  Répondre à ce message

                                  • Répondu le 10 février 2007 à  17:53 :

                                    Cher Monsieur,
                                    je vous remercie de votre reponse et je prend en compte votre rappel a l’ordre. Neanmoins, ne faisant pas de difference entres le Festival et les organisateurs de Festival, je trouvais l’attaque de yassine bien basse et non justifié au regard du travail benevol pour la plupart que font certains. Ne voyez aucune insulte dans la reponse que je me suis permis de faire, car il n y en avait pas, et sans rajouter à la polémique, le "Qu ils crevent" me semblait bien plus outrancieux que ma reponse. Peut etre connaissez vous personnellement ce Monsieur Yassine, pour lire dans ces propos un entre-ligne que je ne maitrise pas. Sylvain

                                    Répondre à ce message

                          • Répondu par ogaki le 4 février 2007 à  12:57 :

                            Personne n’oblige un auteur à faire des dédicaces, je le sais, j’en suis un, j’accepte quand j’ai envie d’échanger un petit moment en tête à tête avec des lecteurs, qu’ils me donnent leur impression sur l’album et ne le cachons pas de flatter un peu mon ego. Mais si j’ai des planches à finir, je ne vais pas les sacrifier pour ça. Il faut garder le sens des priorités.
                            Soyons quand même un peu réfléchi, notre métier est de faire des planches de bd, quand on dédicace, on fait un petit dessin sur une page en moins de 10 minutes et souvent c’est pas le dessin du siècle, il n’y a pas lieu de sacraliser un tel dessin. Surtout que normalement, on en fait à la pelle des dessins, c’est notre passion quand même...
                            Il faut arrêter de toujours râler, si un auteur ne veux pas faire de dédicaces, qu’il n’en fasse pas, personne, même pas l’éditeur ne peut le forcer. Par ailleurs, si en plus l’auteur veut être rémunéré pour son moindre gribouillage, comme les répercussion sur les ventes sont minimes, il y a vraiment pas de raison de le faire .
                            Voilà j’en appelle donc au libre choix de l’auteur de participer ou non à des séances de dédicaces.

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                            • Répondu le 5 février 2007 à  12:31 :

                              j’ai déjà eu des libraires qui payaient l’auteur pour venir dédicacer. il vend un peu plus cher l’album, les gens ne râlent pas , ils achètent.
                              moi, j’étais content, j’avais fait une trentaine d’albums, je repartais avec une centaine d’euros dans ma poche pour l’après-midi . pourquoi pas ne pas faire la même chose lors des festivals ?
                              d’accord, les budgets seront plus élevés, mais bon on a rien sans rien, et l’auteur sera libre de venir dédicacer ou pas.

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                              • Répondu par Laurent le 5 février 2007 à  16:09 :

                                Et si les auteurs décidaient, tout simplement !

                                Personne ne les oblige à venir dédicacer, non ?

                                S’ils veulent être payé pour cela, qu’ils le demandent ! Et si on leur dit non, ils ne viennent pas !

                                Les auteurs sont "invités" par les festivals. Auncune obligation. Ils n’ont qu’à dire non. Simplement.

                                Laurent.

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                                • Répondu par jy le 6 février 2007 à  21:29 :

                                  effectivement l’important est de laisser le choix et de ne pas légiferer sur le sujet . Perso ce que je trouve hallucinant c’est que des gens ne trouvent pas normal que des dessinateurs fassent une dédicace gratuite ! Comme pour tout sujet , le danger est de généraliser : bien sur que dans certains cas la dédicace est une rencontre , j’en ai faite de tres sympa avec walthery , bourgne et qq autres , avec qui j’ai pu discuté le temps d’un dessin qu’ils réalisaient avec soin , donc on eut le temps de " papoter" . Dans le cas d’un gotlib ds une grande surface , ce ne fut pas possible , 1 heure de queue pour un petit gribouilli ( rigolo malgré tout !) . et alors ? tous ces auteurs ont dit " stop" qd ils en ont eu assez , tj ds la bonne humeur et pas du tout dégouté de faire ça gratos !

                                  certains ont leur vision particuliere des choses , restrictive je trouve . Je comprend ce que veulent dire certains " anciens " dessinateurs quand ils disent qu’a leur epoque ( et bien sur les choses sont differentes aujourd’hui ), ils ne se prennaient pas au sérieux....

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                                  • Répondu par Manu temj le 7 février 2007 à  13:44 :

                                    A l’époque les auteurs ne se prenaient pas au sérieux parce que leurs lecteurs ne se prenaient pas plus au sérieux...

                                    Il y a une dizaine d’années, jeune bédéphile, je fréquentais autant que possible les séances de dédicaces... Je me suis très vite rendu compte que déjà la "rencontre" avec les auteurs était une illusion dans 90% des cas (trop de monde, ou simplement pas grand chose d’autre à leur dire que des banalités de fan auxquels ils répondaient gentiment par des réponses 1000 fois données à d’autres... L’auteur me parle à moi lecteur au travers de son travail, son oeuvre, la rencontre dans les conditions "dédicace" n’apporte rien de plus...)
                                    Déjà à cette époque un auteur ne pouvait plus aussi simplement que ça arrêter ou faire une pause, il y avait toujours un quidam pour râler d’avoir trop attendu ou que le dessin était bâclé, ou le même que la dernière fois... Bref, la courtoisie élémentaire commençait déjà à être bien éfritée...
                                    J’ai arrêté de faire la queue pour satisfaire mon ego possessif, j’ai préféré passer du temps à lire les livres de ces auteurs (et satisfaire mon ego en me donnant l’illusion de devenir un vrai "connaisseur"...).

                                    Et aujourd’hui ? Aujourd’hui il y a toute une frange de spécialistes de la dédicace, professionnels de la file d’attente et du billet SNCF, exigeants en diable sur la qualité du dessin et de la couleur, il y a des files de sacs de sports et de cartables divers, il y a E-Bay et sa spéculation détestable...

                                    Bref beaucoup de lecteurs de bandes dessinées se prennent très au sérieux, et les "dédicaceux" par moins que les autres, alors pourquoi dénier aux auteurs le droit élémentaire de réagir simplement en conséquence ?...

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  • Angoulême 2007 : L’heure des comptes
    31 janvier 2007 14:49, par angus

    De retour d’Angoulême, mes impressions sont des plus mitigées. On ne peut pas foncièrement remettre en cause le système des navettes qui a démontré son efficacité durant le festival. Le problème est ailleurs et pour cause… Mes craintes exposées lors d’un précédent sujet se sont révélées pour ma part totalement fondées. L’”expropriation” du festival sur un lieu totalement excentré et privé de vie a été, sinon une obligation, en finalité une véritable catastrophe. On ne peut pas nier que les quelques 10 000 m² du salon des éditeurs situé à Montauzier représentait en terme de densité ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Néanmoins, Angoulême a une âme, une vie hors de cette “usine à BD”. Le champ de Mars ou l’hôtel de ville même s’ils sont plus difficiles d’accès avaient cette capacité à fusionner le média avec la ville et plus généralement avec le citoyen.
    Or, on a eu droit cette année à un immense espace posé au milieu de nulle part et complètement déconnecté du centre-ville. On en vient ainsi à se demander le véritable intérêt de perpétuer cette manifestation à Angoulême tant le “contenant” parait aussi important et primordial que le “contenu”.
    Sans parler de nostalgie, je m’étais attaché aux bulles du champ de Mars et à cette rue Hergé que j’ai maintes et maintes fois parcourue pour remonter à l’hôtel de ville.
    Aujourd’hui, ces quelques pas sont remplacés par des bus……
    A chacun son opinion.

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  • Angoulême 2007 : L’heure des comptes
    2 février 2007 15:07, par Chris

    En tant que visiteur, bilan mitigé. Peu ou pas de grandes expos, les éditeurs à perpette, beaucoup de temps perdu dans les transports ou à faire la queue pour un tarif de 15€ plus le billet de train. Un peu déçue ? J’ai souvenir de très belles expositions avec planches originales et museographie inovante ce qui n’est pas le cas cette année. Pour la foire aux livres cela ne m’intéresse pas. Faire l’inauguration à 11h le vendredi au détriment du public à empécher beaucoup de scolaires de voir Kid Paddle ! le côté festif en centre ville étaient inexistant et se n’est pas forcément le nombre de visiteurs qui fait la qualité sauf pour des objectifs marchands !
    Je ne pense pas renouveller sitôt mon retour au festival ou alors le prochain programme devra être drolement attrayant.

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  • Angoulême 2007 : L’heure des comptes
    3 février 2007 16:28, par DéGé

    Cela faisait une bonne dizaine d’année que j’allais à Angoulême mais cette année j’y ai renoncé.
    Pourquoi ?
    En "vieux briscard", je prépare (avec quelques amis) mon voyage dès septembre/octobre. Or en en octobre 2006 il n’y avait guère d’information fiable de disponible, pas plus sur le site internet que chez mon libraire.
    Néanmoins l’idée de délocalisation était déjà dans l’air et semblait devoir couper court à toute véléité de déplacement.
    Quand on connu les décors réalisés dans la ville pour F.Boucq, quand on a vécu les différentes expositions de Schuiten (ah ! la grande bibilothèque) ou de Moebius on voit à quelle dégradation nous sommes arrivés maintenant.
    Angoulême se veut être un festival (ce mot contient sauf erreur la notion de fête).
    Une fête est un phénomène complexe qui n’est réussie que si tous les acteurs ont travaillés ensemble vers un même but.
    Ces acteurs sont dans l’ordre :
    Le lecteur
    Les auteurs
    Le libraire (et oui lui aussi bosse dans la BD)
    l’éditeur
    L’organisateur.
    Je développe : le lecteur achète, lit, critique, découvre. Sans lecteur le restant de la chaîne ne peut exister car la source de revenu elle est là et pas ailleurs.
    Les auteurs, c’est eux qui nous font rêver, qui nous distraient, qui nous interpellent. Quelle fonction ingrate que de se casser le dos dans un festival en étant souvent mal assis dans l’exercice de la dédicace.
    Le libraire, le vrai, c’est l’aiguilleur.
    Il doit reconnaître parmi les milliers d’ouvrages les quelques perles qui font que ses clients seront aussi...des lecteurs et non des moutons. Il connait le public et peut relayer les attentes de ces même clients (qui a pensé à consulter les libraires ?).
    L’éditeur, il doit prendre des risques. C’est le grand argentier du livre qui investi dans la matière grise, mais aussi dans l’outil de communication (le livre, sa distribution, sa promotion...à lui). C’est aussi souvent (mais pas toujours) le plus grand profiteur qui veut récupérer son investissement avec force marge instantanément (qui trop embrasse...).
    L’organisateur, il doit satisfaire à TOUS les acteurs pré-cités et trouver les finances qui conduiront à la réalisation avec pour contrainte là aussi, un retour sur investissement demandé par ses "partenaires" financiers.
    Cette année, en tant que lecteur et collectionneur aussi (adieu Marengo) j’ai eu l’impression qu’on m’avait oublié, moi qui économise toute l’année pour dépenser beaucoup pour me transporter, me loger, me nourrir, moi qui vient passer trois jours pour vivre au coeur de la BD (les restaus, les rencontres impromptues ou programmées, les BELLES expos, les commerçants généralement affables et souvent relayeurs de la fête, les dédicaces aussi).
    J’ai découvert que le second acteur (je ne suis pas nombriliste) a lui aussi été "oublié", je ne parlerais même pas du libraire.
    Les éditeurs ont voulu faire leur salon, il l’ont fait.
    L’année passée, on nous avait promis, documents à l’appui que le centre ville retrouverait son festival. Voeux pieux ou mensonge éhonté, mais nombres de petits exposants ont renoncé au déplacement de peur d’y user le peu de tissus qui reste de pantalons malmenés l’année dernère.
    Les amis avec qui je festoie chaque année à Angoulême ont décidé de faire relâche eux aussi ou au mieux de faire l’aller retour en une journée.
    Les echos de ces proches qui se sont déplacés sont tous les même. Le centre ville était sans âme, avec des transports "blindés" que certains ont regrettés de prendre, la marche à pied s’avérant parfois plus efficace (mais très fatigante) dans des rues encombrées.
    Alors, ferais-je un report de budget sur un an ou irais-je voir ailleurs certains festivals dont la réputation commence à surpasser Angoulême.
    L’heure des comptes à sonnée, peut être, mais pour nous amateurs de longue date cette année le compte n’y était pas prévu pour nous, alors nous ne sommes pas venus.

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  • """Je trouve ça hallucinant que des gens trouve ca normal qu’un auteur s’assied derrière une table pour faire des dessins a des gens qu’il connaît pas et tout ça gratuitement. Au nom de quoi ??"""

    Euh... pour faire plaisir...

    Je sais bien qu’en ces temps incertains il est de bon ton de tout monayer, mais bon, nous ne sommes pas des travailleurs comme les autres, on peut encore faire des choses juste pour faire plaisir, c’est notre différence.

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  • Dédicaces payantes...
    7 février 2007 07:50, par Rototo

    Pour ma part, la rencontre avec un auteur prime avant tout... Lorsque j’ai l’occasion de rencontrer un artiste, il m’arrive de demander un petit truc dans un carnet, juste pour "immortaliser" l’instant... Je me fiche que ce soit une oeuvre d’art, j’ai juste envie de pouvoir me remémorer des instants privilégiés en feuilletant le carnet... Cette année à Angoulême, j’ai rencontré par hasard Zébé (Nébulo chez Carabas), j’avais complètement flashé sur son album, là je me suis retrouvé comme un fan hystérique devant son idole... J’avais déjà l’album à la maison, mais je l’ai acheté de nouveau pour que Zébé me le dédicace... Là encore, c’était pour marquer l’instant, bon, il s’est fendu d’un truc de la mort qui tue, mais il m’aurait dessiné un des ses tic-tac sur pattes, j’aurais été tout aussi heureux d’avoir simplement pu lui dire tout le bien que je pensais de son travail !
    Bref, la dédicace payante ne me parait pas être un bon plan, il faudrait juste que la dédicace redevienne quelque chose de plus "simple" (quand un écrivain dédicace un roman, il n’écrit pas une page de littérature que je sache)...

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